La Thaïlande s'apprête à resserrer ses règles d'entrée sans visa pour les voyageurs internationaux, en réduisant de moitié la durée maximale de séjour autorisée pour les ressortissants de 93 pays.
Selon l'agence Reuters, le ministre des Affaires étrangères du pays, Sihasak Phuangketkaeow, a annoncé cette semaine que le ministère soumettra au Cabinet une proposition visant à ramener la durée des séjours sans visa de 60 à 30 jours. La date d'entrée en vigueur de cette mesure n'a pas été précisée.
En juillet 2024, la Thaïlande avait élargi l'accès sans visa à 93 pays. Mais ces politiques plus souples sont aujourd'hui détournées par certains visiteurs qui profitent de longs séjours pour se livrer à des activités criminelles, notamment en exploitant illégalement des entreprises sur le territoire.
La proposition prévoit également une révision des critères d'admissibilité pour plusieurs autres catégories de visa, dont les visas étudiants, les programmes pour nomades numériques, les visas d'investissement et les permis de résidence à long terme.
Cette décision intervient alors que des résidents de certaines des destinations touristiques les plus fréquentées du pays affirment que des ressortissants étrangers — souvent russes, chinois ou d'autres expatriés — font monter les prix et évincent les travailleurs locaux en contournant les lois sur la propriété d'entreprise.
Le premier ministre thaïlandais Anutin Charnvirakul a toutefois tenu à préciser cette semaine que le pays ne cherche pas à abolir complètement le régime sans visa.
« L'exemption de visa ne signifie pas une entrée sans conditions », a-t-il déclaré, selon le quotidien britannique The Independent. « Nous devons trouver le meilleur équilibre. »
Ces changements placent la Thaïlande dans une position délicate, tant le pays dépend des revenus du tourisme international. Les autorités cherchent à enrayer les activités illégales sans fragiliser un secteur qui a généré près de 68 milliards $ en accueillant 33 millions de visiteurs étrangers en 2025.
L'industrie touristique thaïlandaise a déjà exprimé ses réserves face aux propositions de réduction des séjours sans visa et d'instauration de frais d'entrée, avertissant que des restrictions accrues pourraient inciter les voyageurs à se tourner vers des destinations voisines comme le Vietnam ou la Malaisie.
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