
par Natasha Lair
Dernière mise à jour: 1:35 PM ET, Mon September 21, 2026
Le gouvernement fédéral rappelle aux Canadiens qui envisagent de voyager à l'étranger pour des soins médicaux de bien comprendre les risques potentiels, tant sur le plan de la santé que des finances, avant de réserver leur voyage.
Ottawa a récemment publié des directives à l'intention des Canadiens qui envisagent le tourisme médical, défini comme le fait de se rendre dans un autre pays pour y recevoir des soins. Cela peut inclure des interventions telles que la chirurgie esthétique, les traitements dentaires, les traitements de fertilité, la transplantation d'organes et de tissus, ainsi que d'autres services médicaux.
Dans une publication sur Facebook, le gouvernement du Canada a écrit qu'une intervention esthétique moins coûteuse à l'étranger peut sembler attrayante — mais il faut se demander ce qu'on ferait si les choses tournaient mal.
Ce rappel survient alors que certains Canadiens se tournent vers l'étranger pour accéder plus rapidement à des soins médicaux. Le Vancouver Sun rapportait récemment qu'environ 105 529 Canadiens avaient reçu des traitements médicaux non urgents à l'extérieur du pays l'an dernier, dont 25 698 résidents de la Colombie-Britannique, selon un sondage mené auprès de médecins par l'Institut Fraser.
Plusieurs Canadiens choisissent de payer de leur poche pour des soins privés au Mexique plutôt que de patienter sur de longues listes d'attente pour voir un spécialiste, selon ce rapport. Des exploitants d'entreprises de tourisme médical interrogés par le Vancouver Sun affirment avoir constaté un intérêt croissant de la part des Canadiens, particulièrement pour les interventions dentaires et orthopédiques.
L'industrie du voyage s'intéresse également à ce secteur.
Le 17 septembre, Emirates a annoncé un partenariat avec la Medical Tourism Association, qui fera du transporteur son compagnie aérienne privilégiée pour les voyageurs internationaux en quête de soins médicaux ou de bien-être. Les deux organisations prévoient cibler les principaux marchés du tourisme médical et concevoir des options de voyage adaptées aux besoins des patients, des fournisseurs de soins de santé et des assureurs, particulièrement en Afrique, en Asie et au Moyen-Orient.
Les Canadiens peuvent voyager à l'étranger pour accéder plus rapidement à des soins, obtenir des interventions non offertes au Canada ou réduire leurs coûts, mais le gouvernement fédéral avertit que les normes, la réglementation et les protections peuvent différer considérablement de celles en vigueur au pays.
L'assurance voyage pourrait ne pas couvrir les interventions planifiées
L'assurance figure parmi les principaux éléments à considérer pour les voyageurs.
Ottawa précise que les régimes provinciaux ou territoriaux d'assurance maladie pourraient ne pas couvrir les frais médicaux engagés à l'étranger, et que la plupart des polices d'assurance voyage ne couvrent pas les interventions médicales planifiées dans un autre pays.
Les voyageurs pourraient aussi devoir assumer des frais considérables en cas de complications pendant ou après le traitement.
« Les complications médicales découlant d'une intervention effectuée à l'étranger pourraient ne pas être couvertes par votre régime provincial ou territorial d'assurance maladie », précise l'avis.
Le Canada recommande aux voyageurs de s'assurer d'avoir une couverture d'assurance adéquate avant leur départ, incluant une protection contre les complications éventuelles et l'évacuation médicale.
Les voyageurs devraient aussi réfléchir à ce qui se passerait s'ils avaient besoin de soins supplémentaires à leur retour au pays.
Les normes peuvent différer à l'étranger
Le Canada met en garde contre les variations, d'un pays à l'autre, des normes et de la réglementation en matière de soins de santé.
Les hôpitaux et les cliniques peuvent être soumis à des exigences d'accréditation différentes, tandis que les professionnels de la santé peuvent répondre à des normes d'agrément distinctes de celles en vigueur au Canada.
Le gouvernement recommande de se renseigner à la fois sur l'établissement et sur le professionnel de la santé avant d'accepter un traitement, notamment en vérifiant leurs qualifications et leur accréditation.
Les barrières linguistiques peuvent aussi compliquer les échanges concernant les interventions, l'obtention d'un consentement éclairé ou la compréhension des consignes de rétablissement et de suivi.
Il est conseillé aux voyageurs de demander des copies de leur dossier médical, idéalement en anglais ou en français, incluant les détails des interventions, des médicaments et des traitements reçus.
Risques d'infection et de médication
Le risque d'infection constitue une autre préoccupation.
Le gouvernement avertit que les normes de prévention et de contrôle des infections peuvent différer de celles en vigueur au Canada, ce qui pourrait accroître l'exposition à des bactéries résistantes aux antibiotiques et à d'autres infections.
Les réserves de sang peuvent aussi faire l'objet d'un dépistage différent, tandis que les médicaments achetés à l'étranger pourraient être contrefaits, contaminés, périmés, ou encore contenir des ingrédients ou des concentrations différentes de ce qui est attendu.
Les voyageurs devraient consulter un professionnel de la santé canadien avant leur départ et, idéalement, prévoir une consultation santé pré-voyage au moins six semaines avant le départ.
Prendre l'avion après une chirurgie peut comporter des risques supplémentaires
Le retour au pays exige également une bonne planification.
Le Canada avertit que prendre l'avion trop tôt après une chirurgie peut accroître le risque de complications, y compris la formation de caillots sanguins.
Les voyageurs devraient discuter avec leur médecin traitant du délai à respecter avant de prendre l'avion, et s'assurer d'avoir suffisamment de temps pour récupérer avant leur retour prévu au Canada.
Selon l'intervention, les compagnies aériennes peuvent également avoir des exigences déterminant si un passager est médicalement apte à voyager.
La prudence est de mise avec les forfaits de tourisme médical
Certaines entreprises proposent des forfaits combinant traitements médicaux, hébergement, transport ou expériences de vacances.
Le Canada conseille aux voyageurs de bien se renseigner sur les entreprises et de se méfier des techniques de vente à haute pression, des prix anormalement bas et des affirmations selon lesquelles une intervention comporte peu ou pas de risques.
Le gouvernement recommande également d'obtenir une entente écrite précisant exactement ce qui est inclus dans le prix : traitement, médicaments, séjours hospitaliers et soins de suivi.
Les voyageurs devraient discuter de leurs projets avec un professionnel de la santé canadien avant de prendre une décision, et prévoir les soins de suivi nécessaires à leur retour au pays.
Pour les conseillers en voyages, ces directives constituent un rappel important : le voyage d'un client peut comporter des considérations qui vont au-delà des vols et de l'hébergement lorsque des soins médicaux font partie de l'itinéraire.
Les voyageurs qui envisagent de recevoir des soins médicaux à l'étranger peuvent consulter les directives complètes du gouvernement du Canada sur le tourisme médical avant leur départ.
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