
par Laurie Baratti
Dernière mise à jour: 8:05 AM ET, Tue January 27, 2026
Les voyageurs à destination du Moyen-Orient ou en transit dans la région font face cette semaine à une incertitude croissante, alors que plusieurs grandes compagnies aériennes internationales suspendent ou ajustent leurs services en raison de la montée des tensions géopolitiques et de nouvelles consignes de sécurité.
Ces perturbations surviennent dans un contexte de rapports faisant état d’une activité militaire accrue dans le golfe Persique et d’un durcissement du ton entre les États-Unis et l’Iran. Selon des responsables de l’aviation et des communiqués de compagnies aériennes, les mesures se veulent surtout préventives, tout en touchant déjà des liaisons clés vers le Golfe et les pays avoisinants.
Pourquoi les compagnies modifient leurs itinéraires
Les évaluations des risques aéronautiques se sont intensifiées après que le président Donald Trump a confirmé le déploiement vers la région d’une « importante flottille », menée par le groupe aéronaval de l’USS Abraham Lincoln. Le magazine Conde Nast Traveller souligne que ce type d’escalade militaire entraîne souvent une vigilance accrue de la part des compagnies aériennes, notamment en raison du risque de confusion avec des appareils civils dans des zones de défense régionales.
Quelles compagnies sont touchées
Plusieurs transporteurs majeurs en Europe, en Amérique du Nord et en Asie ont procédé à des ajustements opérationnels.
Aux États-Unis, United Airlines ont toutes deux interrompu leurs vols vers Israël jusqu’à nouvel ordre.
KLM a suspendu tous ses vols vers Tel-Aviv, Dubaï, Dammam et Riyad et évite complètement les espaces aériens de l’Iran, de l’Irak et d’Israël.

Haïfa, depuis le mont Carmel (Photo Credit: Bert Archer)
Lufthansa, Swiss International Air Lines et Austrian Airlines ont cessé les services de nuit vers Tel-Aviv et Amman, limitant leurs vols aux heures diurnes et annulant les liaisons vers Téhéran au moins jusqu’à la fin mars.
Air France a interrompu brièvement certaines liaisons la semaine dernière, dont Paris–Dubaï, avant de les reprendre tout en continuant de suivre la situation.
British Airways a temporairement suspendu ses vols de nuit vers Dubaï et avait auparavant interrompu ses vols vers Bahreïn, où est basée la Cinquième flotte de la marine états-unienne, avant de reprendre le service.
Air Canada a maintenu ses vols.
Les transporteurs à bas prix sont également touchés. La compagnie britannique Wizz Air effectue désormais des escales techniques de ravitaillement à Chypre ou en Grèce pour certains vols vers l’ouest au départ de Dubaï et d’Abou Dhabi, en raison des restrictions d’espace aérien. IndiGo, la plus importante compagnie à bas prix de l’Inde, a suspendu ses vols vers et depuis Almaty, Bakou, Tachkent et Tbilissi, évoquant des préoccupations de sécurité liées à l’espace aérien iranien.
Qu’en est-il des compagnies régionales
Des acteurs régionaux majeurs comme Emirates et Qatar Airways poursuivent leurs opérations, mais plusieurs de leurs vols empruntent des itinéraires plus longs afin d’éviter les zones restreintes, ce qui ajoute entre 30 et 90 minutes aux temps de parcours. La compagnie à bas prix Flydubai a annulé plusieurs liaisons vers des villes iraniennes, dont Téhéran, Machhad et Chiraz.
Quelles destinations sont les plus touchées
Les perturbations affectent surtout de grands pôles régionaux et des corridors de transit :
Tel-Aviv : suspensions généralisées par les compagnies occidentales
Dubaï et Abou Dhabi : suspensions ciblées en soirée et allongement des durées de vol
Riyad et Dammam : annulations ciblées par des transporteurs européens
Amman : vols limités aux heures diurnes par le groupe Lufthansa
Inde : risque d’annulations en raison de routes aériennes bloquées
Espaces aériens iranien et irakien : désormais évités par de nombreuses compagnies occidentales
Les avis des autorités réglementaires
Les autorités de réglementation jouent également un rôle déterminant dans les décisions des compagnies aériennes. L’Agence de la sécurité aérienne de l’Union européenne (EASA) a récemment publié un bulletin d’information sur les zones de conflit recommandant d’éviter complètement l’espace aérien iranien, en raison d’une « probabilité accrue de méprise » en cas d’intensification des activités militaires.
Ce que cela signifie pour les voyageurs
Pour les passagers, les effets se font déjà sentir. Certains vols comportent désormais des escales imprévues pour le ravitaillement, en particulier chez les transporteurs à bas prix. D’autres sont limités à des départs de jour, notamment vers des destinations comme la Jordanie et Israël. Même les vols maintenus peuvent afficher des durées plus longues en raison des détours imposés.
La plupart des compagnies proposent des remboursements ou des options de modification flexibles, bien que les politiques varient considérablement. Les voyageurs en correspondance dans de grands hubs comme Dubaï ou Riyad sont invités à surveiller de près les horaires et à prévoir davantage de temps en cas de retard.
Combien de temps ces perturbations pourraient-elles durer
La durée de ces perturbations demeure incertaine. L’avis de l’EASA est en vigueur jusqu’à la mi-février 2026, et plusieurs compagnies laissent entendre que les ajustements pourraient se prolonger jusqu’au printemps, selon l’évolution de la présence militaire dans la région et l’état des tensions.
Édition : Bert Archer
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