
par Natasha Lair
Dernière mise à jour: 8:55 AM ET, Thu June 12, 2025
L’ambassadeur des États-Unis au Canada, Pete Hoekstra, a vivement réagi à la mise à jour de l’avis aux voyageurs émis par Ottawa, qui met en garde les Canadiens contre d’éventuelles fouilles et détentions à la frontière américaine.
« Nous accueillons les Canadiens à bras ouverts. Nous voulons qu’ils viennent investir et dépenser leurs précieux dollars dans les entreprises américaines », a-t-il déclaré vendredi en entrevue avec La Presse Canadienne.
Il a reconnu que certains Canadiens avaient pu vivre de mauvaises expériences à la frontière, mais il affirme qu’il s’agit d’incidents isolés, et non d’un phénomène généralisé.
L’avis actualisé du gouvernement canadien recommande aux voyageurs de se préparer à une inspection rigoureuse aux points d’entrée, incluant la fouille de leurs appareils électroniques, et les informe qu’un refus d’entrée peut mener à une détention.
Cette révision faisait suite à plusieurs témoignages de Canadiens affirmant avoir été détenus ou soumis à des fouilles approfondies à la frontière américaine.
Hoekstra rejette l’idée que ces pratiques soient courantes. « Venir aux États-Unis est une décision personnelle. La peur d’être fouillé ou que ses appareils soient inspectés n’est pas fondée. L’Amérique est un endroit accueillant », a-t-il affirmé.
Il a également mentionné que des citoyens états-uniens avaient rapporté des expériences similaires en entrant au Canada. « J’ai entendu des Américains dire qu’ils n’avaient pas été bien reçus à la douane canadienne », a-t-il dit.
Interrogé sur d’éventuelles fouilles ou détentions de ressortissants américains, l’ambassadeur a admis avoir reçu certaines plaintes consulaires, tout en suggérant qu’il s’agissait là aussi d’exceptions. « Peut-être qu’un agent canadien a eu une mauvaise journée », a-t-il avancé.
L’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a réagi en rappelant les standards attendus de ses employés. « Les agents doivent faire preuve d’intégrité, de respect et de professionnalisme en tout temps », a déclaré la porte-parole Karine Martel, précisant que le traitement équitable et non discriminatoire des voyageurs est une priorité de l’Agence.
Selon Hoekstra, les voyageurs demeurent libres de choisir leur destination. « Si quelqu’un décide de ne pas venir, c’est son choix — mais il rate quelque chose. Il y a tant à voir aux États-Unis », a-t-il soutenu.
Il a évoqué l’exemple de la journaliste Christiane Amanpour, qui avait affirmé voyager avec un téléphone jetable (un burner) par crainte pour sa vie privée, mais qui a finalement été bien reçue à l’entrée du territoire américain. « Il faut dépasser la rhétorique et s’attarder à ce que les gens vivent réellement », a-t-il conclu.
Les données récentes indiquent un recul des déplacements entre les deux pays. Flight Centre Travel Group Canada a rapporté une baisse de près de 40 % des vols Canada–États-Unis en février comparé à l’an dernier, un recul attribué à la faible demande.
Un sondage Léger mené en mai pour l’Association d’études canadiennes indique que 52 % des Canadiens estiment que les États-Unis ne sont « plus sécuritaires pour tous les Canadiens ». Vingt-neuf pour cent ne sont pas d’accord, et 19 % demeurent incertains. Une proportion semblable déclare ne pas se sentir les bienvenus aux États-Unis.
Par ailleurs, certains membres des communautés LGBTQ2S+ ont renoncé à participer à des événements aux États-Unis, comme World Pride à Washington ou certaines activités de l’ONU à New York, citant un climat d’insécurité accru à la frontière et le recul des protections envers les personnes trans et non binaires.
Rédigé par Bert Archer
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