
par Bert Archer
Dernière mise à jour: 4:35 PM ET, Fri October 16, 2026
Les débats sur ce qui est ou n'est pas un cinq-étoiles finissent parfois par être déprimants, et à moins d'avoir un faible pour le prestige, savoir si un hôtel en est un n'indique pas forcément le plaisir qu'on y prendra.
L'un de mes hôtels préférés à Bangkok, ville réputée pour l'extraordinaire variété de ses somptueux cinq-étoiles et où le Mandarin d'origine est toujours en activité sur les rives du Chao Phraya après 150 ans, est un trois-étoiles, The Tivoli. Les chambres sont grandes, souvent avec une excellente vue sur l'animation de la rue, à Sathon, en contrebas. Le hall, pur style moderne du milieu du XXe siècle, n'a jamais été rénové, et surtout, la typographie est phénoménale et, pour autant que je puisse en juger, d'origine, donc de la même époque. Le tout pour 1 000 bahts la nuit (environ 38 $).
Ce n'est pas tant une question d'étoiles que de savoir si l'endroit a ce qu'on aime.

(Photo Credit: Bert Archer)
Quand on cherche des renseignements sur l'InterContinental de St. Julian's, à Malte, tout près de La Valette, on tombe vite sur des échanges pour savoir s'il mérite ses cinq étoiles.
Existe-t-il un sujet de conversation plus ennuyeux? Surtout quand il y a tant d'autres choses à dire sur cet hôtel absolument formidable.

La terrasse de l'étage club, au petit-déjeuner (Photo Credit: Bert Archer)
Construit de toute évidence à une époque plus ludique que la nôtre (2003, pour être précis), l'InterContinental réserve bien des surprises. Il y a ces escaliers extérieurs qui mènent d'un jardin secret à un bar inattendu, puis à de chouettes petits étangs, enjambés par des ponts et habités par des tortues enthousiastes. Il y a aussi ces balcons, dotés de barreaux de métal d'inspiration marine plutôt que de vitres pudiques, et tournés dans toutes les directions, vers l'intérieur et vers l'extérieur, à l'est, à l'ouest, au nord et au sud, dans ce bâtiment à mille facettes. Des esprits chagrins les jugeront désuets, et j'espère que la direction ne les écoutera pas quand viendra le temps de rafraîchir les lieux. On voit tout le monde sur son balcon, c'est vrai, et tout le monde nous voit, mais à moins de tenir mordicus à y être nu, ça finit par être plus social qu'indiscret. Des couples sirotent un café ou une bière et s'échangent de temps à autre un petit salut ou un sourire. Avec du verre fumé, on n'a pas ça.

Les balcons (Photo Credit: Bert Archer)
L'énorme cour du septième étage abrite une grande piscine, entourée de nombreuses aires de détente sur différentes terrasses, certaines au bord de l'eau, d'autres pas. Le centre de conditionnement physique, deux étages plus bas, est le plus grand que j'aie jamais vu dans un hôtel, avec ses quelque 2 000 m². Il est aussi ouvert au public, ou du moins aux abonnés, et il n'a rien, mais rien, de ces salles d'entraînement de bon goût, désertes et façon boutique que proposent d'ordinaire les cinq-étoiles.

La porte secrète (Photo Credit: Bert Archer)
Cela dit, ce que j'aime le plus de cet hôtel, c'est l'entrée secrète. Il y a bien sûr une grande entrée principale qui donne sur le hall. Mais pour exploiter l'emplacement du bâtiment et permettre aux clients de contourner le dédale de rues du centre de St. Julian's, une porte presque invisible, accessible en prenant l'ascenseur jusqu'au huitième étage (ne me demandez pas comment ça marche), débouche sur la rue, essentiellement de l'autre côté du cœur du quartier.
En parcourant ce gros morceau d'architecture, immense mais sympathique, on comprend ce que disent les commentateurs à propos des cinq étoiles. Les tapis sont usés, la peinture se fissure par endroits, et les installations semblent pour la plupart d'origine. Mais comme n'importe quel baby-boomer et un nombre croissant de membres de la génération X vous le diront, il n'y a rien de mal à montrer son âge. Veut-on vraiment que tout ait l'air d'avoir été construit il y a 18 mois?

Le quartier des boîtes de nuit de St. Julian's est à quelques pas (Photo Credit: Bert Archer)
Malte est un drôle d'endroit. C'est minuscule (316 km²), et on y a toujours construit les maisons et les autres bâtiments les uns sur les autres. C'est le style de l'île, un trait de sa culture, et contrairement à certains hôtels plus récents de St. Julian's (où Malte range essentiellement ses touristes pour pouvoir les mener en autocar à La Valette et ailleurs), l'InterContinental en est le reflet. C'est tout, partout, en même temps, avec ses étages qui se croisent à des endroits inattendus et ses balcons qui regardent dans toutes les directions. Peut-être à cause de cela, ou du genre de clientèle qu'attire ce type d'hôtel, l'étage club, habituellement assez tranquille dans la plupart des établissements qui en ont un, est un joyeux brouhaha, et il en vaut largement le prix: petit-déjeuner, thé de l'après-midi et généreux cocktails d'avant-souper sont compris et bien mis à profit, servis par un personnel extrêmement sympathique et accommodant, quoique parfois débordé.

Il y a aussi une autre piscine sur le toit (Photo Credit: Bert Archer)
J'ai séjourné dans des endroits aux surfaces de marbre plus luisantes, aux lustres plus impressionnants et aux cuillères à café mieux dessinées dans les chambres, mais je ne crois pas avoir autant aimé un hôtel que cet InterContinental depuis longtemps.
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