Classe affaires « de base » : les transporteurs états-uniens s’y mettent, le Canada suivra-t-il ?

Image: Siège de la classe affaires internationale Delta One (Source: Delta Air Lines)
Image: Siège de la classe affaires internationale Delta One (Source: Delta Air Lines)
Jessica Puckett
par Jessica Puckett
Dernière mise à jour: 10:45 AM ET, Thu November 6, 2025
Bert Archer
traduit par Bert Archer

En 2026, la classe affaires états-unienne passera en mode « de base ».

C’est du moins l’intention des grands transporteurs comme Delta et United Airlines, qui laissent entrevoir le lancement prochain de tarifs dégroupés en classe affaires – une sorte de version haut de gamme de la classe économique de base.

Le transporteur de luxe Emirates a ouvert la voie en 2019 avec ses tarifs « Special » en classe affaires, vendus à la carte. Depuis, d’autres compagnies internationales, comme Etihad, Qatar Airways, KLM et Finnair, ont emboîté le pas. Ces tarifs comprennent un siège en cabine affaires et un bagage à main, mais tout le reste – sélection de siège, bagage enregistré, embarquement prioritaire, accès aux salons – fait l’objet de frais supplémentaires.

Delta a évoqué pour la première fois son intention de lancer ces tarifs dégroupés à la fin de 2024 et dit y avoir travaillé activement ces derniers mois. « Nous faisons des tests auprès des clients et de nombreux sondages », a expliqué Glen Hauenstein, président de Delta, lors de l’appel sur les résultats du deuxième trimestre en juillet. « Nous voulons nous assurer que les clients comprennent bien le produit et y voient une valeur. » La compagnie n’a pas encore précisé de date de lancement.

Chez United, le chef de la direction commerciale, Andrew Nocella, a laissé entendre sur un appel avec les investisseurs en juillet 2025 qu’une formule similaire pourrait voir le jour : « Tout le monde ne recherche pas l’expérience complète. Nous voulons continuer à diversifier nos sources de revenus et à segmenter notre offre de façon appropriée. »

Pour plusieurs experts, cette nouvelle approche risque à terme de renchérir les tarifs en classe affaires.

« En rendant payants des avantages autrefois inclus, ces tarifs risquent d’augmenter le coût global du voyage, ce qui représente une perte nette pour les consommateurs », estime Sarah Silbert, rédactrice en chef du site Points Path, un outil en ligne qui compare les prix en argent et en points. « Cela s’appliquera autant aux billets payés qu’aux billets prime, puisque des compagnies comme Delta offrent déjà les tarifs en points les plus bas avec moins d’options, comme l’absence d’attribution de siège avant l’enregistrement. »

Les tarifs dégroupés pourraient néanmoins rendre la classe affaires accessible à davantage de voyageurs, attirés par les sièges plus grands et confortables à l’avant de la cabine.

« Il n’y a rien de mauvais en soi avec les tarifs de base, tant qu’on connaît leurs limites », note Kerry Tan, professeur d’économie et directeur de département à la Loyola University Maryland. « Une classe affaires dégroupée peut être une façon économique et simple de voyager entre deux villes avec un certain style. »

Les passagers devront donc lire attentivement les conditions avant d’acheter un billet – et vérifier que les services essentiels à leurs yeux, comme les changements gratuits, sont inclus ou proposés à un coût raisonnable.

« Il faut lire les petits caractères et les frais additionnels avant toute réservation, peu importe la cabine, rappelle Silbert. Et se souvenir qu’aux États-Unis, tout billet peut être annulé sans frais dans les 24 heures suivant l’achat. »

Les comparaisons de prix entre compagnies deviendront aussi plus ardues, souligne Tan. « Il sera sans doute agaçant pour les voyageurs fréquents d’écarter la classe de base lorsqu’ils comparent les prix de la classe affaires sur différents sites. »

Lorsqu’on évalue le coût total, il faudra donc inclure les suppléments nécessaires. Si un billet affaires classique coûte un peu plus cher, mais inclut les changements et annulations gratuits, il pourrait s’avérer plus rentable selon les besoins du passager.

Même si l’idée d’une classe affaires dépouillée de ses privilèges risque d’en irriter plusieurs, la plupart des voyageurs seront tentés par un siège plus spacieux à prix réduit. En 2025, la demande pour les produits aériens haut de gamme ne cesse de croître, et les compagnies multiplient les sièges en classes affaires et économie supérieure.

« C’est une manière efficace d’inciter les clients à goûter à la cabine premium, dans l’espoir qu’ils y reviennent par la suite », conclut Tan. « Les compagnies aériennes visent le profit ; c’est simplement un autre moyen d’en tirer davantage des passagers. »

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