
par Laurie Baratti
Dernière mise à jour: 8:05 AM ET, Wed June 18, 2025
Alors que la saison estivale bat son plein, des habitants de destinations prisées en Europe, comme l’Espagne, le Portugal et l’Italie, expriment leur ras-le-bol face à un tourisme qu’ils jugent incontrôlable.
Ce week-end, des résidents de Barcelone et de Majorque sont descendus dans la rue avec des pancartes et des pistolets à eau. D’autres rassemblements ont eu lieu à Lisbonne, Venise et dans plusieurs villes du sud de l’Europe.
En Espagne, des manifestants arboraient des messages tels que « Tourists Go Home » et « Un touriste de plus, un résident de moins », réclamant une meilleure gestion de l’afflux touristique. Certains ont arrosé des visiteurs avec des pistolets à eau, un geste voulu symbolique et sans danger.
« Barcelone a été livrée aux touristes. C’est un combat pour la rendre à ses habitants », a déclaré Andreu Martínez à l’Associated Press. Selon lui, son loyer a bondi de plus de 30 % en raison de la conversion des logements en locations de courte durée. « Notre vie de résidents de toujours prend fin. On nous chasse systématiquement », a-t-il ajouté. Il déplore aussi la disparition des commerces de quartier au profit de boutiques de souvenirs, de stands de bubble tea et de chaînes de restauration rapide.
Le gouvernement espagnol tente de réagir : en mai, il a demandé à Airbnb de retirer environ 66 000 annonces non conformes. Airbnb s’est défendu. « Nos politiciens ont trouvé un bouc émissaire facile pour masquer les lacunes de leurs politiques en matière de logement et de tourisme depuis 10, 15 ou 20 ans », a répliqué Jaime Rodríguez de Santiago, directeur général pour l’Espagne et le Portugal.
Barcelone prévoit aussi d’interdire les locations touristiques de courte durée d’ici 2028, bien que celles-ci ne concernent qu’environ 10 000 des 850 000 logements de la ville.
Ailleurs en Europe, Venise a instauré un droit d’entrée pour les visiteurs d’un jour lors des pics d’achalandage. La Grèce envisage une taxe d’environ 30 dollars pour les croisiéristes à Santorin et Mykonos. À Athènes, l’accès à l’Acropole est désormais régulé par des billets horodatés.
Le World Travel & Tourism Council (WTTC) a défendu l’industrie, soulignant que le tourisme génère des emplois et des revenus qui profitent aux communautés. L’organisation appelle les gouvernements à réinvestir ces ressources dans des infrastructures locales et à promouvoir un tourisme responsable.
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