
par Natasha Lair
Dernière mise à jour: 7:05 AM ET, Fri October 17, 2025
Le très attendu système européen d’entrée et de sortie (EES) a officiellement été lancé le dimanche 12 octobre, marquant un tournant majeur dans la façon dont les voyageurs non européens — dont les Canadiens — entrent et sortent des 29 pays de l’espace Schengen.
Ce nouveau système numérique remplace le tampon manuel sur les passeports par un enregistrement biométrique, recueillant l’image faciale, les empreintes digitales et les données du passeport de chaque voyageur à chaque passage d’une frontière extérieure de Schengen.
Le déploiement complet est prévu d’ici le 10 avril 2026, à mesure que les pays installeront progressivement des bornes libre-service et des contrôles automatisés dans les aéroports, les postes terrestres et les ports maritimes.
Derniers préparatifs complétés
Lors de sa 80e réunion tenue la semaine dernière à Tallinn, en Estonie, le groupe consultatif EES–ETIAS a confirmé que tous les États membres de l’Union européenne étaient techniquement prêts à rejoindre le système. Cette rencontre constituait la dernière étape avant la mise en service officielle de l’EES.
La direction du groupe passe désormais de l’agence technologique européenne eu-LISA aux États membres. Paul Sturm, des Pays-Bas, a été élu président, et Souheil Abdallah, de la France, vice-président. Le président sortant, Theofanis Syrigos, a été remercié pour avoir supervisé la phase de développement. Les discussions ont également porté sur les progrès de l’ETIAS, le nouveau système électronique d’autorisation de voyage qui devrait entrer en vigueur en 2026.
Déploiement progressif en Europe
Le lancement du système s’effectuera graduellement sur six mois. Les pays commenceront à utiliser l’enregistrement biométrique dans certains points d’entrée avant de l’étendre à toutes leurs frontières.
L’Espagne a amorcé les tests le 12 octobre à l’aéroport Adolfo Suárez Madrid–Barajas, tandis que l’Allemagne commencera à Düsseldorf avant d’ajouter d’autres aéroports. Pendant la période de transition, le tampon manuel continuera d’être apposé en parallèle à l’enregistrement EES.
Ce que les voyageurs doivent prévoir
Les Canadiens entrant dans l’espace Schengen verront désormais leurs données biométriques recueillies à leur arrivée — soit à une borne libre-service, soit auprès d’un agent frontalier. Ces données seront conservées pendant trois ans, ce qui signifie que les voyageurs fréquents n’auront pas à se réenregistrer durant cette période.
Lors des voyages suivants, le système vérifiera l’identité par reconnaissance faciale, afin d’accélérer le passage une fois le déploiement terminé.
L’EES s’applique aux séjours de courte durée, soit jusqu’à 90 jours sur une période de 180 jours, une règle qui demeure inchangée pour les Canadiens et autres voyageurs exemptés de visa. Les citoyens de l’UE, les résidents et les détenteurs de visas de long séjour en sont exclus.
Objectifs de sécurité et d’efficacité
Selon la Commission européenne, l’EES vise à améliorer la sécurité et l’efficacité aux frontières extérieures de l’Union en :
– modernisant et numérisant les contrôles de passeport;
– détectant automatiquement les dépassements de séjour;
– prévenant la fraude identitaire;
– soutenant les enquêtes policières.
Les responsables européens estiment que le système rendra les voyages « plus rapides et plus sûrs » une fois entièrement opérationnel, même si des délais supplémentaires sont attendus au début, le temps que les agents s’adaptent.
Protection des données
Toutes les données personnelles recueillies seront traitées conformément aux lois européennes sur la protection des données, dont le Règlement général sur la protection des données (RGPD). Seules les autorités frontalières et d’immigration autorisées auront accès au système, avec un accès limité pour les forces de l’ordre dans des conditions strictement encadrées.
Les voyageurs auront le droit d’accéder à leurs données, de les corriger ou d’en demander la suppression, conformément aux règles de l’UE.
Prochaine étape : ETIAS en 2026
L’EES prépare le terrain pour l’ETIAS, un nouveau système électronique d’autorisation de voyage qui devrait être lancé en 2026. Les visiteurs provenant de pays exemptés de visa — dont le Canada — devront présenter une demande en ligne avant leur départ.
Une fois l’ETIAS en vigueur, les Canadiens devront disposer à la fois d’une autorisation approuvée et d’un enregistrement biométrique valide dans le système EES pour entrer dans l’espace Schengen.
Impacts limités pour l’instant
Les autorités européennes précisent que la majorité des voyageurs ne verront pas de changements immédiats. La période de transition permettra aux pays de tester le système avant qu’il ne devienne obligatoire au printemps prochain.
Les Canadiens qui prévoient un séjour en Europe cet hiver ou au début de l’an prochain verront donc encore leur passeport tamponné pendant que l’EES sera mis en place progressivement.
Sujets de cet article à explorer