La lutte contre les sargasses s'intensifie dans les Antilles mexicaines, mais les touristes, eux, désertent les plages, rapportait Le Devoir le 7 août, d'après un reportage de l'Agence France-Presse.
La Marine mexicaine déploie 27 navires de collecte depuis 2019. Au large, un bâtiment capable d'avaler 300 tonnes d'algues fait le gros du travail, secondé par des embarcations plus petites et des véhicules amphibies; la dernière étape se fait à la main, sur les plages. Au premier semestre, quelque 100 000 tonnes ont été récoltées, plus que pour toute l'année 2025 (92 782 tonnes). « C'est une saison intense qui a véritablement exigé des efforts accrus », a reconnu le contre-amiral Topiltzin Flores, responsable de l'opération.
L'odeur d'œufs pourris chasse néanmoins les visiteurs. Une serveuse de Playa del Carmen confie à l'AFP que son restaurant sert à peine 50 clients par jour, contre jusqu'à 400 quand la mer est claire. Dans un hôtel voisin, les 24 chambres sont vides; une employée parle d'une « odeur insupportable ». Cet été, le taux d'occupation hôtelier oscille entre 55 % et 70 %, alors qu'il grimpait jusqu'à 90 % en haute saison il y a quinze ans.
La présidente Claudia Sheinbaum minimise pourtant l'impact. S'il y a moins de monde, « c'est le prix du kérosène qui est en cause, pas les sargasses », a-t-elle soutenu jeudi en présentant une stratégie conjointe du gouvernement et des hôteliers pour combattre l'invasion. « Il n'y a pas eu de pertes importantes », a-t-elle insisté.
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