
par Laurie Baratti
Dernière mise à jour: 9:05 AM ET, Tue April 15, 2025
Alors que la Norvège enregistre des chiffres records en matière de tourisme, son gouvernement prend une mesure importante pour alléger la pression sur les collectivités locales et les milieux naturels fragiles.
Un nouveau projet de loi présenté au parlement norvégien propose une taxe de 3 % sur les nuitées — y compris dans les hôtels, les terrains de camping et les locations à court terme comme Airbnb — afin d’aider les municipalités à mieux gérer l’afflux de visiteurs.
Si elle est adoptée, la législation pourrait entrer en vigueur dès cet été. Contrairement aux taxes touristiques uniformes en vigueur ailleurs en Europe, le modèle norvégien serait volontaire et appliqué à l’échelle municipale.
L’objectif est de doter les destinations très fréquentées — comme certaines zones des îles Lofoten ou les villages de fjord comme Geiranger — des ressources nécessaires pour renforcer les infrastructures et les services locaux afin de répondre à la croissance du tourisme.
« Nous savons que toutes les municipalités n’en ont pas besoin, mais dans les zones sous pression, il s’agit de bâtir un lien de confiance entre la population locale et les visiteurs », a déclaré la ministre norvégienne du Commerce et de l’Industrie, Cecilie Myrseth, en entrevue avec la chaîne publique NRK.
Selon le projet de loi, les fonds générés par cette taxe devront obligatoirement être investis dans des « biens communs » liés au tourisme — comme l’entretien des sentiers, la gestion des déchets, les toilettes publiques ou la signalisation.
Cette proposition survient alors qu’un nombre record de visiteurs a été enregistré à travers le pays. En 2024, la Norvège a comptabilisé plus de 38 millions de nuitées, établissant un nouveau sommet national.
L’idée d’une taxe touristique circule depuis plusieurs années, notamment pour les régions isolées aux petites populations qui accueillent un grand nombre de visiteurs en haute saison.
Cette nouvelle initiative s’inscrit dans un effort accru pour équilibrer les exigences du tourisme et la tradition norvégienne séculaire de « droit d’accès » à la nature, qui garantit l’accès libre aux paysages naturels du pays.
Le projet a gagné du terrain après une consultation publique de plusieurs mois, au cours de laquelle le gouvernement a été critiqué pour un taux initial jugé trop élevé, fixé à 5 %. Celui-ci a ensuite été réduit à 3 %.
Par exemple, pour une nuitée d’hôtel à 1 500 couronnes norvégiennes (environ 180 $), la taxe serait de 45 couronnes, soit environ 5,40 $. La ministre Myrseth a tenu à souligner que ce montant représente moins que le prix d’un café.
Selon Forbes, cette proposition norvégienne s’inscrit dans une tendance mondiale : de plus en plus de destinations en Europe et ailleurs instaurent des taxes touristiques pour atténuer les pressions environnementales et sociales liées à la fréquentation accrue.
Ce qui était autrefois considéré comme une approche marginale est désormais largement répandu : des pays comme la France, l’Italie et l’Espagne appliquent depuis longtemps des taxes locales sur le tourisme. En Scandinavie, l’Islande a récemment rétabli sa taxe sur les nuitées après une pause durant la pandémie.
Traduit et rédigé par Bert Archer
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