
par Natasha Lair
Dernière mise à jour: 12:45 PM ET, Tue June 9, 2026
WestJet s'oppose au nouveau programme de prêts aux compagnies aériennes annoncé par Ottawa, soutenant que le gouvernement fédéral devrait plutôt s'attaquer aux coûts structurels du secteur de l'aviation que d'offrir une aide financière aux transporteurs. Cette critique survient alors que d'autres compagnies aériennes canadiennes, dont Porter Airlines, Air Transat et Flair Airlines, ont signalé leur appui au programme fédéral annoncé lundi par le ministre des Finances François-Philippe Champagne, ou sont en train d'en évaluer les détails.
Selon CTV News, le gouvernement fédéral met jusqu'à 150 millions de dollars en prêts remboursables à la disposition des compagnies aériennes aux prises avec des coûts d'exploitation accrus en raison de la crise du carburant déclenchée par le conflit au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d'Ormuz.
Dans une déclaration fournie à CTV News, un porte-parole de WestJet a indiqué que la compagnie « s'oppose fermement » au programme. « Le gouvernement fait face à un choix : continuer avec des subventions coûteuses qui faussent le marché, ou bâtir un avenir durable pour l'aviation canadienne », a déclaré le porte-parole.
La compagnie a également évoqué les programmes d'aide gouvernementaux antérieurs, faisant valoir que les contribuables ont déjà encaissé des coûts importants liés aux aides de l'ère pandémique. « Nous avons déjà vu où ce chemin mène, a déclaré le porte-parole à CTV News. En 2025 seulement, les contribuables ont perdu environ 400 millions de dollars en prêts liés à la COVID-19 qui ont été remis à certaines compagnies aériennes par le gouvernement fédéral, les transformant de fait en subventions directes. » WestJet a ajouté que les fonds gouvernementaux pourraient être orientés vers d'autres priorités et a remis en question la capacité de certains transporteurs à rembourser les prêts. « Nous demandons au gouvernement de rompre avec ce cycle de charité corporative et de miser sur la stabilité à long terme en réglant enfin les problèmes de coûts fondamentaux qui freinent toute notre industrie », a ajouté le porte-parole.
Le gouvernement fédéral a défendu l'initiative, la décrivant comme une réponse ciblée à une conjoncture exceptionnelle sur le marché du carburant.
Dans des commentaires fournis à CTV News, John Fragos, attaché de presse du ministre Champagne, a indiqué que le programme a été élaboré à la suite de consultations avec les compagnies aériennes canadiennes et vise à fournir « un soutien en liquidités immédiat et ciblé » face à un « choc mondial sans précédent sur le prix du carburant ». « Bien que le soutien en question soit accordé en fonction des besoins et soit propre à la situation de chaque compagnie aérienne, il vise directement à stabiliser les besoins en capitaux des transporteurs canadiens et à garantir un accès continu à des liaisons aériennes abordables et diversifiées », a-t-il déclaré.
Bien que les prix du carburéacteur aient légèrement fléchi depuis leur sommet dans les semaines suivant la fermeture du détroit d'Ormuz, ils demeurent bien au-dessus des niveaux d'avant le conflit. La crise du carburant a déjà poussé plusieurs transporteurs canadiens à instaurer des suppléments temporaires, à ajuster leurs plans de capacité et à revoir leurs coûts d'exploitation.
Flair Airlines, Porter Airlines et Air Transat ont toutes accueilli favorablement l'offre d'aide du gouvernement, Porter et Air Transat indiquant qu'elles en examinent les détails. Le gouvernement fédéral a également suspendu temporairement la perception de la taxe d'accise sur le carburant aéronautique dans le cadre d'efforts plus larges pour alléger les pressions sur l'industrie.
Sujets de cet article à explorer