
par Jen Mallia
Dernière mise à jour: 11:05 AM ET, Mon May 12, 2025
Après l’imposition récente d’une obligation d’enregistrement pour les séjours de plus de 30 jours, les « snowbirds » canadiens aux États-Unis pourraient voir certaines règles assouplies concernant la durée de leur séjour au sud de la frontière.
Un nouveau projet de loi bipartisan permettrait aux Canadiens de plus de 50 ans, propriétaires ou locataires d’une résidence aux États-Unis, d’y séjourner jusqu’à 240 jours par année, comparativement aux 182 jours actuellement permis.
Baptisé Canadian Snowbird Visa Act, le projet de loi a été présenté le 29 avril 2025. Son adoption pourrait prendre plusieurs mois, si elle se concrétise.
Ce n’est pas la première fois qu’un projet de loi de ce type est proposé au Congrès américain. Stephen Fine, président et rédacteur en chef de Snowbird Advisor, rappelle que plusieurs initiatives semblables ont été déposées au fil des ans « sans jamais vraiment aboutir ». Il est difficile de prévoir si le contexte actuel du voyage jouera en faveur ou en défaveur du projet.
Sur son site Web, la députée républicaine Elise Stefanik, de l’État de New York, affirme que ce projet de loi « reflète un engagement commun envers le soutien aux économies locales, la relance du tourisme transfrontalier et le renforcement des relations canado-américaines grâce à une politique d’immigration ciblée et intelligente ».
L’Association canadienne des snowbirds milite depuis longtemps pour une extension de la durée de séjour. « Plusieurs de nos membres souhaitent voir ce projet de loi adopté, car il leur offrirait une plus grande flexibilité dans leurs plans de voyage », a déclaré Evan Rachkovsky, directeur de la recherche et des communications de l’association, au Toronto Star. « C’est une politique intelligente, qui reconnaît l’impact économique important des snowbirds canadiens », a-t-il ajouté. « C’est gagnant-gagnant. »
Cependant, Rudy Buttignol, président de l’Association canadienne des personnes retraitées (CARP), souligne que de nombreux aînés annulent présentement leurs séjours, qu’ils soient longs ou courts, aux États-Unis.
« Il y a un grand sentiment de trahison et, par principe, plusieurs choisissent d’autres destinations », a-t-il affirmé au Star. « Ils craignent beaucoup l’incertitude. »
Fine abonde dans le même sens et indique à TravelPulse Canada qu’il est difficile de dire si le projet de loi inciterait davantage de snowbirds canadiens à séjourner aux États-Unis ou changerait les plans de ceux qui envisagent déjà d’hiverner ailleurs. Pour ceux qui comptent aller aux États-Unis de toute façon, la possibilité de prolonger leur séjour serait sans doute bienvenue.
« Je suis fière de présenter le Canadian Snowbird Visa Act, car c’est une victoire pour l’économie américaine », a déclaré la députée républicaine Laurel Lee (Floride), qui a également parrainé le projet de loi. « Les Canadiens contribuent chaque année pour des milliards de dollars aux petites entreprises, aux marchés immobiliers et aux économies locales, surtout ici en Floride. En leur permettant de rester plus longtemps, nous favorisons la croissance économique, renforçons nos liens avec notre plus proche voisin et soutenons les communautés locales. »
Le projet de loi précise que les Canadiens admissibles ne pourraient pas travailler aux États-Unis ni avoir accès aux programmes d’aide publique américains. Leur statut fiscal de non-résident serait maintenu.
Du côté canadien, certaines difficultés pourraient survenir.
« Si vous passez trop de temps à l’extérieur du Canada, vous pourriez perdre votre couverture d’assurance maladie provinciale », explique Fine. « On ignore encore comment cela serait géré, et il n’est pas certain que le gouvernement canadien actuel soit disposé à modifier les règles en ce sens. »
L’assurance pose aussi un défi. Souscrire une assurance santé hors pays pour 240 jours pourrait s’avérer complexe et coûteux, surtout pour les personnes âgées ou ayant des problèmes de santé. L’assurance automobile pourrait également être problématique. « Plusieurs Canadiens descendent avec leur voiture pour l’hiver, et bien des compagnies d’assurance n’offrent pas de couverture pour plus de six mois hors du pays », rappelle Fine. « Ce serait une autre question à régler avec plusieurs assureurs. »
Les snowbirds devront donc attendre que le projet de loi franchisse les étapes législatives avant de planifier de futurs séjours prolongés.
« Si ce projet de loi avait été adopté il y a un ou deux ans, conclut Fine, l’impact aurait été beaucoup plus grand qu’il ne le sera probablement aujourd’hui, alors que plusieurs snowbirds canadiens envisagent déjà d’autres options pour l’hiver prochain. »
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