Plus de cinquante ans après sa mise en place, l’interdiction du vol supersonique au-dessus du territoire des États-Unis est sur le point d’être levée, à la suite d’un décret signé vendredi par le président Trump. Cette mesure, instaurée en 1973 principalement en raison des nuisances sonores causées par le « bang supersonique », avait freiné le développement de l’aviation commerciale rapide.
À l’époque, le Concorde symbolisait l’apogée du transport supersonique, reliant notamment Londres à Singapour jusqu’au début des années 2000. Mais le bruit généré lors du franchissement du mur du son avait suscité de nombreuses plaintes de la part des communautés survolées, menant à l’interdiction aujourd’hui remise en question.
Avec la levée de cette restriction, de jeunes entreprises comme Boom voient s’ouvrir de nouvelles perspectives. La société, qui a récemment testé avec succès son prototype XB-1 dans le désert de Mojave, affirme que les technologies actuelles permettent d’atteindre des vitesses supersoniques sans générer de bang audible au sol. « La levée de l’interdiction est une première étape vers un avenir où voyager vite et silencieusement devient possible », a déclaré Boom dans un communiqué. Selon le décret, la FAA (Federal Aviation Administration) devra abroger la limite de vitesse supersonique pour les appareils ne produisant pas de bang perceptible.
La NASA, de son côté, poursuit ses essais avec le projet Quesst et l’avion expérimental X-59, conçu pour produire des « thumps » sonores bien moins perturbateurs que les bangs traditionnels.
Le décret présidentiel va plus loin, en demandant à la FAA d’établir de nouvelles normes de certification acoustique pour les avions supersoniques, en tenant compte de l’acceptabilité sociale, de la viabilité économique et de la faisabilité technologique.
Parallèlement, d’autres mesures signées vendredi visent à assouplir la réglementation sur les drones — qui pourront désormais voler hors du champ de vision de leur opérateur — et à faciliter les essais de véhicules électriques à décollage et atterrissage verticaux (eVTOL). Plusieurs compagnies aériennes états-uniennes, dont United et Delta, misent sur ces taxis aériens pour relier rapidement les centres-villes aux aéroports.
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