
par Mia Taylor
Dernière mise à jour: 1:15 PM ET, Wed September 2, 2026
Les récentes vagues de chaleur, crues subites et coulées de boue un peu partout dans le monde l'ont bien montré : les changements climatiques ne sont pas un canular. Leur réalité se révèle grave et meurtrière, comme les scientifiques l'avaient prédit.
Et après un été marqué par des vagues de chaleur successives et des températures dépassant les 38 °C dans une bonne partie de l'Europe, la perception qu'ont les voyageurs du climat de leurs destinations préférées sur le continent est en train de changer.
Une nouvelle analyse de The Data Appeal Company / Almaviva Group révèle que, si les destinations méditerranéennes demeurent fortement associées à un « climat estival favorable », la chaleur répétée et inattendue commence, dans certains cas, à ébranler cette perception.
Autrement dit, l'Italie, l'Espagne, le Portugal, la France et la Grèce, ces pays que les voyageurs chérissent depuis longtemps, pourraient perdre un peu de leur attrait comme destinations de vacances estivales.
L'étude de The Data Appeal Company suit l'opinion des voyageurs envers cinq pays populaires du sud de la Méditerranée à l'aide de ce qu'elle appelle un « indice de perception du climat », ou IPC. Cet indice mesure la perception qu'ont les voyageurs du climat d'un pays. Les scores vont de 0 à 100, 100 étant la perception la plus favorable et 0, la pire. L'étude s'est penchée sur l'opinion des voyageurs de 2023 à l'été 2026 pour repérer les changements de perception des destinations au regard des vagues de chaleur officiellement recensées.
Ce qu'il faut d'abord en retenir, c'est que les vagues de chaleur répétées et prolongées commencent à peser sur la perception de certaines destinations. Mais ce changement d'opinion n'est pas le même dans les cinq pays étudiés.
Voici cinq constats clés qui ressortent de l'analyse :
Les vagues de chaleur provoquent encore surtout des chocs passagers, mais la donne change
D'une destination méditerranéenne à l'autre, l'IPC (la perception du climat par les voyageurs) baisse généralement pendant les vagues de chaleur, puis remonte une fois les températures revenues à la normale. En 2026, toutefois, ce rebond n'a plus rien d'acquis.
« Des épisodes répétés, précoces et prolongés débordent de plus en plus du simple inconfort passager pour teinter la perception d'ensemble du climat estival », note le rapport.
La France est le signal d'alarme le plus net
Chez les voyageurs, l'IPC moyen du pays s'établissait à 77,2 entre mai et juillet 2026, bien en dessous du Portugal (93,5), de l'Italie (91,6), de l'Espagne (90,4) et de la Grèce (89,9).
« La chaleur répétée et atypique en début de saison, surtout lors des vagues de chaleur de 2026, semble produire les signes les plus forts observés jusqu'ici d'une possible érosion de l'attrait climatique », indique le rapport.
L'Italie montre des signes d'effet cumulatif
Après avoir atteint une très bonne moyenne de 92,2 à l'été 2025 dans l'opinion des voyageurs, l'Italie affiche, de mai à juillet 2026, un IPC inférieur de 0,9 point à celui de la même période l'an dernier. Cela dit, l'IPC de l'Italie chez les voyageurs reste globalement élevé, revenu à la fourchette des années précédentes.
« Si les vagues de chaleur prises isolément ont déclenché des réactions à court terme assez modérées [chez les voyageurs], l'exposition répétée à des températures extrêmes semble commencer à peser sur l'évolution d'ensemble de leur perception du climat », souligne le rapport.
L'Espagne et la Grèce restent résilientes, mais très sensibles à la chaleur extrême
L'Espagne comme la Grèce montrent de fortes fluctuations d'IPC à court terme pendant les vagues de chaleur, surtout quand les conditions extrêmes arrivent tôt ou s'installent, précise le rapport.
Chez les globe-trotteurs, la perception du climat estival espagnol reste solide, à 87,2 en moyenne depuis 2023, tandis que la Grèce garde une moyenne de 89,2, même si son résultat de 2026 est plus faible que les années précédentes.
Le Portugal montre comment les attentes forgent une résilience
Avec un IPC moyen de 91,1 pour les étés analysés, le Portugal enregistre certaines des perceptions climatiques les plus stables de la région, révèle l'étude.
« La normalisation relative d'étés plus chauds semble réduire la sensibilité à la chaleur, tandis que même une chute majeure de 33,5 points lors d'une vague de chaleur exceptionnelle en septembre 2025 n'a été que passagère, note le rapport. Cela met en lumière l'un des enseignements majeurs de l'analyse : les attentes des voyageurs comptent presque autant que les températures elles-mêmes. »
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