La crise à Cuba franchit un nouveau seuil, rapporte Le Devoir. Entre pénurie de pétrole, retrait des entreprises étrangères et nouvelles sanctions états-uniennes, l'île de 9,6 millions d'habitants s'enfonce dans ce que des experts qualifient de crise humanitaire sans précédent.
« C'est inédit pour Cuba et c'est surtout une situation provoquée par l'homme », affirme François Audet, professeur à l'UQAM et directeur général de l'Observatoire canadien sur les crises et l'action humanitaires. « Il y a vraiment une velléité rationnelle du gouvernement américain de faire souffrir la population cubaine. »
Pour William LeoGrande, professeur émérite de sciences politiques à l'American University à Washington, « il ne fait aucun doute que la crise humanitaire a commencé ». La stratégie de l'administration Trump consiste à « étrangler » et à « paralyser » l'économie cubaine, selon lui, sans certitude que cela entraînera un changement de régime.
Audet évoque une « fin de tourisme massif » qui représente « une rupture importante dans l'économie cubaine », une perte historique de devises étrangères et plusieurs milliers d'emplois disparus. « Quand on fait volontairement souffrir une population […] on est à la limite du crime », souligne-t-il.
La dernière aide canadienne remonte au 25 février, soit 8 millions de dollars en aide alimentaire.
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