
par Paul Heney
Dernière mise à jour: 8:05 AM ET, Thu November 5, 2026
Pour les voyageurs LGBTQ2+, le Pérou et sa capitale, Lima, sont des destinations sûres et chaleureuses, riches en histoire, en culture et en aventures. Le pays, très catholique et plutôt conservateur, se montre en même temps assez ouvert envers la communauté queer. Les relations entre personnes de même sexe y sont légales depuis plus d'un siècle, et les gais et les lesbiennes peuvent servir ouvertement dans l'armée, même si le mariage entre personnes de même sexe n'est pas reconnu, pas plus que l'union civile.
Avec ses quelque 11 millions d'habitants, Lima s'impose pour les voyageurs queers qui cherchent une vie nocturne plus animée. Le quartier chic et branché de Miraflores, face au Pacifique, est ce qui se rapproche le plus d'un quartier gai dans la ville, avec les districts voisins de Lince et de Barranco. Même là, on s'affiche rarement en public: ce n'est ni Madrid ni Berlin, et les voyageurs doivent respecter les usages locaux.
Hors de la capitale, beaucoup de voyageurs queers font cap sur Cusco, ville historique de 500 000 habitants située à 3 400 m d'altitude, dans les Andes péruviennes. Charmante et colorée, Cusco est réputée pour sa cuisine et sert de porte d'entrée au Machu Picchu, l'une des sept merveilles du monde. Quant au hameau d'Aguas Calientes, tout près du pied du Machu Picchu, c'est un fascinant carrefour de voyageurs de partout.
Des séjours de luxe
Pour notre voyage au Pérou, nous avons choisi de nous concentrer sur des établissements de luxe, car d'autres voyageurs nous avaient dit le plus grand bien des hôtels haut de gamme du pays.
Au JW Marriott Lima, un hôtel de verre à l'allure spectaculaire, nous avons adoré les grandes fenêtres de notre chambre, qui donnent sur le Pacifique et sur les rues parallèles à la côte. L'hôtel se dresse au sommet des falaises de Miraflores, juste en face d'un centre commercial haut de gamme. Les chambres étaient spacieuses et modernes, et la douche de luxe, avec ses divers jets de pluie, nous a conquis d'emblée.
La table et le bar y brillent aussi. Nous avons suivi un cours sur le pisco sour, le cocktail emblématique du Pérou, donné par le barman Percy. Nous avons bien ri avec lui, de la rencontre de vedettes du rock au travail à bord de navires de croisière, pendant qu'il nous racontait l'histoire du cocktail et nous montrait comment le préparer dans les règles de l'art. Nous nous sommes aussi penchés sur le pisco lui-même, une eau-de-vie de jus de raisin fermenté qui titre de 42 à 45 % d'alcool et se décline en plusieurs variétés. Nous avons préparé nos cocktails avec du pisco puro et du pisco acholado, et nous avons tous deux préféré la version acholado. Reste à voir si nous saurons la reproduire à la maison!
L'influence japonaise
Le Pérou compte une importante population d'origine japonaise, en raison de l'immigration du début du XXe siècle, quand le pays avait besoin de main-d'œuvre agricole. La cuisine fusion nippo-péruvienne est aujourd'hui très prisée à Lima, et le JW lui rend hommage avec un souper nikkei de quatre services au chic JW Lounge, au deuxième étage de l'hôtel. Notre repas comprenait une entrée de poisson blanc croustillant et de saumon, des nigiris de wagyu et de pétoncle (mes préférés), du riz à l'encre de seiche et au poulpe, et un délicieux plat de nouilles au bœuf. Un assortiment de chocolats clôturait le repas.
À Aguas Calientes, l'hôtel Sumaq Machu Picchu est splendide: blotti près de la rivière Vilcanota, cet hôtel boutique de luxe semble faire corps avec la nature. Du verre de bienvenue (un thé glacé à l'hibiscus et à la citronnelle) à la décoration des aires communes, nous avons été charmés. L'art est partout: une croix inca orne les poignées de porte, des masques incas faits à la main sont accrochés à un mur, et des colliers de poitrine traditionnels, à un autre, près du bar. Le Sumaq compte 62 chambres: 59 Sumaq Deluxe, deux junior suites et une incroyable suite impériale, avec une vue magnifique et de nombreux extras, qui coûte environ 2 760 $ la nuit en haute saison et autour de 2 200 $ en basse saison, et qui conviendrait très bien aux familles.
Loger à Aguas Calientes est une façon plus futée de visiter le Machu Picchu. Certains voyageurs prennent le train, montent en autobus jusqu'à l'ancienne cité, s'y promènent, puis repartent en vitesse vers Cusco. Aguas Calientes a pourtant du charme (même si les touristes y sont parfois trop nombreux), et cela vaut la peine d'y passer une ou deux nuits autour de la visite du Machu Picchu, pour en faire un voyage plus reposant.
Le Sumaq offre aussi de quoi se détendre. Le spa, au niveau inférieur, est ravissant, et nous y avons pris un massage en duo, en choisissant un massage profond plus ferme, exactement ce qu'il nous fallait. L'hôtel propose en outre un souper romantique mémorable, servi dans le paisible Terrace Salon, à l'écart du reste de l'établissement. C'est un festin en plusieurs services, et nos serveuses, Katherine et Maria Jose, ont été très attentionnées et nous ont beaucoup appris sur les ingrédients et sur leur importance pour les peuples andins de la région. J'ai particulièrement aimé l'entrée de crème de maïs, pleine de saveur et généreusement parfumée à la coriandre. Du quinoa au pavé d'alpaga, en passant par le confit de tomate, ce fut une soirée mémorable, remplie de découvertes.
Cusco, à 3 400 m dans les Andes, est l'une des plus hautes grandes villes du monde, et il faut s'y préparer. Le personnel aimable de notre hôtel, le JW Marriott El Convento Cusco, nous a donné de nombreux conseils: se déplacer lentement, manger lentement, boire beaucoup de thé de coca local et beaucoup d'eau. Autre avantage, chaque chambre de cet hôtel de luxe est enrichie en oxygène, ce qui aide les clients à s'acclimater.
L'hôtel est chargé d'histoire et se trouve à deux rues de la place principale. Ancien couvent, il abrite à l'étage inférieur de remarquables vitrines de vestiges archéologiques, et une visite guidée quotidienne, menée par un moine, raconte le formidable projet de transformer ce bâtiment en hôtel moderne. Les aires communes y sont par endroits à couper le souffle, comme l'immense œuvre suspendue derrière la réception, qui représente le dieu soleil inca et qui est faite de 35 000 cristaux. Mais on s'y amuse aussi, comme nous l'avons découvert en rencontrant le bébé alpaga de l'hôtel, Panchita.
À table
La table y est une expérience en soi. Le restaurant Qespi comprend deux salles principales, l'une avec des chaises à dossier haut, l'autre à côté du bar. L'effet est presque celui de deux restaurants distincts, ce que nous avons apprécié: selon que nous étions d'humeur plus chic ou plus décontractée, nous pouvions choisir l'un ou l'autre. Le restaurant propose un « menu d'acclimatation » composé de petites assiettes faciles à digérer, idéal pour la première journée des voyageurs qui ne sont pas habitués à l'altitude. Parmi nos plats préférés: les gnocchis au canard, les spaghettis aux crevettes, le filet de truite saumonée farci au quinoa et la salade d'avocat, de noix de cajou et de vinaigrette aux fruits de la passion.
Édition : Bert Archer
Sujets de cet article à explorer