Les transporteurs aériens et les aéroports d'Europe pressent la Commission européenne de suspendre le système d'entrée/de sortie de l'espace Schengen (EES), lancé récemment, qui sème des retards généralisés en pleine haute saison estivale.
Dans une lettre adressée mercredi à la présidente Ursula von der Leyen, l'organisation Airports Council International (ACI) Europe, qui représente les aéroports du continent, tire de nouveau la sonnette d'alarme : l'industrie « a atteint un point critique », prévient-elle.
Partout en Europe, les voyageurs s'entassent dans de longues files « parce que les postes frontaliers n'arrivent pas à traiter les passagers à l'arrivée assez rapidement », font valoir les signataires. « À la fermeture des portes, les transporteurs voient partir des avions à moitié vides pendant que leurs passagers font toujours la file aux contrôles frontaliers. »
« La mise en œuvre actuelle de l'EES entraîne de graves conséquences opérationnelles : elle perturbe les passagers et soumet les autorités frontalières, les aéroports et les transporteurs à une pression intenable, écrivent les regroupements de l'industrie. Nous demandons donc votre intervention immédiate avant que la situation ne se détériore davantage pendant la haute saison estivale. »
La lettre prévient aussi que les files interminables et les retards qui en découlent commencent à ternir la réputation de l'Europe, réputée jusqu'ici comme une destination efficace et facile à parcourir.
« Au-delà des conséquences opérationnelles immédiates, la réputation de l'Union européenne et la confiance envers son cadre réglementaire sont également en jeu, lit-on dans la lettre. L'Europe doit demeurer une destination non seulement sûre, mais aussi efficace, accueillante et concurrentielle. Déjà, certains voyageurs internationaux songeraient à renoncer à un séjour en Europe devant la perspective de délais frontaliers excessifs. La réputation de l'Europe s'en trouve minée, à commencer par son tourisme et ses liaisons aériennes. »
ACI Europe réclame sans délai « la latitude nécessaire pour suspendre complètement l'EES, à titre préventif, chaque fois que le volume de passagers dépasse la capacité opérationnelle des postes frontaliers, à tout le moins pendant les mois de juillet et d'août ».
L'organisation souhaite aussi collaborer avec les États membres pour « instaurer d'ici septembre un mécanisme permanent de souplesse opérationnelle qui permettrait aux autorités frontalières de suspendre les procédures de l'EES dans des circonstances exceptionnelles clairement définies, afin d'assurer une gestion des frontières efficace et au service des passagers ».
« Nous appuyons pleinement les objectifs du système d'entrée/de sortie. La sécurité et la gestion efficace des frontières sont des objectifs complémentaires, et non concurrents, affirme ACI Europe. Pour atteindre les deux, il faut reconnaître les réalités opérationnelles et y répondre avec pragmatisme, au moyen d'un plan de déploiement qui en tient compte et s'y adapte. »
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