Alors qu’un conflit frontalier entre la Thaïlande et le Cambodge s’aggrave, les deux pays affirment que le tourisme fonctionne normalement.
L’Autorité du tourisme de Thaïlande a indiqué au Economic Times India que les déplacements dans l’ensemble du pays se poursuivaient, en particulier à Bangkok, Chiang Mai et Phuket, avec toutefois une présence sécuritaire accrue dans sept provinces de l’est et du nord-est. La loi martiale est en vigueur à Chanthaburi, Sa Kaeo et Trat. Les zones frontalières pourraient connaître des suspensions de trains et des ajustements de service d’autobus.
L’organisme a aussi précisé au média que les voyageurs devraient éviter les zones frontalières restreintes et les postes fermés.
Le gouvernement fédéral a mis à jour ses conseils aux voyageurs pour les deux pays, classant la Thaïlande et le Cambodge sous Faites preuve d’une grande prudence, et les régions frontalières sous Évitez tout voyage.

Petit bateau sur la rive du Mékong, au Cambodge (Photo Credit: Bert Archer)
Le conseil précise que le conflit armé a repris le long de la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande le 7 décembre 2025. Issu d’un différend frontalier ancien, le conflit s’est étendu et intensifié depuis le 9 décembre. Des militaires et des civils ont été touchés. La situation sécuritaire demeure instable et imprévisible. L’évacuation des civils se poursuit dans plusieurs zones frontalières.
Des mines terrestres sont présentes dans les régions contestées. Les postes frontaliers terrestres entre les deux pays sont fermés.
Le conseil demande aux voyageurs de s’attendre à une présence militaire accrue et à une vigilance renforcée, de suivre les directives des autorités locales, y compris les ordres d’évacuation, et de redoubler de prudence dans toute zone frontalière.
Pour la Thaïlande, un avis plus ciblé vise les provinces méridionales de Narathiwat, Pattani, Yala et le sud de Songkhla. Des insurgés séparatistes y mènent régulièrement des attaques pour des motifs criminels et politiques. Des fusillades, des attentats à la bombe et des incendies criminels visent habituellement du personnel militaire, gouvernemental ou de sécurité, et surviennent aussi dans divers lieux publics. Dans le sud de Songkhla, ces attaques ont touché des moines, des civils et les forces de sécurité. Ces groupes peuvent aussi viser des zones touristiques fréquentées ailleurs en Thaïlande.
La loi martiale et des mesures de sécurité renforcées sont en vigueur dans les provinces de Narathiwat, Pattani et Yala, ainsi que dans plusieurs districts de Songkhla. Des affrontements transfrontaliers se produisent aux postes terrestres et aux points de contrôle où les forces thaïlandaises et malaisiennes confrontent des réseaux criminels et des groupes insurgés. Des pouvoirs accrus permettent aux autorités de détenir des suspects sans inculpation, de mener des perquisitions, de saisir des objets ou des documents et d’imposer des couvre-feux. Le conseil souligne que les voyageurs risquent de se retrouver parmi les victimes collatérales d’un attentat dans ces provinces.
Le Cambodge continue de présenter son territoire comme sûr à visiter en dehors des zones frontalières, mais un reportage diffusé le 15 décembre par France 24 signale qu’un avion de chasse thaïlandais a bombardé un camp civil à environ deux heures de route du site d’Angkor, inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Comme l’attaque a eu lieu à plus de 70 km de la frontière, des voyageurs qui se dirigent vers la région commencent déjà à réévaluer leurs plans.
Que se passe-t-il exactement?
Selon l’Associated Press, les deux pays entretiennent un différend ancien au sujet de la frontière, une partie du territoire revendiqué comprenant des temples. Une escarmouche a éclaté le 7 décembre et a blessé deux soldats thaïlandais, et la situation se poursuit.
La première victime civile est survenue la fin de semaine dernière après qu’une roquette cambodgienne a frappé la Thaïlande, tandis qu’une vingtaine de personnes de part et d’autre ont été tuées. Près de 800 000 personnes ont été déplacées, selon France 24.
Les deux pays étaient sous un cessez-le-feu encouragé par la Malaisie en juillet, cessez-le-feu qui ne tient plus. Le Cambodge affirme agir en légitime défense contre un voisin agressif, tandis que le premier ministre thaïlandais n’a pas promis de renouveler l’accord.
Cathédrale Notre-Dame de Saïgon au mois de décembre (Photo Credit: Bert Archer)Alors, peut-être le Vietnam cette saison.
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