Tulum traverse une crise qui s'aggrave.
Selon Mexico News Daily, Volaris cessera de desservir l'aéroport de la ville le 7 janvier 2027, tandis qu'Aeroméxico a suspendu ses vols le 1er octobre, ce qu'elle présente comme une interruption temporaire. Les deux transporteurs invoquent les conditions du marché. Entre janvier et juin, l'aéroport a accueilli 471 500 passagers, soit 33,2 % de moins que les 705 400 de la même période en 2025. À la mi-septembre, l'occupation des hôtels était inférieure de 10 % à celle de l'an dernier, selon l'association hôtelière de Tulum citée par le quotidien El Economista, et elle restait sous les 20 % dans les hôtels en bord de mer et sous les 30 % dans les complexes tout inclus, ce qui pousse certains établissements à envisager de n'ouvrir qu'en haute saison.
Le recul n'est pas récent. Dès octobre 2025, le quotidien espagnol El País rapportait que l'occupation hôtelière avait chuté de plus de 10 % en septembre pour s'établir à peine à 50 % dans les 11 800 chambres de la ville. Le média états-unien Travel Noire écrivait de son côté, en novembre 2025, que l'été 2025 avait été l'une des pires saisons touristiques de Tulum en dix ans, avec une occupation moyenne d'environ 40 %, et de 15 % par endroits dans le centre-ville. Un conseiller municipal parlait même de la pire crise touristique de l'histoire de la ville.

L'aéroport de Tulum
Les causes sont nombreuses. Selon El País, Tulum a subi une arrivée record de sargasses, l'incertitude économique mondiale, la hausse des prix et le bouleversement des flux touristiques provoqué par le nouvel aéroport et le parc Jaguar, deux grands projets du gouvernement mexicain. Géré par la nouvelle société touristique de l'armée, ce parc a ajouté des droits à ceux déjà exigés pour le site archéologique, dont la fréquentation a elle aussi nettement fléchi, et il a restreint l'accès libre à certains hôtels, restaurants et plages.
Les prix rebutent également les visiteurs: El País cite un touriste de Mexicali qui a payé près de 110 $ pour un taxi entre l'aéroport et la ville, puis renoncé à une excursion à plus de 220 $ vers les ruines. Volaris invoque pour sa part la hausse des frais payés par les visiteurs étrangers, dont le droit de non-résident, qui passerait d'environ 74 $ à 102 $ l'an prochain si le Congrès adopte le budget de 2027, ainsi que la taxe d'utilisation de l'aéroport, aujourd'hui d'environ 22 $ par passager.
La sécurité pèse aussi dans la balance, d'après Travel Noire. Nubia Younge, fondatrice de Black in Tulum, un groupe qui rassemblait depuis cinq ans la communauté voyageuse noire, a annoncé sa fermeture en juillet 2025 en raison de menaces et d'extorsion de plus en plus fréquentes. Plusieurs voyageurs, dont des voyageurs noirs, disent avoir été victimes d'extorsion de la part de policiers. Mme Younge estime que Tulum a laissé filer des occasions en misant sur le luxe plutôt que sur la nature, la jungle et la culture maya, mais que la destination pourrait se redresser d'ici cinq ans si ses dirigeants s'attaquent aux problèmes de sécurité et investissent dans un tourisme responsable.
En octobre 2025, le maire, Diego Castañón, qui avait obtenu de quinze hôteliers qu'ils laissent les touristes accéder aux plages par leurs propriétés, affirmait que les visiteurs reviendraient dès novembre et décembre.
Les chiffres de 2026 indiquent que cette reprise n'a pas eu lieu.
Sujets de cet article à explorer