
par Natasha Lair
Dernière mise à jour: 1:05 PM ET, Tue April 22, 2025
Des journalistes, des universitaires et des partisans de sport canadiens s’interrogent sur la pertinence de se rendre aux États-Unis, à la lumière de nouveaux avertissements liés au resserrement des contrôles frontaliers américains.
Mise en garde pour les journalistes et les universitaires
Le Committee to Protect Journalists (CPJ), un organisme américain de défense de la liberté de la presse basé à New York, a publié le 17 avril un avis de sécurité mettant en garde les journalistes contre une augmentation des inspections personnelles et numériques aux postes frontaliers américains.
Selon Newsweek, les nouvelles directives visent à aider les professionnels des médias à se préparer à des fouilles, à une surveillance, à une détention ou à un refus d’entrée.
L’avis souligne l’inquiétude croissante face à l’examen des comptes de réseaux sociaux et à la saisie d’appareils électroniques, sans mandat.
« Ils examinent de façon plus poussée les personnes, leurs comptes, leurs téléphones, ordinateurs portables ou tablettes », a expliqué à CTV News l’avocat torontois Ravi Jain. Il conseille désormais à ses clients de voyager avec des appareils facilement effaçables ou des téléphones jetables.
L’Association canadienne des professeures et professeurs d’université (ACPPU), qui représente plus de 72 000 membres, a de son côté émis un avis déconseillant les déplacements non essentiels vers les États-Unis.
Cette recommandation survient dans un contexte de répression ciblée envers des étudiants et militants liés à des causes palestiniennes, ainsi que de préoccupations plus larges sur la liberté académique sous la seconde administration Trump.
Les partisans de hockey partagés en pleine série
Alors que les séries éliminatoires de la LNH attirent de nombreux Canadiens de l’autre côté de la frontière, plusieurs amateurs hésitent à traverser. Montréal, Toronto, Ottawa, Winnipeg et Edmonton participent aux séries cette année. Le Canadien de Montréal amorce sa série cette semaine à Washington.
Jack Gurevitch, partisan de longue date du Canadien, a confié son dilemme au Coast Reporter. « J’ai dit à ma sœur que j’y pensais, et elle a répondu : “Absolument pas. Ne vas pas aux États-Unis en ce moment. Ce n’est pas patriotique.” Je ne suis pas d’accord avec elle. »
D’autres, comme le fervent partisan Sunil Peetush, ont ressenti un malaise après un récent voyage : « On ne se sentait pas bien comme Canadiens. On avait l’impression de trahir notre pays », a-t-il dit à CTV. Le couple hésite maintenant à maintenir une croisière prévue en Alaska en août.
Impact économique réel
Les effets économiques commencent à se faire sentir. À Détroit, une ville dépendante du tourisme canadien, les passages frontaliers ont chuté de 13 % en février et mars par rapport à l’an dernier. Les réservations de vols entre le Canada et les États-Unis sont également en baisse.
Une firme de Wall Street citée par NBC News prévoit que les pertes de revenus aux États-Unis pourraient atteindre environ 120 milliards de dollars cette année, en raison des baisses de fréquentation et des appels au boycottage de produits américains.
Ottawa met les voyageurs en garde
Le gouvernement canadien a mis à jour ses conseils aux voyageurs. Même si les Canadiens n’ont pas besoin de visa pour entrer aux États-Unis, ils peuvent être interrogés, fouillés ou refoulés.
Il est conseillé aux voyageurs de s’attendre à des délais et de s’assurer que leurs appareils ne contiennent aucune donnée sensible.
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