
par Natasha Lair
Dernière mise à jour: 3:50 PM ET, Tue September 22, 2026
Il est tout à fait approprié d'entendre le vice-premier ministre et ministre du Tourisme de Sainte-Lucie, le Dr Ernest Hilaire, parler de la chaleur de son pays.
Car pour quiconque a déjà échangé avec lui, cette chaleur est difficile à ne pas remarquer.
Hilaire est chaleureux, prompt à rire et semble prendre plaisir à répondre à tout ce qu'on lui présente. On n'a jamais l'impression qu'une question doive s'inscrire parfaitement dans un argumentaire touristique préétabli. On lui parle de capacité aérienne, et il répond avec des chiffres précis. On lui demande ce qui lui manque de son pays, et la conversation glisse aisément vers les gens qu'il croise chaque matin dans la rue.
On lui parle des Canadiens, et il a beaucoup à dire à ce sujet.
Hilaire se trouve à Toronto dans le cadre du Canada Winter Showcase de Sainte-Lucie, un programme d'une semaine se déroulant du 20 au 27 septembre, qui comprend des rencontres avec des transporteurs aériens, des voyagistes, des partenaires de l'industrie du voyage, des médias et des membres de la diaspora saint-lucienne.
Le moment choisi n'est pas anodin.
Les arrivées canadiennes à Sainte-Lucie ont atteint 23 908 personnes jusqu'à la fin de juillet, en hausse de 20,3 pour cent par rapport à l'année précédente. Le seul mois de juillet a d'ailleurs enregistré 2 067 arrivées canadiennes, une augmentation de 4,3 pour cent. La capacité aérienne devrait aussi connaître une hausse considérable cet hiver.
Mais pour Hilaire, la relation avec le Canada dépasse largement les sièges disponibles et les chiffres d'arrivées.
« Je crois que Sainte-Lucie et le Canada ont une affinité naturelle », affirme-t-il.
Il décrit les Canadiens comme des voyageurs avertis, soucieux de durabilité, de culture et de patrimoine, et moins portés à passer des vacances entières allongés sur une plage.
Cela correspond particulièrement bien, selon lui, à la Sainte-Lucie qu'il souhaite faire découvrir aux visiteurs.
Hilaire a aussi mentionné le contexte géopolitique actuel comme l'un des facteurs qui influencent les habitudes de voyage des Canadiens : ces derniers se tournent vers de nouvelles destinations et de nouvelles occasions, précise-t-il, dans un contexte de changements ailleurs dans la région et à l'échelle internationale.
Il existe toutefois aussi un lien beaucoup plus ancien entre les deux pays.
Hilaire parle avec enthousiasme du patrimoine français et créole de Sainte-Lucie, et des similitudes qu'il perçoit avec le Canada, en particulier le Québec. Le code civil de Sainte-Lucie a des racines françaises, précise-t-il, tandis que l'influence française se retrouve partout dans les noms de lieux, la cuisine, la musique et les célébrations culturelles de l'île.
Il existe aussi des liens dont bon nombre de Canadiens n'ont probablement jamais entendu parler.
Hilaire a rappelé le rôle historique des banques canadiennes à Sainte-Lucie, ainsi que la morue salée de la Nouvelle-Écosse devenue un élément du plat national de l'île. Même son école secondaire, Castries Comprehensive, a été construite avec l'aide du Canada, précise-t-il, arborant un uniforme aux couleurs rouge et blanc.
« Nous avons cette relation historique que nous pouvons encore renforcer », affirme-t-il. « Le Canada a toujours été un très bon ami pour nous. »
Plus qu'une simple destination
Ce que Hilaire souhaite maintenant faire découvrir aux Canadiens n'est pas nécessairement un autre complexe hôtelier.
Sainte-Lucie est depuis longtemps associée à la romance, au luxe, aux plages et aux Pitons. Hilaire ne veut rien perdre de tout cela, mais il souhaite que les voyageurs, tout comme les conseillers qui vendent la destination, regardent plus loin.
« Personnellement, je souhaite qu'on mise davantage sur le tourisme culturel et patrimonial », affirme-t-il.
Octobre, par exemple, est le Mois du patrimoine créole, qui culmine avec la Jounen Kwéyòl. Le calendrier culturel de l'île comprend aussi des festivals floraux traditionnels, le Carnaval et le Saint Lucia Jazz & Arts Festival.
On observe également un nombre croissant d'expériences conçues pour amener les visiteurs au cœur des communautés.
Sainte-Lucie a mis sur pied une agence de tourisme communautaire et adopté une loi sur le tourisme communautaire, dans le but de donner à un plus grand nombre de Saint-Luciens une participation directe à l'économie touristique.
Cette distinction compte beaucoup pour Hilaire.
« Nous voulons que, lorsque vous quittez Sainte-Lucie, vous puissiez dire non seulement que c'est magnifique, mais surtout que vous avez créé un lien avec cet endroit », affirme-t-il.
Cela se traduit par des sentiers de randonnée, des excursions en VTT, des fritures de poisson communautaires, des événements culturels, des débits de rhum et des hébergements et expériences gérés localement — où, selon lui, une plus grande part de l'argent des visiteurs peut demeurer directement entre les mains des Saint-Luciens.
L'île a aussi récemment inauguré son premier parc de sculptures sous-marines, qui compte 200 sculptures réparties dans cinq galeries, conçues pour raconter l'histoire, la culture et le patrimoine de Sainte-Lucie, tout en créant de nouveaux habitats marins.
« Une fois le projet mené à terme, on voit vraiment les Saint-Luciens ordinaires en profiter plus que jamais », affirme Hilaire au sujet de cette démarche plus large en matière de tourisme communautaire.
