Luang Prabang et les plaisirs exquis de la ville touristique

Image: Le marché de nuit de Luang Prabang (Photo Credit: Bert Archer)
Image: Le marché de nuit de Luang Prabang (Photo Credit: Bert Archer)
Bert Archer
par Bert Archer
Dernière mise à jour: 7:05 AM ET, Fri December 26, 2025

C’est facile de dire que les villes touristiques — Jasper, Banff, Cinque Terre, Zermatt, Chamonix, Bariloche — sont quétaines, un peu kitsch.

Avec raison : elles sont faites pour nous, les touristes, avec une version de la vie locale plus confortable, plus familière. Les prix sont en hausse, bien sûr, et les activités — tyrolienne, tour en autobus, peu importe — sont vraiment formatées, standardisées.

Or…

C’est fait pour nous. C’est ça, le point. C’est pas grave.

Luang Prabang Christmas decorations

(Photo Credit: Bert Archer)

J’admets, Banff, c’est pas pour moi. Et Cinque Terre, je n’y suis jamais allé, à cause de Rick Steeves et de la touristification des villages italiens pour nous-mêmes.

Mais lorsque j’ai passé quelques jours à Luang Prabang, au Laos, j’ai changé d’avis.

D’abord, c’est vraiment touristique ici. Le cœur, ce sont deux ou trois rues principales, avec des restaurants italiens, thaïs, des burgers, et bien sûr lao. Et des dizaines de boutiques de souvenirs. Il y a des bureaux d’organisations touristiques qui organisent des excursions pour visiter des éléphants, des chutes, les montagnes, et pour des croisières au coucher du soleil.

Les prix sont plus élevés qu’ailleurs, même dans les quartiers plus locaux de la ville, à 1 ou 2 km du centre. Il y a des cafés de troisième vague, avec des grains locaux, torréfiés localement, et un bar en ciment brut. Un café dans les quartiers locaux ici coûte 30 000 kip, ou 2 $ ; dans ce café-ci, c’est 80 000 (5 $) pour un pour-over, 90 000 (5,50 $) pour un café au lait, et 120 000 (7,50 $) pour un café fait de grains spéciaux.

(Ce 120 000 kip, c’est 4 % d’un salaire mensuel médian ; l’équivalent au Canada serait 150 $ ; bon, c’est pas pour les gens d’ici, ou en tout cas, pas pour les gens au revenu médian.)

OK, c’est du bon sens. La révélation pour moi à Luang Prabang, c’est que tout ça est… correct. Les boutiques de souvenirs, tout est fait à la main, à la maison, des objets propres aux groupes ethniques spécifiques de la région. Et les croisières au coucher du soleil ? C’est pas quelque chose que les gens d’ici aimeraient particulièrement : ils peuvent voir le soleil se coucher sur la confluence des deux rivières chaque jour s’ils veulent. Mais pour nous, c’est vraiment beau. Avec un spectacle de danse locale, aussi fait pour nous évidemment, mais unique pour un visiteur quand même : une vraie danse, par de vraies danseuses, hors contexte, oui, mais authentique.

Luang Prabang sunset on the Mekong

(Photo Credit: Bert Archer)

Une petite ville plus « authentique », plus vraisemblable ou plus locale, serait probablement moins agréable pour des touristes occidentaux.

Je me vois comme un voyageur chevronné, et je suis, peut-être, un peu trop fier de ça quand je pars. Ah, ça a l’air d’un bon resto, là. Oups, non, il y a déjà un Blanc. Prochain. C’est un peu con, je sais. Mais ça repose sur la supposition que, lorsque les vendeurs, restaurateurs, baristas sont trop habitués aux touristes — surtout aux touristes occidentaux comme moi — ils font des suppositions, des recommandations, que je n’aimerais pas.

Il n’y a pas si longtemps, j’ai vécu une expérience marquante de ce genre, dans un resto situé dans une ruelle, hors du centre de Hanoï. Deux autres tables étaient occupées par des groupes après le travail, animés, festifs, détendus. La serveuse m’apporte le menu, tout en vietnamien, et commence à me dire que, si je veux quelque chose avec des nouilles, on peut faire ça pour moi. Non. Je lui dis, avec mon cellulaire et Google Translate, que je veux la couenne de porc et le tofu frit, avec la pâte de crevettes.

C’était très bon, mais c’était aussi pas nécessaire. Un menu avec de la pâte de crevettes et une pizza vaut aussi bien, au moins de temps en temps. Ce n’est pas artificiel : c’est le reflet du fait que le monde, ou du moins une grande partie du monde, est touristique, que les économies dépendent de l’injection d’argent qu’on apporte avec nous et qu’on dépense là où on se sent à l’aise. Et plus que ça, c’est aussi le reflet d’un monde de plus en plus influencé, où les cultures se croisent, et où ce ne sont pas seulement les touristes qui veulent leur pizza ou leur hamburger, mais aussi les Lao, les Vietnamiens et les Sri Lankais.

Bon, ce n’est peut-être pas une grande révélation, mais c’est la mienne.

Les touristes à Luang Prabang sont presque exclusivement européens, chinois et indiens. J’ai entendu un accent peut-être anglo-canadien, peut-être états-unien, et j’ai vu deux jeunes hommes dans un bowling, torse nu et en train de se chamailler dans les allées, définitivement états-uniens, mais à part ça, ce n’est pas une destination nord-américaine. Pas encore, du moins.

 

Sujets de cet article à explorer

Apprenez à mieux nous connaître

Abonnez-vous à notre newsletter quotidienneDécouvrez les dernières nouvelles de voyage, des conseils, des mises à jour, des offres exclusives à venir et plus encore.
Suivez-nous sur les réseaux sociauxLes mises à jour quotidiennes sur les nouvelles et les événements de l'industrie du voyage sur nos canaux de médias sociaux restent à jour!
Faites de la publicité avec nousTravelPulse Canada a été élu numéro 1 par les conseillers en voyages au Canada année après année. Laissez-nous vous aider à vous connecter avec eux.
Abonnez-vous à notre newsletter quotidienneDécouvrez les dernières nouvelles de voyage, des conseils, des mises à jour, des offres exclusives à venir et plus encore.
Suivez-nous sur les réseaux sociauxLes mises à jour quotidiennes sur les nouvelles et les événements de l'industrie du voyage sur nos canaux de médias sociaux restent à jour!
Faites de la publicité avec nousTravelPulse Canada a été élu numéro 1 par les conseillers en voyages au Canada année après année. Laissez-nous vous aider à vous connecter avec eux.