
par Bert Archer
Dernière mise à jour: 9:05 AM ET, Thu July 10, 2025
Selon Le Devoir, de plus en plus de Québécois prennent leurs distances des États-Unis, tant physiquement qu’idéologiquement. Après des décennies à passer l’été chez nos voisins du Sud, plusieurs changent leurs habitudes. Le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche a ravivé une colère qui pousse certains à boycotter carrément les États-Unis — destinations, produits, services compris.
Jean Onesti, de Saint-Bernard-de-Lacolle, vivait à la frontière. Il traversait plusieurs fois par semaine pour l’essence et partait chaque été vers Cape Cod ou Portland avec sa femme. « C’est quelque chose de très accessible », raconte-t-il à Le Devoir. Aujourd’hui, il ne veut plus rien savoir : « Avec l’arrivée de ce président démoniaque […] on a décidé de ne plus y aller. C’est le boycottage total. » Il qualifie les douaniers américains de cow-boys et dénonce les fouilles de téléphones à la frontière. Il passera plutôt ses vacances à Thessalonique, en Grèce. « Il faut se tenir debout, c’est tout », dit-il à Le Devoir.
Même son de cloche chez Jean-Paul Desjardins, de la région de Québec. Fidèle des terrains de golf de Daytona Beach, il a annulé un voyage à Hawaï prévu cette année. « J’étais un peu en colère », dit-il à Le Devoir. Il vise désormais la Méditerranée et prévoit jouer au golf en Espagne. Il souligne que le dollar canadien faible rend les vacances américaines de moins en moins attrayantes. « On laissait beaucoup d’argent aux États-Unis. Là, on met notre argent ailleurs. »
Suzanne Michaud, elle, préfère garder l’esprit ouvert au monde. Elle a choisi la République dominicaine cette année, après vingt ans de vacances dans le Maine. Elle raconte à Le Devoir avoir toujours été bien reçue aux États-Unis, mais ne se sent plus à l’aise. « Cette année, c’est non », tranche-t-elle. Pour elle, boycotter les États-Unis relève de la cohérence : « Je ne vais pas encourager l’économie du pays, alors qu’il massacre la mienne ! »
Comme le souligne Le Devoir, cette rupture n’est pas le fruit de contraintes sanitaires ou économiques, mais d’un choix délibéré. Les plages de Wells cèdent la place à celles d’Andalousie ou de la République dominicaine. Le tourisme québécois se redessine, à coups de principes.
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