Pour les conseillers en voyages, cela pourrait signifier revoir le profil de client qu'ils associent habituellement à Sainte-Lucie.
Le marché canadien n'est pas dominé par le segment romantique de la même façon que certains autres marchés, précise Hilaire. Il y voit plutôt une occasion auprès des voyageurs en quête d'expériences, en particulier ceux qui s'intéressent à la culture, au patrimoine, à la gastronomie et à une compréhension plus approfondie de la destination.
« Nous célébrons la vie »
C'est toutefois lorsque la conversation s'éloigne de la stratégie touristique que Hilaire fait peut-être le meilleur plaidoyer en faveur d'une visite.
Lorsqu'on lui demande ce qui lui manque le plus de Sainte-Lucie lorsqu'il est loin de chez lui, sa réponse n'est ni les Pitons, ni les plages, ni même le climat.
Ce sont les gens.
Il parle de se réveiller, d'aller au travail et d'échanger des salutations avec les gens dans la rue. D'inconnus qui sourient et qui saluent.
« On n'entraîne pas nos gens à sourire », dit-il. « On ne vit pas simplement pour vivre... on célèbre la vie. »
Quelques minutes plus tard, on lui demande ce qu'il y a, à Sainte-Lucie, qui ne peut vraiment s'expliquer avant d'être vécu.
Il revient aux mêmes mots.
« Nous célébrons la vie. »
À Sainte-Lucie, explique-t-il, les visiteurs peuvent découvrir un rapport différent au temps, où prendre une pause, savourer un verre un vendredi après-midi ou simplement profiter du moment présent n'est jamais considéré comme du temps perdu.
Son conseil à une personne qui visite l'île pour la première fois reflète cette philosophie.
« N'essayez pas d'en faire trop. Ne précipitez pas vos vacances... laissez-vous plutôt porter. »
On demande à Hilaire quel serait le seul endroit où il amènerait une personne visitant l'île pour la première fois, et, peut-être sans surprise, il ne parvient pas à n'en choisir qu'un seul.
Il y a Gros Islet et sa célèbre fête de rue du vendredi soir. Anse La Raye propose quant à elle une expérience de fruits de mer un peu plus tranquille.
Puis il y a Soufrière.
« Il faut absolument aller prendre un bain de boue », dit-il à propos des Sulphur Springs, avant de décrire l'expérience d'approcher Soufrière depuis la mer et de voir les Pitons s'élever au-dessus de la ville.
Le but, encore une fois, n'est pas simplement de voir Sainte-Lucie.
C'est d'y participer pleinement.
Lorsqu'on lui demande ce qu'il aimerait que les visiteurs fassent davantage, Hilaire n'hésite pas : passer du temps dans les communautés et comprendre les gens qui y vivent.
« Oui, ce sont des vacances », dit-il. « Mais nous voulons que vous compreniez le paysage, que vous compreniez qui nous sommes, et que vous tentiez de faire partie de notre paysage, le temps de votre séjour. »
Pourquoi le Canada, pourquoi maintenant?
Pendant son séjour à Toronto, Hilaire rencontre des transporteurs aériens pour discuter des services à venir, y compris des occasions entourant le Saint Lucia Jazz & Arts Festival en mai et le Carnaval en juillet. Il rencontre aussi des voyagistes pour les encourager à inclure davantage d'expériences communautaires dans l'offre qu'ils proposent pour Sainte-Lucie.
La capacité aérienne canadienne augmentera considérablement cet hiver. Air Canada prévoit faire passer sa fréquence de vols entre Toronto et Sainte-Lucie à cinq fois par semaine, de décembre à mars, tandis que WestJet en offrira quatre par semaine.
Hilaire estime que la demande et la capacité s'alimentent mutuellement.
« Il existe une forte demande organique pour Sainte-Lucie », affirme-t-il, ajoutant que la destination a aussi pris la décision délibérée d'investir davantage dans le marché canadien.
Les visiteurs canadiens séjournent aussi plus longtemps. Selon Hilaire, la durée moyenne d'un séjour canadien est d'environ 10,5 jours.
Lorsqu'on lui demande ce qu'il dira aux Saint-Luciens à propos des Canadiens à son retour au pays, Hilaire répond qu'il leur dira que les Canadiens portent un intérêt profond envers le pays.
« Ils veulent en avoir pour leur argent. Ils veulent un bon service, mais ils veulent aussi un lien plus profond », dit-il. « Ils veulent voyager avec un but. »
Pour Hilaire, cela représente à la fois une occasion et une responsabilité.
« Nous ne voulons pas être perçus comme un simple terrain de jeu », dit-il. « Nous voulons être une destination qui a du sens, qui a une identité. »
Après avoir passé la meilleure partie d'une demi-heure à discuter avec lui, il devient évident que cette distinction lui tient profondément à cœur.
Hilaire peut parler de l'augmentation de la capacité aérienne, de la hausse des arrivées et du développement touristique. Mais, encore et toujours, la conversation revient aux gens : des Saint-Luciens propriétaires de leur entreprise, qui accueillent des visiteurs dans leurs communautés, qui partagent leur cuisine et leur culture, qui saluent des inconnus le matin et qui invitent les voyageurs à ralentir suffisamment longtemps pour comprendre où ils se trouvent.
Et alors que l'entrevue se termine avec la même chaleur et la même hospitalité qu'à son commencement, on comprend que le Canada n'est pas simplement un marché que Sainte-Lucie souhaite faire croître, mais un pays qui, selon Hilaire, comprend déjà en grande partie ce que Sainte-Lucie cherche à préserver.
Pour les Canadiens qui envisagent une visite, son invitation est simple.
Venez.
Ne vous précipitez pas.
Et, l'espace d'un moment, célébrez la vie à la façon saint-lucienne.
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