
par Mark Chesnut
Dernière mise à jour: 8:45 AM ET, Mon August 10, 2026
Pour les voyageurs LGBTQ2+ qui se rendent dans certaines régions du monde, planifier des vacances, ce n'est pas seulement trouver de beaux paysages et des activités intéressantes. C'est aussi une question de sécurité et de confort. Environ un tiers des pays du monde criminalisent les personnes LGBTQ2+, selon le Human Dignity Trust, et d'autres, sans aller jusque-là, n'offrent pas nécessairement une ambiance ouvertement accueillante aux voyageurs de la diversité.
Cela ne veut pas dire pour autant qu'il faille éviter ces destinations, selon plusieurs spécialistes du voyage LGBTQ2+.
« Si on disait aux voyageurs LGBTQ2+ d'éviter toute destination qui n'est pas pleinement accueillante, sur le plan légal comme culturel, ils n'auraient nulle part où aller, parce qu'une utopie queer n'existe pas, affirme la cheffe de la direction d'EveryQueer, une entreprise de contenu, de circuits et d'événements pour voyageurs LGBTQ2+, Meg Ten Eyck. On les priverait de certaines des expériences les plus magnifiques et les plus mémorables de la planète : les plages de Bali, les pyramides de Gizeh, les safaris d'Afrique de l'Est, les médinas et les marchés du Maroc. C'est une vraie perte, et ce n'est pas une perte que les voyageurs queers devraient avoir à accepter, selon nous. »
Une recherche minutieuse sur les lois, les normes sociales et son propre niveau de confort demeure essentielle. Les circuitistes et conseillers en voyages expérimentés peuvent aussi jouer un rôle clé pour aider les voyageurs LGBTQ2+ à concevoir un séjour mémorable et sûr.
L'expérience, ça compte
Mme Ten Eyck souligne que son équipe a beaucoup voyagé dans des endroits où les identités LGBTQ2+ sont illégales ou mal vues. « EveryQueer se spécialise dans le voyage vers des destinations hostiles aux personnes LGBTQ2+, explique-t-elle. Nous sommes allés dans des destinations où être LGBTQ2+ est illégal, et dans plusieurs autres où c'est simplement mal vu culturellement. Et voici ce qui surprend les gens : nous n'avons jamais personnellement subi de préjugés anti-LGBTQ2+ dans aucune de ces destinations. Les gens du coin sont, la plupart du temps, chaleureux, accueillants, et bien plus intéressés à partager leur culture qu'à surveiller l'identité de qui que ce soit. Et c'est vrai autant pour notre personnel non conforme aux normes de genre que pour notre personnel qui s'y conforme. »
« Ça rappelle que les lois d'un pays, sur papier, ne reflètent pas toujours la réalité vécue sur le terrain, et que les suppositions sur les endroits "sûrs" ou "dangereux" pour les voyageurs queers méritent plus de nuance qu'un titre de journal ou une carte juridique ne peuvent l'offrir », dit-elle.
Brand G Vacations est un autre circuitiste LGBTQ2+ qui possède une vaste expérience de ce type de voyage. « Au fil des ans, Brand G a élargi son offre, en ajoutant des destinations qui repoussent un peu les limites, mais seulement là où on peut le faire en toute sécurité et avec une préparation adéquate, affirme le directeur général de l'entreprise, Mike Mumford. On examine les conditions réelles de chaque destination sur le terrain, dont les habitudes d'application de la loi, le comportement des forces policières et le vécu réel des visiteurs et des résidents LGBTQ2+, plutôt que d'écarter un endroit uniquement à cause de sa législation. »
Inclusive Morocco, spécialisée dans le voyage au Maroc, et Bein Harim Tourism Services, établie à Tel-Aviv et spécialisée dans les circuits en Jordanie et ailleurs au Moyen-Orient, savent elles aussi guider des groupes LGBTQ2+. « Bien des voyageurs LGBTQ2+ rêvent d'explorer des lieux emblématiques comme Pétra, Le Caire ou Bethléem, mais le voyage indépendant y semble trop intimidant, explique le vice-président du marketing de Bein Harim, Arthur Aharanov. Pour combler cet écart, les circuitistes régionaux servent de pont de confiance en proposant des circuits de groupe encadrés. »
Le voyage comme catalyseur positif
Un voyage LGBTQ2+ bien encadré peut aussi profiter aux communautés locales, selon MM. Mumford et Ten Eyck. Après tout, les voyageurs queers font vivre les hôtels, les guides, les restaurants et les organismes communautaires, et les rencontres personnelles peuvent ébranler des préjugés.
