Le Keefer House s'inscrit dans son quartier à Vancouver

Image: De plus en plus de voyageurs cherchent à établir un lien plus étroit avec les lieux qu'ils visitent (Photo Credit: Jen Mallia/TravelPulse Canada)
Image: De plus en plus de voyageurs cherchent à établir un lien plus étroit avec les lieux qu'ils visitent (Photo Credit: Jen Mallia/TravelPulse Canada)
Jen Mallia
par Jen Mallia
Dernière mise à jour: 9:20 AM ET, Wed December 31, 2025
Bert Archer
traduit par Bert Archer

Construire un hôtel en dehors des zones hôtelières traditionnelles comporte une part de risque, mais le tout nouveau Keefer House mise sur un pari gagnant.

Dans un marché comme Vancouver, où le manque de chambres se fait cruellement sentir, l'ouverture d'un hôtel-boutique — même dans un quartier peu associé à l'hébergement touristique — apparaît comme une option relativement sûre. Le Keefer House, fraîchement inauguré, est le seul hôtel situé dans le quartier chinois de Vancouver. Plutôt que de se positionner comme un simple lieu de passage, l'établissement cherche à s'ancrer dans le voisinage et à y intégrer ses clients grâce à des initiatives originales.

Cette approche s'inscrit dans une tendance de fond : de plus en plus de voyageurs cherchent à établir un lien plus étroit avec les lieux qu'ils visitent, plutôt que de pratiquer un tourisme éclair, fait de visites rapides destinées à cocher une destination sur une liste. Pour répondre à cette quête d'expériences plus approfondies, le Keefer House a mis en place différentes propositions, notamment un partenariat avec une entreprise locale de visites guidées.

Pour bien des visiteurs, le plus grand quartier chinois du Canada constitue surtout un endroit où passer quelques heures à magasiner et à manger, éventuellement visiter le jardin chinois classique Dr Sun Yat-Sen, avant de retourner à leur hôtel, souvent situé ailleurs au centre-ville. Pire encore, certains évitent complètement ce secteur, voisin du Downtown East Side, un quartier marqué par une pauvreté persistante.

À titre personnel, je l'avoue, ce quartier — que je n'avais pas fréquenté depuis au moins 20 ans, malgré de nombreux séjours à Vancouver — m'a d'abord inspiré une légère hésitation. Je n'étais pas certain du niveau de confort que j'y ressentirais seul. Cela dit, je ne m'y promenais pas tard le soir et je me suis limité aux artères principales plutôt qu'aux ruelles. Au final, je m'y suis senti aussi à l'aise que dans d'autres secteurs de Vancouver, un sentiment comparable à celui que j'éprouve au centre-ville d'Edmonton, où je n'erre pas non plus la nuit ni dans les ruelles.

Une visite guidée avec Judy Lam Maxwell, qui dirige Historical Chinatown Tours, constitue une excellente façon pour les clients de l'hôtel de se familiariser avec le quartier. Pour les séjours de cinq nuits ou plus, le Keefer House inclut deux billets pour cette visite. Il vaut mieux, à mon avis, la faire au début du séjour, afin de disposer de repères solides pour explorer ensuite par soi-même.

Une partie de l'appréhension que l'on peut ressentir dans un environnement inconnu s'estompe lors des visites de clubs sociaux avec Maxwell, où l'on rencontre des aînés souriants, concentrés sur leurs parties quotidiennes de mah-jong. Derrière les sourires et les hochements de tête accueillants, Maxwell rappelle toutefois que le jeu est pris très au sérieux dans ces salles. Historical Chinatown Tours bénéficie d'un accès exclusif à certains clubs privés et bâtiments patrimoniaux, en grande partie grâce aux fréquents cadeaux de raviolis faits maison que Maxwell apporte aux membres. Elle anime d'ailleurs aussi des ateliers de confection de raviolis pour ceux qui souhaitent apprendre.

Au fil de cette visite d'environ deux heures, le groupe découvre les politiques d'immigration racistes qui ont longtemps confiné la population chinoise à un quadrilatère de cinq pâtés de maisons sur huit, et apprend que ce n'est qu'en 1947 que les personnes d'origine chinoise ont obtenu le droit de devenir citoyennes canadiennes et de s'installer ailleurs. Maxwell évoque ces injustices pour leur contexte historique, sans s'y attarder excessivement. Elle préfère mettre l'accent sur les parcours humains. « Oui, ce sont des histoires de luttes, mais aussi des histoires d'espoir et de réussite », explique-t-elle.

En complément de cette visite guidée, les clients peuvent consulter le site du Keefer House, qui propose une bibliothèque de ressources, avec des points d'intérêt et des restaurants cartographiés afin de faciliter la découverte du quartier. Bien que l'immeuble dispose d'une sécurité sur place en tout temps et de personnel présent durant la journée, le Keefer House fonctionne selon un modèle à faible interaction : il n'y a ni réception traditionnelle ni conciergerie, comme dans les hôtels classiques.

Le concept n'a rien de nouveau. Les voyageurs ayant déjà séjourné dans des hôtels sans contact ou à contact limité, comme les établissements Sonder aujourd'hui disparus, ou dans des locations de type touristique, sont déjà habitués à l'enregistrement en ligne et à l'utilisation de codes ou de clés numériques. Il faut toutefois savoir que l'expérience diffère de celle d'un hôtel traditionnel. Les personnes moins à l'aise avec la technologie ou qui ne se déplacent pas avec un téléphone mobile devront prévoir des solutions de rechange pour éviter les frustrations.

L'hôtel-boutique compte 58 unités, réparties entre studios et appartements d'une, deux ou trois chambres. On y trouve aussi des suites haut de gamme sur le toit, ainsi qu'une suite avec terrasse idéale pour recevoir sur son vaste patio. Chaque appartement est équipé d'une laveuse-sécheuse et d'une cuisine entièrement aménagée. Le « programme café » m'a particulièrement impressionné — voire un peu intimidé — avec tout le nécessaire pour moudre ses grains, fournis par le torréfacteur local Pallet, et préparer un café filtre ou à piston. Plusieurs cafés se trouvent aussi à environ trois minutes de marche de l'hôtel.

Les chambres sont calmes, bien équipées, et constituent une excellente base pour explorer Vancouver. Les séjours de courte durée sont possibles, tout comme les séjours prolongés. L'accent mis sur les partenariats locaux et sur l'intégration des clients dans le quartier représente une approche réfléchie, que l'on aimerait voir reprise par d'autres établissements.

Au moment de la rédaction, les tarifs au Keefer House variaient entre 180 et 550 $ par nuit, taxes en sus. Les prix affichés sur le site de l'hôtel étaient nettement inférieurs à ceux proposés sur les plateformes de réservation.

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Jen Mallia

Jen Mallia

Senior Editor

Jen Mallia is an Edmonton-based writer, editor, and Oxford comma apologist. She is a former senior editor of the CAA/AMA Insider magazines and has written for a host of publications, including The Globe and Mail. National Post, The Guardian, Today's Parent, and InStyle. 

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