
par Bert Archer
Dernière mise à jour: 8:55 AM ET, Tue September 30, 2025
Réuni à Rome pour son 2025 sommet mondial, le Conseil mondial du voyage et du tourisme (WTTC) a publié un rapport qui sonne l’alarme : malgré un essor historique, le secteur pourrait manquer de plus de 43 millions de travailleurs d’ici 2035.
Intitulé Future of the Travel & Tourism Workforce, le document s’appuie sur des recherches menées dans 20 économies, avec sondages auprès de dirigeants et entretiens approfondis. On y apprend que le secteur a soutenu 357 millions d’emplois en 2024, un record, et qu’il devrait en générer 91 millions supplémentaires d’ici dix ans. Autrement dit, un emploi sur trois créé dans le monde proviendra du tourisme.
La demande dépassera pourtant l’offre : le déficit atteindrait 16 % à l’échelle mondiale. L’hôtellerie manquerait à elle seule de 8,6 millions de travailleurs, et les postes peu qualifiés — essentiels et peu automatisables — seraient les plus difficiles à pourvoir. La Chine (16,9 millions), l’Inde (11 millions) et l’Union européenne (6,4 millions) afficheraient les manques les plus importants. En proportion, le Japon verrait son offre de main-d’œuvre inférieure de 29 % aux besoins, suivi de la Grèce (-27 %) et de l’Allemagne (-26 %).
Bien que le Canada ne soit pas mentionné individuellement en termes d’emplois, la contribution globale du voyage et du tourisme au PIB devrait passer de 163,44 milliards de dollars en 2024 à 177,14 milliards en 2025.
« Le tourisme restera l’un des plus grands créateurs d’emplois au monde, mais les changements démographiques et structurels redessinent le marché du travail », a résumé Gloria Guevara, PDG par intérim du WTTC.
Le rapport appelle à des mesures urgentes : attirer les jeunes en valorisant la diversité des carrières, rapprocher universités et entreprises, investir dans la formation numérique et durable, et revoir les politiques de recrutement international.
Pour Ahmed Al Khateeb, ministre saoudien du Tourisme, qui a soutenu l’étude, « aucun autre secteur ne peut revendiquer une telle contribution : un emploi sur trois créé d’ici 2035 ».
Reste à voir si gouvernements, employeurs et établissements d’enseignement sauront se coordonner pour transformer cette pression en opportunité.
Sujets de cet article à explorer