M. Mumford se souvient par exemple de guides hétérosexuels en Mongolie qui s'attendaient à accueillir de jeunes gais fêtards sur l'un des circuits de son entreprise, mais qui ont plutôt rencontré des hommes gais matures, plusieurs en couple depuis des décennies. « Des voyages comme celui-là ont aidé des familles mongoles à mieux comprendre et respecter notre communauté, une conversation à la fois », précise-t-il.
Mme Ten Eyck observe un potentiel semblable dans les échanges ordinaires. « Quand un voyageur LGBTQ2+ arrive dans une destination moins accueillante, qu'il s'enregistre à l'hôtel, embauche un guide local ou s'attable pour souper avec une famille d'accueil, il crée souvent exactement ce genre de contact », dit-elle.
Comment se préparer
M. Mumford conseille aux voyageurs LGBTQ2+ d'envisager de réserver auprès d'un circuitiste réputé lorsqu'ils visitent des destinations potentiellement peu accueillantes. Il offre aussi des conseils à ceux qui voyagent seuls. « Restez discrets plutôt que d'afficher ouvertement des symboles arc-en-ciel, conseille-t-il. Formez des groupes petits et privés, misez sur des visites et des événements ancrés dans la culture locale, cherchez des hébergements tenus par des personnes queers ou favorables à la communauté, et faites affaire avec une agence de voyages qui connaît bien la situation des droits de la personne sur le terrain. »
Il insiste aussi sur les avantages du voyage en groupe, entouré d'autres voyageurs, de guides vérifiés et d'experts locaux qui comprennent les besoins des voyageurs LGBTQ2+. « Dans les pays où l'homosexualité peut être mal vue pour des raisons religieuses ou culturelles, nous créons ce qu'on appelle une bulle LGBTQ2+, pour que nos clients puissent découvrir ces cultures extraordinaires sans jamais se sentir opprimés », dit-il.
Pour Mme Ten Eyck, se préparer à un tel voyage peut soulever des questions difficiles. « Mon meilleur conseil commence par la connaissance de soi, avant même la liste des bagages, dit-elle. C'est un sujet délicat, politiquement inconfortable dans notre communauté, mais chaque voyageur LGBTQ2+ doit honnêtement se demander : est-ce que je peux, si nécessaire, passer pour hétérosexuel ou cisgenre dans cette partie du monde? Et tout aussi important : suis-je à l'aise de le faire, même temporairement? Ce n'est pas une question confortable, mais elle est essentielle. La réponse diffère pour chacun, et elle devrait orienter tout, de la façon de s'habiller à la question de tenir la main de son ou sa partenaire en public, en passant par la manière de répondre aux questions sur son état civil. »
La recherche est également essentielle, ajoute Mme Ten Eyck. « Utilisez des ressources conçues spécialement pour ça, comme les guides de voyage d'EveryQueer, les répertoires de circuitistes et d'hébergements vérifiés et favorables aux personnes LGBTQ2+ de l'IGLTA, et ne vous arrêtez pas là. Cherchez des gens qui partagent votre identité, que ce soit votre orientation sexuelle, votre identité de genre, votre origine ethnique, votre nationalité, ou tout cela à la fois, et qui sont déjà allés dans la destination que vous envisagez. »
« Se préparer de cette façon, ce n'est pas une question de peur, dit-elle. C'est plutôt se donner les moyens de vraiment se détendre et de profiter du moment. »
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