Cuba change en profondeur les règles de son industrie touristique. Entreprises privées et investisseurs étrangers pourront désormais s'installer dans une foule de créneaux: agences de voyages, location de véhicules, marinas, écotourisme, immobilier touristique.
Le cercle de ceux qui peuvent posséder, gérer et financer une entreprise touristique dans l'île s'élargit donc, ce qui rompt avec un modèle que l'État tenait jusqu'ici bien en main.
L'industrie pourrait à terme y gagner des fournisseurs locaux plus nombreux, des expériences aux mains d'exploitants privés et des produits inédits. Les entreprises étrangères qui lorgnent le marché cubain y voient aussi une porte qui s'entrouvre.
« Nous sommes très optimistes », se réjouit Gihana Galindo, directrice de l'Office de tourisme de Cuba à Toronto.
« Ces réformes historiques rendront notre industrie plus durable et plus résiliente. Nous élargissons la gestion privée, nous accueillons de nouveaux investissements étrangers et nous diversifions notre offre, de la petite agence de voyages jusqu'aux projets d'écotourisme et de marinas. Nos partenaires de l'industrie et les voyageurs du monde entier en profiteront: un service de meilleure qualité, des expériences authentiques plus variées, et une destination qui restera incontournable longtemps encore. »
Plus de joueurs autorisés à vendre et à exploiter
Le changement le plus lourd de conséquences touche à qui peut tenir une agence de voyages ou offrir des services touristiques à Cuba.
Coentreprises, sociétés à capitaux entièrement étrangers et entités non étatiques pourront dorénavant en ouvrir une. Des guides et des agents de vente privés certifiés viendront s'ajouter, ce qui donnerait aux voyagistes et aux conseillers étrangers un choix bien plus large de fournisseurs et d'expériences.
La location de véhicules sort elle aussi du giron de l'État: les entreprises étrangères et privées pourront s'y tailler une place.
Marinas et écotourisme
Cuba ouvre les marinas touristiques à la coentreprise et à la location, et allège la facture fiscale de ceux qui investiront en écotourisme et dans d'autres créneaux spécialisés.
De quoi multiplier les expériences privées et les produits de niche, alors que le pays cherche à s'affranchir des complexes hôteliers et des forfaits qui ont fait sa réputation.
Une banque d'affaires en ligne au service du tourisme, reliée aux réseaux internationaux, doit aussi voir le jour pour faciliter les transactions des partenaires étrangers.
Tout cela survient pendant que Cuba encaisse de sérieuses secousses économiques qui n'épargnent pas ses infrastructures touristiques.
Quand les voyageurs canadiens en verront-ils la couleur? Ça dépendra de la mise en application des règles et des investissements privés et étrangers qu'elles réussiront à attirer.
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