
par Laurie Baratti
Dernière mise à jour: 9:45 PM ET, Sun December 28, 2025
Les aéroports des États-Unis entrent dans une nouvelle phase de renforcement des contrôles de sécurité et, pour de nombreux voyageurs internationaux, cela va bien au-delà de la simple présentation d’un passeport.
Une nouvelle politique douanière et frontalière entrée en vigueur le 26 décembre élargit la capacité du gouvernement fédéral à recueillir des données biométriques auprès des ressortissants étrangers qui entrent ou sortent du pays. Cette mesure s’inscrit dans un effort plus large de l’administration Trump visant à resserrer les contrôles migratoires.
Dans le cadre de ce nouveau système, les voyageurs qui transitent par les aéroports états-uniens voient désormais leur visage scanné et photographié lors des contrôles de routine. Ces images sont comparées aux bases de données gouvernementales existantes et conservées pendant une période pouvant atteindre 75 ans, selon un reportage de Metro.
Dans certaines situations, les agents frontaliers disposent désormais de pouvoirs encore plus étendus. Le Department of Homeland Security peut demander des données biométriques supplémentaires aux non-citoyens, y compris des empreintes digitales et même des échantillons d’ADN. Il s’agit d’un élargissement majeur de ce que les agents des douanes sont légalement autorisés à collecter aux points d’entrée.
L’un des changements les plus marquants concerne l’âge. Jusqu’ici, les enfants de moins de 14 ans et les adultes de plus de 79 ans bénéficiaient généralement d’exemptions en matière de collecte de données biométriques. Ces exemptions ont été supprimées, ce qui signifie que des voyageurs de tous âges peuvent désormais être soumis à ces contrôles.
Le gouvernement affirme que ces nouvelles règles visent à simplifier l’application des lois et à décourager les abus du système d’immigration. Dans un communiqué publié par son service des relations publiques, l’administration indique que la politique vise à « dissuader le dépôt de demandes frivoles et à assurer une cohérence opérationnelle ». Elle précise également que les données biométriques ne seront « généralement » recueillies que dans les cas où une personne fait l’objet de procédures de renvoi et qu’un dossier est en cours devant l’Executive Office for Immigration Review.
L’élargissement du recours aux technologies biométriques soulève toutefois de vives inquiétudes chez les défenseurs des droits civiques. Un rapport publié en 2024 par la Commission états-unienne des droits civils a conclu que les logiciels de reconnaissance faciale présentaient un taux d’erreur plus élevé lorsqu’il s’agissait d’identifier des personnes noires et d’autres minorités ethniques.
Ce virage s’inscrit dans une série plus large de changements touchant les voyages et l’immigration mis en place par l’administration Trump. Le coût de l’ESTA, l’autorisation électronique exigée des voyageurs provenant de pays dispensés de visa, a récemment été augmenté. Par ailleurs, cinq nouveaux pays ont été ajoutés à une interdiction de voyage devant entrer en vigueur le 1er janvier 2026.
Les contrôles biométriques pourraient aussi s’accompagner d’un examen approfondi des informations personnelles. De nouvelles propositions exigeraient des voyageurs qu’ils fournissent jusqu’à cinq ans d’historique de réseaux sociaux, ainsi que leurs numéros de téléphone, adresses courriel et même les noms de membres de leur famille.
Dans une proposition déposée par U.S. Customs and Border Protection, les comptes de médias sociaux deviendraient une exigence obligatoire dans le cadre d’une demande d’ESTA. L’agence cite le décret présidentiel 14161 de Donald Trump, qui vise à « protéger les citoyens contre des étrangers qui entendent commettre des attentats terroristes, menacer la sécurité nationale, promouvoir une idéologie haineuse ou exploiter les lois sur l’immigration à des fins malveillantes ».
Si elle est approuvée, cette proposition obligerait les voyageurs de 42 pays à se soumettre à des vérifications beaucoup plus intrusives de leurs renseignements personnels lors d’un séjour aux États-Unis.
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