Spirit Airlines a annoncé samedi l'arrêt immédiat de ses activités, citant la hausse vertigineuse du prix du kérosène, qui a doublé depuis le début du conflit en Iran. Selon des experts consultés par Le Devoir et l'Agence France-Presse, la compagnie aux avions jaunes pourrait n'être que la première victime d'une crise qui menace l'ensemble du secteur.
« Est-ce que ça peut arriver à d'autres compagnies aériennes ? Oui absolument, si cette situation continue », affirme John Gradek, chargé d'enseignement en gestion aéronautique à l'Université McGill, qui prévoit que le baril de pétrole pourrait atteindre 275 $ d'ici la fin du mois de mai si le détroit d'Ormuz demeure fermé.
Fondée en 1992 et déjà en faillite depuis août 2025, Spirit était la neuvième compagnie états-unienne pour le nombre de passagers, avec 28 millions de voyageurs transportés entre février 2025 et janvier 2026. Sa fermeture a rapidement déclenché une reconfiguration du marché : American Airlines, United, Southwest et JetBlue ont annoncé des tarifs préférentiels sur les liaisons qu'elles partageaient avec Spirit.
Au Canada, Gradek cite nommément Flair Airlines et Air Transat parmi les compagnies dont la survie n'est pas garantie. Mehran Ebrahimi, directeur de l'Observatoire international de l'aéronautique et de l'aviation civile de l'UQAM, abonde dans le même sens : « Les compagnies qui entrent dans la crise déjà fragiles vont accuser le coup de façon plus importante que les autres. »
Les deux experts réclament une intervention gouvernementale avant qu'il ne soit trop tard, citant en exemple la rencontre prévue le 6 mai entre Paris et ses transporteurs aériens. « Nous, on n'en a pas », déplore Ebrahimi, qui appelle à la mise en place d'un plan d'allègement pour les compagnies canadiennes.
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