
par Bert Archer
Dernière mise à jour: 11:15 AM ET, Tue January 28, 2025
Connaissez-vous l’effet « curb-cut » ? Cela désigne un effet levier ou un effet multiplicateur des adaptations universelles. Cela illustre comment l’amélioration de l’accessibilité pour un groupe profite généralement à toute la population.
Par exemple, une bordure de trottoir abaissée facilite non seulement le déplacement des personnes en fauteuil roulant, mais aide aussi les parents avec des poussettes, les livreurs avec leurs chariots ou même quelqu’un qui a exagéré à la salle d’entraînement la veille.
Cette idée a été explorée lors du Sommet IMM Travmedia 2025 à New York 23-25 janvier, un événement réunissant les médias touristiques, les hôteliers, les voyagistes et les organisations de marketing de destination (OMD), auquel assistait notre correspondante canadienne Jen Mallia.
Le panel sur le tourisme accessible, composé de défenseurs des droits des personnes en situation de handicap, a mis en avant une réalité simple : rendre le voyage plus accessible l’améliore pour tout le monde.
Prenons l’exemple d’une personne souffrant de maux de dos ou ayant un genou fragile. Elle peut ne pas se considérer comme « handicapée », mais elle profitera indéniablement de circuits touristiques adaptés aux problèmes de mobilité.
Une question de chiffres
Kristy Durso, propriétaire d’Incredible Memories Travel, ambassadrice de TravelAbility et fondatrice de l’Accessible Travel Network, a souligné l’impact économique du tourisme accessible. Elle a expliqué que les voyageurs en situation de handicap, comme elle, dépensent 30 % de plus en voyage et voyagent souvent en groupes plus nombreux que la moyenne. « Selon Mme Durso, les touriste handicapé ont dépensé 58,7 milliards de dollars en voyages accessibles entre 2018 et 2019. « Quelle est votre part du gâteau ? Est-ce que vous nous ciblez ? Cherchez-vous activement à obtenir ces 30 % supplémentaires ? »
Stephanie Rodriguez, militante pour les droits des personnes handicapées et au parcours exceptionnel, est Changemaker pour TheGlobalFund.org, membre du Conseil des femmes en sécurité de l’OSAC.gov, entrepreneuse en série, paraescrimeuse pour l’Australie et double amputée. Elle a insisté sur l’importance d’apprendre à demander les besoins des voyageurs avec tact et respect. « Demander “Que pouvons-nous faire pour rendre votre séjour plus confortable et plus sûr ?” est un excellent point de départ », a-t-elle expliqué.
Des ressources pour le voyage accessible
Jake Steinman, fondateur et PDG de TravelAbility, qui animait le panel, a comparé les voyageurs en situation de handicap à des détectives, contraints de vérifier minutieusement si une destination ou un circuit peut répondre à leurs besoins.
Les conseillers en voyage peuvent grandement simplifier cette recherche. Leurs clients connaissent peut-être déjà la fonction d’accessibilité sur Google Maps, mais sinon, ils peuvent les aider à l’activer. Cette option, une initiative de Sasha Blair-Goldensohn, responsable de l’accessibilité chez Google Maps, indique si plus de 55 millions de lieux dans le monde sont accessibles en fauteuil roulant, disposent de stationnements adaptés ou de toilettes accessibles.
« Normalement, je veux fournir des informations pour trouver facilement du bon vin ou de bons dumplings », a déclaré Blair-Goldensohn, « mais si vous ne pouvez pas franchir la porte et trouver un établissement avec une entrée et des toilettes accessibles, le reste n’a pas vraiment d’importance. »
Un tourisme pour tous
En conclusion, le panel a réitéré que l’objectif est de rendre le voyage inclusif pour tous. « Continuez à nous intégrer dans vos espaces », a déclaré Durso. « Au lieu de créer un espace séparé pour nous, intégrez-nous dans vos espaces et réfléchissez à la façon de nous inclure. »
Rodriguez partage cette vision. « Il s’agit vraiment de changer les préjugés et d’accepter que nous sommes des personnes ayant exactement les mêmes besoins », a-t-elle souligné. « Nous voulons tous séjourner dans de beaux endroits, voir le monde, vivre des aventures, aimer, vivre notre vie et célébrer. Que cela devienne “la norme” plutôt que “l’exception”, c’est pour moi le tout premier pas. »
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