
par Laurie Baratti
Dernière mise à jour: 7:05 AM ET, Tue February 10, 2026
Se rendre au Machu Picchu, site emblématique de la vallée sacrée du Pérou, a toujours exigé un trajet long et relativement éprouvant. Selon un reportage de la BBC, ce choix était délibéré : la civilisation inca avait implanté la cité en altitude, dans la cordillère des Andes, afin d’en préserver le caractère discret.
Ce périple pourrait toutefois devenir beaucoup plus simple — et nettement plus fréquenté — avec la construction, longtemps planifiée, d’un nouvel aéroport à proximité de la ville historique de Chinchero. Les promoteurs du projet soutiennent qu’il stimulerait le tourisme et l’emploi, tandis que ses détracteurs craignent une pression accrue sur l’environnement et le patrimoine culturel de la région.
Le nouvel aéroport international de Chinchero vise à offrir un accès plus direct au Machu Picchu et à la vallée sacrée. Plutôt que de passer par Lima puis Cusco, les visiteurs pourraient éventuellement atterrir beaucoup plus près des principaux sites d’intérêt.
Après des années de retards, l’ouverture de l’aéroport est désormais prévue pour la fin de 2027. Le coût du projet est évalué jusqu’à présent à environ 2,3 billions de soles péruviens, soit près de 920 millions de dollars.
Selon le ministère péruvien des Transports et des Communications, la phase de construction a déjà permis la création de plus de 5 000 emplois. Une fois l’aéroport pleinement opérationnel, les autorités estiment qu’environ un million de personnes œuvrant dans le tourisme et les secteurs connexes pourraient en bénéficier à l’échelle régionale.
L’infrastructure est conçue pour accueillir jusqu’à huit millions de passagers par année. Une telle capacité pourrait faire grimper le nombre de visiteurs dans la vallée sacrée jusqu’à 200 %, une hausse considérable pour une région qui voit déjà transiter des milliers de personnes chaque jour vers la citadelle inca durant les périodes de pointe.
Les partisans du projet affirment qu’un accès facilité permettrait de mieux répartir les retombées touristiques au-delà de Cusco, notamment vers des communautés rurales. De nombreux exploitants locaux, résidents autochtones, archéologues et groupes de conservation s’y opposent toutefois, estimant que le projet comporte des risques écologiques et culturels majeurs.
Façonnée par la rivière Urubamba et encerclée par les Andes, la vallée sacrée s’étend de Cusco — ancienne capitale de l’Empire inca — jusqu’aux forêts de nuages entourant le Machu Picchu. Routes, structures et systèmes d’irrigation y subsistent depuis des siècles, certains étant encore utilisés aujourd’hui. Les opposants au projet soutiennent que les travaux pourraient menacer les bassins versants, les habitats fauniques et des sites archéologiques d’importance.
Les résidents de la région soulignent également que les infrastructures locales peinent déjà à répondre à l’achalandage actuel. Certaines communautés font face à des pénuries d’eau, les systèmes de gestion des déchets sont sous pression et les routes sont fortement congestionnées durant les fins de semaine achalandées. En 2025, l’étude d’impact patrimonial du projet d’aéroport demeurait incomplète.
L’UNESCO suit aussi le dossier et a averti qu’une hausse de la fréquentation, sans gestion adéquate, pourrait mettre en péril le statut de patrimoine mondial du Machu Picchu. Le ministère péruvien de la Culture limite actuellement l’accès quotidien au site entre 4 500 et 5 600 visiteurs, selon la saison.
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