
par Natasha Lair
Dernière mise à jour: 1:50 PM ET, Thu October 2, 2025
Le 30 septembre a marqué la Journée nationale de la vérité et de la réconciliation au Canada — une journée pour honorer les survivants des pensionnats, se souvenir des enfants disparus et reconnaître les répercussions toujours présentes.
Pour les voyageurs, c’était aussi l’occasion de comprendre que la réconciliation ne se limite pas à une démarche nationale, mais constitue également une démarche personnelle, où le tourisme peut jouer un rôle significatif.
Partout au pays, des entreprises touristiques autochtones ont créé des espaces de vérité, de partage et de guérison.
Qu’il s’agisse de lieux marqués par les pensionnats ou de centres culturels dynamiques, ces expériences ont invité les visiteurs à affronter des vérités difficiles, constater la résilience et soutenir les communautés autochtones.
Expériences à travers le Canada
Québec – Onhwa’ Lumina, Wendake
Des parcours immersifs et des expériences au bord de la rivière Akiawenrahk ont mis en valeur traditions, histoire et culture des Premières Nations.
Ontario – Wikwemikong Tourism, île Manitoulin
Des guides ont transmis des perspectives anichinabées sur le système des pensionnats, enrichies d’enseignements sur l’histoire précoloniale et les traditions vivantes.
Manitoba – Musée national des pensionnats autochtones du Canada, Portage la Prairie
Situé dans un ancien pensionnat, ce musée a préservé la mémoire tout en favorisant le dialogue et l’éducation. Des survivants comme la directrice générale Lorraine Daniels ont continué d’y œuvrer.
Colombie-Britannique – St. Eugene Resort, Cranbrook
Ancien pensionnat, le site a été transformé par la Nation Ktunaxa. Les visiteurs ont pu y séjourner, jouer au golf et découvrir la vision de la Nation pour redonner sens et fierté à ce lieu.
Yukon – Centre d’apprentissage de la Première Nation Carcross/Tagish
On y a découvert sentiers, ateliers d’artisans et activités culturelles ancrées dans les traditions tlingit et tagish.
Canada atlantique – Parc patrimonial Metepenagiag, Nouveau-Brunswick
Surnommé « le village de 30 siècles », ce site a célébré l’histoire et la culture mi’kmaq à travers expositions, visites guidées et pow-wow.
Demande croissante
Le tourisme autochtone occupe une place de plus en plus reconnue dans l’économie touristique canadienne.
En Alberta, il a contribué pour 133,2 millions de dollars au PIB en 2024, avec près de 3 900 emplois créés. En 2023, des entrepreneurs autochtones ont généré 566 millions de dollars en revenus touristiques.
« Le tourisme est la plus importante exportation de services en Alberta et la quatrième industrie d’exportation, mais c’est surtout un moyen puissant d’apprendre, de se connecter et de réfléchir », a affirmé Chelsey Quirk, PDG de Indigenous Tourism Alberta.
À l’échelle nationale, l’Association touristique autochtone du Canada (ATAC) a lancé son plan opérationnel 2025-2026, soutenu par un financement social de 35 millions de dollars par année. L’ATAC représente plus de 1 300 membres et appuie des entreprises touristiques dirigées par des Autochtones à travers le pays.
« Ce nouveau financement a marqué une étape importante et reflète à la fois la résilience de l’industrie et la demande croissante pour des expériences autochtones au Canada », a déclaré Keith Henry, président-directeur général de l’ATAC.
L’objectif de l’ATAC d’ici 2030 est de porter le secteur à 2 700 entreprises, 60 000 emplois et une contribution annuelle de 6 milliards de dollars au PIB national.
Voyager de façon responsable et respectueuse
Participer au tourisme autochtone ne s’est pas résumé à réserver une activité, mais à la manière dont chacun s’y est engagé.
Quelques principes pour les voyageurs non autochtones :
– Écouter d’abord, avec humilité et ouverture.
– Reconnaître la vérité et honorer les survivants.
– Privilégier les entreprises autochtones.
– Respecter les protocoles : demander avant de photographier, d’enregistrer ou de prendre part à des cérémonies.
– Acheter de façon éclairée, en soutenant l’artisanat, l’alimentation et l’art locaux.
– Continuer à apprendre après le voyage, en lisant des auteurs autochtones, en suivant des médias autochtones et en partageant ces connaissances.
Ces expériences ont rappelé que la réconciliation n’était pas un geste ponctuel ni une date au calendrier, mais un cheminement collectif et continu.
Rédigé par Bert Archer
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