Le fondateur de MyDogCanFly démêle les politiques des compagnies aériennes en matière d'animaux de compagnie

Image:  (Photo Credit: Philippe Benoist)
Image: (Photo Credit: Philippe Benoist)
Natasha Lair
par Natasha Lair
Dernière mise à jour: 4:20 PM ET, Tue September 22, 2026
Bert Archer
traduit par Bert Archer

Quiconque a déjà tenté de voyager en avion avec un chien connaît la première règle du voyage avec un animal : il n'existe aucune règle simple.

Peut-il voyager en cabine? Quelle taille de cage est permise? Le poids limite inclut-il la cage? Qu'en est-il des bagages enregistrés? Du fret? Des restrictions selon la race? Et juste au moment où l'on croit avoir tout compris, une autre compagnie aérienne applique une politique complètement différente.

Philippe Benoist connaît bien cette frustration.

TravelPulse Canada s'est entretenu avec Benoist, fondateur de MyDogCanFly.com, pour comprendre pourquoi voyager en avion avec un chien demeure aussi complexe, ce que les conseillers en voyages devraient vérifier avant de réserver, et comment un voyage personnel avec son golden retriever, Bailey, l'a finalement inspiré à créer un outil pour simplifier le processus.

« Bailey, mon golden retriever, a maintenant quatre ans. Il était encore très jeune lorsque j'ai planifié des vacances d'un mois sur une île isolée du Mexique. De superbes plages, loin de tout : c'était exactement le but. Je voulais partager cette liberté avec lui », a raconté Benoist à TravelPulse Canada.

Le voyage devait les mener de Paris à Cancún, avec un vol de retour depuis Mexico jusqu'à Paris. Mais choisir un transporteur s'est révélé bien plus compliqué que choisir la destination.

« Je comparais Air France, Aeromexico et diverses correspondances possibles, en essayant de réunir les limites de poids, les exigences de cage et les restrictions », explique-t-il. L'information existait, précise-t-il, mais pas au même endroit ni dans les mêmes termes. Il ne voulait pas seulement savoir si une compagnie aérienne acceptait les chiens en général — il voulait savoir si elle pouvait accueillir son chien, sur son itinéraire précis.

Un autre facteur entrait en jeu : la chaleur. Voyager avec un gros chien signifiait aussi tenir compte des conditions au sol et de l'incidence possible des restrictions saisonnières sur la capacité de Bailey à prendre l'avion.

Benoist admet avoir sincèrement douté que le plan fonctionne, jusqu'à leur atterrissage commun à Cancún.

Cette expérience est devenue le point de départ de MyDogCanFly.

Benoist a commencé à rassembler de l'information et à bâtir le projet en avril 2026, en s'appuyant sur des recherches et des outils d'intelligence artificielle pour organiser le travail. Le défi, dit-il, ne consiste pas simplement à trouver une réponse, mais à s'assurer que cette réponse s'appuie réellement sur la politique d'une compagnie aérienne.

« Pour moi, une réponse utile n'est pas simplement oui ou non. C'est plutôt : sous quelles conditions, sur quel trajet, et selon quelle source? »

Même chien, compagnie aérienne différente, réponse différente

Dans un aperçu de la base de données de 102 compagnies aériennes de MyDogCanFly, consultée aux fins de cette entrevue, 58 entrées comportaient un plafond de poids chiffré pour la cabine. Parmi celles-ci, 43 fixaient cette limite à 8 kg.

Mais même ce chiffre, à première vue simple, peut induire en erreur.

« L'erreur courante consiste à ne peser que le chien. Lorsque la limite inclut la cage, un chien de 7,5 kg dans un sac de 1,2 kg dépasse déjà la limite de 8 kg. Se situer sous le poids apparent du chien ne suffit pas », précise Benoist.

Les transporteurs canadiens illustrent bien à quel point les compagnies aériennes peuvent aborder la même question de façons très différentes.

Air Canada et WestJet définissent l'admissibilité en cabine principalement en fonction de la cage et de l'espace dont l'animal a besoin à l'intérieur, précise Benoist, tandis qu'Air Transat impose une limite explicite de 8 kg pour l'animal et la cage combinés.

L'approche d'Air Canada produit d'ailleurs l'une des situations les plus cocasses de la base de données.

« Air Canada illustre l'autre approche possible : ses exigences publiées misent sur une cage souple adaptée, placée sous le siège, avec suffisamment d'espace pour que l'animal puisse se tenir debout, se retourner et s'allonger confortablement, plutôt que sur un poids maximal chiffré », explique Benoist. « Donc, en théorie, le défi avec votre saint-bernard n'est pas le chiffre sur la balance — c'est de trouver un saint-bernard qui tient confortablement dans ce petit sac. Bonne chance. »

Pour les animaux voyageant comme bagages enregistrés, Benoist précise qu'Air Canada, WestJet et Air Transat publient tous une limite maximale de 45 kg, cage incluse, sous réserve du trajet, du type d'appareil et d'autres restrictions.

