
par Bert Archer
Dernière mise à jour: 11:05 AM ET, Fri June 6, 2025
Les résultats de la 16e édition du sondage annuel de CAA-Québec sur les intentions de vacances estivales confirment une tendance marquée : de moins en moins de Québécois prévoient traverser la frontière américaine cet été. Plusieurs privilégient plutôt d’autres provinces canadiennes ou s’envoleront vers des destinations tropicales. Si la conjoncture politique influence certains choix, les considérations économiques pèsent tout autant. L’inflation et le coût de la vie continuent de freiner les projets de nombreux ménages.
La majorité des vacanciers (54 %) passeront l’été au Québec : 15 % resteront à la maison et 39 % prendront la route à l’intérieur de la province. Les autres provinces canadiennes attirent maintenant 16 % des voyageurs, contre 10 % l’an dernier, alors que les États-Unis chutent à 4 %, une baisse de huit points. L’Europe demeure stable à 11 %, et les destinations soleil comme le Mexique et les Caraïbes, traditionnellement moins prisées l’été, attirent cette année 4 % des répondants (2 % en 2024).
Pour Philippe Blain, vice-président aux services voyages de CAA-Québec, ces données ne font que confirmer ce que ses équipes constatent depuis plusieurs mois : « La situation actuelle change la donne, mais les vacances d’été demeurent un moment sacré pour bien des Québécois. »
Contexte tendu, budgets serrés
Près d’un Québécois sur deux (45 %) affirme que le climat politique entre Ottawa et Washington influence ses décisions de vacances — une proportion qui grimpe à 61 % chez ceux qui optent pour d’autres provinces canadiennes. L’impact économique se fait aussi sentir : 56 % mentionnent que l’inflation pèse dans la planification estivale, et 43 % des détenteurs d’une hypothèque à renouveler en 2025 affirment que cela affecte leurs choix. Malgré tout, le budget moyen familial demeure relativement stable, à 2 095 $, contre 1 968 $ l’an dernier.
Assurance voyage : méconnaissance persistante
Le désintérêt pour les États-Unis se traduit par un regain d’intérêt pour l’Est canadien, notamment l’Ontario, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse. En revanche, la Colombie-Britannique connaît une baisse inattendue. Cette mobilité accrue au pays inquiète toutefois CAA-Québec, qui rappelle qu’un séjour hors Québec peut engendrer des frais médicaux non couverts par la RAMQ. Seulement 22 % des répondants savent que la RAMQ ne rembourse qu’en partie les frais médicaux encourus à l’extérieur du Québec.
Suzanne Michaud, vice-présidente aux assurances chez CAA-Québec, rappelle qu’« on entend trop souvent des histoires de voyageurs mal informés qui se retrouvent avec des factures salées. Il est essentiel de vérifier sa couverture avant chaque départ, même au Canada ».
Portrait des vacances québécoises 2025
Destinations préférées au Québec
Québec (ville et région) : 21 %
Gaspésie : 18 %
Charlevoix : 16 %
Cantons-de-l’Est : 14 %
Bas-Saint-Laurent : 13 %
Destinations ailleurs au Canada
Ontario : 43 %
Nouveau-Brunswick : 29 %
Nouvelle-Écosse : 22 %
Île-du-Prince-Édouard : 12 %
Alberta : 11 %
Durée des vacances
Quelques jours : 10 %
Une semaine : 19 %
Deux semaines : 38 %
Trois semaines ou plus : 31 %
Période des vacances
Juin : 19 %
Juillet (avant les vacances de la construction) : 34 %
Pendant les vacances de la construction : 30 % (un sommet en 10 ans)
Août (après la construction) : 40 %
Septembre : 14 %
Activités principales
Visites et découvertes : 41 %
Repos : 39 %
Rencontres familiales ou amicales : 30 %
Plage : 31 %
Randonnée : 22 %
Road trip : 20 %
Événements culturels : 17 %
Types d’hébergement
Traditionnel (hôtel, motel, auberge, B&B) : 34 %
Résidences touristiques (chalet, appartement, condo) : 21 %
Chez des proches : 16 %
Camping : 13 %
Tout-inclus (resort, croisière) : 6 %
Sujets de cet article à explorer