
par Eraine Wessler
Dernière mise à jour: 11:35 AM ET, Sat August 8, 2026
Les grands aéroports internationaux d'Europe désactivent temporairement le nouveau système automatisé d'entrée-sortie (EES) de l'Union européenne aux heures de pointe, revenant au traitement manuel des passeports pour éviter d'engorger les postes-frontières et de créer des files d'attente de plusieurs heures.
« Lorsque des files se forment pendant les mois d'été les plus achalandés, le système est désactivé pour assurer une circulation fluide dans nos plaques tournantes de Paris et d'Amsterdam », a indiqué Air France-KLM à POLITICO.
L'EES, entré pleinement en vigueur dans l'espace Schengen plus tôt cette année, remplace les tampons de passeport traditionnels pour les voyageurs de pays tiers par un suivi biométrique numérique, incluant balayage facial et prise d'empreintes digitales. Mais avec l'afflux estival de passagers, les grandes plaques tournantes ont recours à des mesures d'urgence pour contourner la technologie lorsque les files atteignent un seuil critique.
Les grands transporteurs internationaux et les autorités frontalières des principaux points de correspondance, dont Paris-Charles-de-Gaulle, Amsterdam-Schiphol et Rome-Fiumicino, ont suspendu par intermittence les contrôles biométriques en période de forte affluence. Selon les lignes directrices actuelles de dérogation de la Commission européenne, les États membres peuvent interrompre temporairement le traitement par l'EES en cas de « circonstances exceptionnelles » pour préserver la sécurité et la fluidité des déplacements, en revenant aux tampons de passeport manuels.
Devant des temps d'attente qui se comptaient en heures, plusieurs voix ont réclamé la suspension complète de l'EES. Mais l'Union européenne a rejeté cette idée au début de juillet.
Des groupes de l'industrie comme l'Airports Council International (ACI) Europe avaient prévenu que l'enregistrement biométrique obligatoire pourrait entraîner des attentes allant jusqu'à cinq heures aux heures de pointe estivales. Ces scénarios extrêmes ont largement été évités, mais surtout parce que les autorités locales interviennent pour désactiver les systèmes lorsque des goulots d'étranglement se forment.
Cette stratégie du « on l'éteint, on le rallume » ne durera toutefois pas éternellement. Malgré les appels de la Suisse et de plusieurs exploitants d'aéroports à prolonger cette marge de manœuvre d'urgence au-delà de son échéance prévue au début de septembre, les autorités européennes maintiennent que la dérogation actuelle est temporaire.
Alors que des millions de voyageurs transitent par les points d'entrée de l'Europe cette saison, les équipes des services frontaliers continuent de concilier des exigences de sécurité strictes et les réalités du terrain, dans les aéroports.
Cette vidéo sur le chaos causé par le système d'entrée-sortie de l'UE, tournée plus tôt cet été, montre en direct les files d'attente et les retards subis par les passagers.
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