Mais une limite de poids partagée ne signifie pas que les services sont interchangeables. Les dimensions de la cage, les restrictions selon la race, les limitations saisonnières et les prix doivent tout de même être vérifiés individuellement.

Ne réservez pas votre propre place avant de régler celle du chien

L'une des plus grandes erreurs que commettent les voyageurs, selon Benoist, consiste à traiter les arrangements de voyage de leur chien comme quelque chose qui peut être réglé une fois le reste déjà réservé.

« Un siège pour vous ne garantit pas automatiquement une place pour votre chien. L'ordre dans lequel il faut réserver varie selon la compagnie aérienne; informez-vous sur la façon de confirmer la place de l'animal et sur vos options d'annulation avant de vous engager pour l'ensemble du voyage. »

Le voyage de retour compte tout autant.

Même si Bailey possédait un passeport pour animaux, Benoist a dû obtenir un certificat vétérinaire au Mexique pour le retour vers l'Europe. Ce certificat n'était valide que 10 jours, ce qui a obligé à prévoir un rendez-vous vétérinaire vers la fin des vacances.

« Mon conseil : vérifiez les documents nécessaires pour les deux directions avant même de quitter la maison. »

La météo peut aussi venir bouleverser l'itinéraire le mieux planifié.

Benoist souligne qu'Air Canada et WestJet publient toutes deux des restrictions saisonnières touchant les animaux voyageant en soute sur certains trajets.

« La chaleur peut donc déterminer si votre chien peut voyager tout court, et pas seulement à quel point le trajet sera confortable pour lui. Dans un climat qui se réchauffe, c'est un aspect de plus en plus important à considérer dans la planification. Vérifiez les restrictions liées à la chaleur de votre transporteur, tant pour l'aller que pour le retour, et n'oubliez pas que respecter les conditions de réservation ne garantit pas que la température, le jour venu, permettra à votre chien de voler. »

Ce qu'il faut vérifier

Benoist recommande de commencer par un élément facile à négliger : qui exploite réellement chaque vol.

« Je commencerais par le transporteur exploitant chaque segment du trajet, et non seulement le nom qui vend le billet. Ensuite, il faut confirmer que le service en question est offert sur ce trajet précis, dans cette direction, à ces dates, et qu'une place peut réellement être réservée pour l'animal. »

Il faut ensuite tenir compte du chien lui-même et de sa cage : la race, l'âge, le poids, si la limite publiée inclut la cage, les dimensions de celle-ci, et si l'animal peut s'y tenir confortablement.

Les documents à fournir méritent, eux aussi, d'être vérifiés séparément, y compris les exigences de départ, de transit, de destination et de retour, en tenant compte du moment des rendez-vous, des traitements et des certificats dans la planification du client.

Les correspondances peuvent compliquer davantage les choses.

« Ne présumez pas que l'acceptation sur le premier vol ne s'applique pas automatiquement au vol suivant, même au sein d'une seule réservation. Vérifiez les modalités de transfert, ainsi que tout changement de transporteur ou d'appareil. »

Les races brachycéphales compliquent encore davantage les choses.

Les propriétaires de carlins, de bouledogues français et d'autres races au museau aplati devraient porter une attention particulière, précise Benoist, puisque les compagnies aériennes peuvent restreindre leur transport en raison des risques accrus de problèmes respiratoires et de surchauffe, particulièrement lorsqu'ils voyagent en soute, loin de leur propriétaire.

« Air Canada et WestJet, par exemple, publient des restrictions concernant les chiens brachycéphales voyageant dans le compartiment à bagages. THAI publie quant à elle sa propre liste de races qu'elle refuse comme bagages enregistrés. Ce n'est donc pas simplement une question de trouver une compagnie aérienne offrant une limite de poids plus généreuse. »

Les restrictions par pays constituent une autre considération, et Benoist conseille de vérifier tôt les exigences relatives à la race et à la destination, avant même de consacrer du temps à planifier un itinéraire qui pourrait s'avérer irréalisable.

Même l'information officielle peut se contredire

L'une des découvertes les plus intéressantes de Benoist dans le cadre de la construction de sa base de données, c'est que même les sources officielles des compagnies aériennes ne s'accordent pas toujours entre elles.

Il cite WestJet en exemple.

« Au moment de notre analyse, la page consacrée aux animaux de compagnie de WestJet indiquait une hauteur maximale de 81 cm pour une cage enregistrée, tandis que son tarif intérieur publié précisait 76 cm. Deux documents officiels, deux chiffres différents. C'est une raison d'obtenir une clarification écrite avant d'acheter une cage, et non de simplement choisir le chiffre le plus généreux. »

Benoist a constaté un problème similaire en étudiant China Southern.

