
par Bert Archer
Dernière mise à jour: 7:05 AM ET, Fri June 13, 2025
Une chose plutôt cocasse s’est produite en cours de route vers la réalisation de la plus récente vidéo de SWISS pour les internauts anglophones à l’occasion du Mois de la Fierté. Bien qu’il s’agisse d’une initiative pour la Fierté, elle met de l’avant la diversité, l’équité et l’inclusion. Des mots qui hérissent le poil de 77 302 580 États-unien·ne·s, mais qui font de plus en plus partie des pratiques courantes pour environ un demi-milliard d’Européen·ne·s et de Canadien·ne·s. La DEI désigne habituellement non seulement la diversité, l’équité et l’inclusion des personnes LGBTQ2S+, neurodivergentes ou personnes en situation de handicap, mais aussi celle des personnes issues de différentes origines ethniques.
La Suisse, il faut le dire, ne se distingue pas particulièrement par la diversité raciale de sa population — du moins pas autant que le Canada ou même d’autres pays européens. Et pourtant, on comptait en 2023 plus de 300 000 personnes d’origine africaine, asiatique ou sud-asiatique sur le territoire suisse. Ce qui rend plutôt cocasse le fait que, dans leur vidéo sur la diversité et l’inclusion, toutes les personnes représentées soient perçues comme blanches.
Enfin, cocasse n’est peut-être pas tout à fait le mot juste.
« Les participant·e·s à nos campagnes ne sont pas sélectionné·e·s en fonction de leur origine, » a déclaré Michael Stief, coordonnateur médias chez SWISS, dans une entrevue menée en allemand. « La diversité de nos équipes, qui se manifeste de multiples façons, se reflète naturellement dans toutes nos campagnes — puisqu’elle fait partie intégrante de la réalité quotidienne chez SWISS. »
Au Québec, au Canada et dans une certaine époque des États-Unis, on a vu émerger une notion appelée intersectionnalité, qui part du principe qu’aucun groupe ne peut prospérer durablement si les autres sont laissés pour compte. C’est une reconnaissance du fait qu’on n’est jamais seulement gai, noir, autiste ou souverainiste, mais toujours un assemblage de plusieurs identités à la fois.
En matière de LGBTQ2S+, SWISS semble plutôt à point. « Chez SWISS, nous nous engageons activement pour un environnement de travail inclusif et exempt de discrimination. Nos politiques internes en matière de ressources humaines reposent sur l’égalité de traitement et des chances. Par ailleurs, notre réseau interne Proud@SWISS constitue un espace d’échange, de visibilité et de soutien mutuel, » a précisé M. Stief.
Et ce n’est pas que des mots. « Des personnes trans travaillent chez SWISS en tant que pilotes, membres d’équipage ou dans des fonctions au sol, » a-t-il ajouté.
Même en ce qui concerne les enjeux raciaux, « SWISS est une entreprise internationale qui emploie des personnes du monde entier, aux origines très diverses, dans toutes les fonctions et professions présentes au sein de la compagnie, » dit-il.
Juste… pas dans leurs vidéos sur la diversité, apparemment.
On a toujours su que les Suisses étaient différents, au moins septante pour cent du temps. Ça doit être une de ces différences-là.
Cocasse.
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