Dernière mise à jour: 9:30 PM ET, Mon February 12, 2024
Dans un rapport accablant, la vérificatrice générale du Canada accuse plusieurs agences fédérales, dont l’Agence des services frontaliers, de « non-respect flagrant des pratiques élémentaires de gestion » entourant l’application ArriveCAN « de sa conception à sa mise en œuvre ».
Chargé de surveiller les activités du gouvernement fédéral, le Bureau du vérificateur général a rendu public son rapport sur l'explosion des coûts liés au développement de l'application ArriveCAN.
L'application mobile, mise en place au début de la pandémie de COVID-19 pour exercer un contrôle accru aux frontières, a coûté cher aux Canadiens : la version initiale, qui a coûté 80 000 $, a été mise à jour 177 fois, entraînant une facture qui s'élève maintenant à 59,5 millions de dollars… au moins.
Car parmi les huit conclusions de ce rapport de 33 pages, l’une des plus accablantes qui vise l’Agence des services frontaliers du Canada est le fait qu’il a été impossible
pour le Bureau du vérificateur général de déterminer le coût réel de l’application
.
Ainsi, 18 % des factures soumises par des entrepreneurs que nous avons vérifiées n’avaient pas été accompagnées d’une documentation à l’appui suffisante pour nous permettre de déterminer si les dépenses étaient liées à ArriveCAN ou à un autre projet de technologie de l’information
, peut-on lire dans le rapport. Il était donc impossible de déterminer précisément si les coûts avaient été attribués aux bons projets.
Selon l’Agence des services frontaliers du Canada, une somme de 12,2 millions de dollars comprise dans l’estimation de 59,5 millions de dollars pourrait ne pas être liée à ArriveCAN
.
Pour expliquer cette explosion des coûts, la vérificatrice générale pointe du doigt la dépendance continue
de l’Agence des services frontaliers du Canada aux ressources externes.
Nous avons estimé que le coût journalier moyen des ressources externes dans le cadre d’ArriveCAN était de 1090 dollars, tandis que le coût journalier moyen pour un poste équivalent dans le secteur des technologies de l’information au gouvernement du Canada était de 675 dollars. L’Agence des services frontaliers du Canada avait continué de recourir à des ressources externes, ce qui avait fait augmenter le coût de l’application.
Une citation deExtrait du rapport du Bureau du vérificateur général
Plus précisément, la vérificatrice générale critique l’Agence pour le non-respect des politiques, des contrôles et de la transparence dans le cadre du processus de passation de marchés
, ce qui a limité les possibilités de concurrence et nuit à l’optimisation des ressources
.
De façon plus générale, le rapport reproche à la fois à l’Agence des services frontaliers du Canada, à l’Agence de la santé publique du Canada et à Services publics et Approvisionnement Canada d'avoir omis, à plusieurs reprises, d’adopter de bonnes pratiques de gestion lors de la passation de marchés liés à l’application ArriveCAN et lors de la conception et de la mise en œuvre de l’application
.
d'après Radio-Canada et La Presse Canadienne
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