La page anglaise du transporteur consacrée aux animaux de compagnie demandait aux passagers de faire une demande de transport en bagages enregistrés pour leur animal au moins 24 heures avant un vol intérieur, ou 48 heures avant un vol international. Sa réglementation chinoise sur les bagages, en revanche, indiquait des délais différents : quatre heures pour les vols intérieurs et six heures pour les vols internationaux ou régionaux.

Les deux documents étaient officiels.

Pour Benoist, une telle contradiction n'est pas une invitation à choisir la réponse la plus commode.

Le vocabulaire peut aussi créer de la confusion. Un chien voyageant comme bagage enregistré en soute ne bénéficie pas du même service qu'un chien voyageant comme fret déclaré, même si les deux se trouvent physiquement sous la cabine des passagers. Le fret peut nécessiter un processus de réservation distinct et, dans certains cas, un agent de transport spécialisé.

« MyDogCanFly rassemble les questions clés et les sources officielles, mais ce n'est ni un système de réservation ni une garantie d'acceptation », prévient Benoist. Avant de s'engager, précise-t-il, les voyageurs devraient confirmer les modalités pour leur chien et leur itinéraire directement auprès du transporteur exploitant, idéalement par écrit. Ils devraient aussi consulter leur vétérinaire bien à l'avance pour évaluer l'aptitude de leur chien à voyager en avion et planifier les vaccins, traitements, tests et certificats nécessaires. Les permis d'importation et autres exigences administratives devraient être vérifiés auprès des autorités compétentes, tant pour l'aller que pour le retour.

L'IATA facilitera-t-elle le voyage avec des animaux de compagnie?

Cet outil arrive alors que l'industrie aérienne se penche elle aussi de plus près sur le voyage avec des animaux de compagnie.

Comme TravelPulse Canada le rapportait récemment, l'IATA a instauré de nouvelles normes recommandées pour les animaux voyageant en cabine, à la suite d'une étude ayant révélé que l'incertitude entourant les politiques des compagnies aériennes, et la possibilité même qu'un animal puisse voyager, demeure un obstacle pour les voyageurs.

Benoist accueille favorablement cette initiative, mais ne s'attend pas à ce que les règles des différentes compagnies aériennes deviennent soudainement identiques.

« Je ferais toutefois une distinction entre des procédures plus cohérentes et des règles d'acceptation identiques. Les lignes directrices de l'IATA laissent explicitement les décisions de politique interne aux compagnies aériennes elles-mêmes. Les voyageurs et les conseillers devront donc encore vérifier les exigences propres à leur chien, à leur cage et à leur itinéraire. »

Il considère le travail de l'IATA et celui de MyDogCanFly comme complémentaires.

« Pour moi, ce sont des efforts complémentaires : l'IATA contribue à améliorer le processus de voyage, tandis que MyDogCanFly vise à rendre les conditions publiées plus faciles à trouver et à comparer avant de réserver. »

Et la suite pour MyDogCanFly?

Pour l'instant, Benoist se concentre sur l'expansion de l'outil, tout en maintenant à jour l'information déjà colligée.

Une compagnie aérienne peut modifier une condition, introduire un nouveau service ou imposer un embargo à tout moment, ce qui fait de la mise à jour de la base de données une tâche tout aussi importante que son enrichissement.

Il souhaite aussi ajouter davantage de compagnies aériennes et de trajets, tout en maintenant ce qu'il décrit comme une distinction claire entre l'information déjà confirmée et celle qui reste à valider.

D'autres possibilités s'annoncent.

Après que Benoist a communiqué avec la Fédération européenne des chiens-guides, l'organisme s'est dit intéressé à discuter du projet, ce qui a renforcé son intérêt à créer un parcours distinct pour le transport des chiens d'assistance, séparé du transport ordinaire des animaux de compagnie.

Il explore également des options de vols nolisés partagés spécialisés et de vols privés, qui permettent aux propriétaires de voyager aux côtés de leur chien.

MyDogCanFly demeure gratuit et, pour l'instant, un projet personnel.

Et après avoir fouillé les politiques de plus de 100 compagnies aériennes, Benoist n'a pas particulièrement envie de désigner un transporteur comme étant le plus accueillant au monde envers les chiens.

« Et "accueillant envers les animaux" n'est pas un classement unique. La vraie question, c'est de savoir si une compagnie aérienne peut accueillir ce chien précis, dans cette cage précise, sur ce trajet précis. C'est ce que j'essaie de rendre plus facile à déterminer. »

Pour les voyageurs, et pour les conseillers qui les aident à se rendre d'un point A à un point B avec un passager à quatre pattes, c'est peut-être là la question la plus utile de toutes.

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