
par Bert Archer
Dernière mise à jour: 7:45 AM ET, Mon November 17, 2025
Le mot d'ordre pour le tourisme de la prochaine décennie devrait être « étaler ».
Comme l'a rappelé la ministre italienne du Tourisme au sommet du WTTC cette année à Rome, l'Italie ne souffre pas du surtourisme. Rome y succombe. Florence y succombe. Et surtout, Venise y succombe. Tout cela ne représente pourtant, selon ses calculs, que 4 % du pays, qui demeure par certains indicateurs la destination la plus courue du continent.
Il en va de même pour la France, l'Espagne, le Portugal…
Pendant longtemps, j'ai cru que la solution consistait à pousser toujours plus loin, vers ces lieux magnifiques et délaissés que sont le Sénégal et la Moldavie, l'Albanie et le Laos.
Je le crois encore.
J'y ajoute désormais des échappées plus accessibles pour ceux qui hésitent à franchir d'un seul élan les frontières du grand inconnu.
Comme un trajet de quarante-cinq minutes hors de Rome.
Le surtourisme est un phénomène si précis, si ciblé, que bien souvent il suffit de cela.
Après avoir entendu la ministre Santanchè, j'ai accepté l'invitation de son ministère à me rendre à Castel Gandolfo, quarante-cinq minutes au sud-sud-est de Rome.
(Photo Credit: Bert Archer)Le sommet se tenait au début d'octobre, désormais au sommet de la haute saison romaine. Les lieux emblématiques débordaient. La file pour entrer dans la basilique Saint-Pierre dépassait tout décompte raisonnable, et celle des Musées du Vatican s'étirait davantage encore. (Pour ceux qui n'ont pas mis les pieds à Rome ou au Vatican depuis quelque temps, on n'entre plus si facilement à Saint-Pierre ; on serpente à travers barrières et détours, et peut-être même quelques orques.)
Puis, après ces quarante-cinq minutes de route, dont une bonne partie longe un lac d'un calme fort bienvenu, on arrive à Castel Gandolfo, résidence d'été des papes, aujourd'hui ouverte au public.
C'est splendide.

(Photo Credit: Bert Archer)
Les jardins sont taillés avec une rigueur d'orfèvre, les allées pensées pour délier les tensions pontificales. Un petit village s'est même développé autour, depuis que le pape Urbain VIII y a établi ses habitudes estivales dans les années 1620.
Et comme l'ensemble repose sur l'emplacement de la villa que l'empereur Domitien fit édifier au premier siècle de notre ère, on peut y combler son appétit de ruines romaines, avec en prime une pointe d'ironie : Domitien fut l'un des souverains les plus hostiles aux premiers chrétiens, qu'il livrait volontiers aux fauves.
(Photo Credit: Bert Archer)Je pourrais m'étendre en descriptions, mais autant regarder les images.
L'entrée coûte 12 € (5 € pour les enfants et les étudiants), avec des tarifs plus élevés si l'on souhaite un guide, ou un guide muni d'une voiturette. Un train direct relie Roma Termini en quarante minutes (suivi d'une montée d'une quinzaine de minutes jusqu'aux jardins), un autobus met davantage de temps mais vous dépose plus près de l'entrée. On peut aussi conduire. Même un taxi ou un Uber revient à moins de 100 €, ce qui, à trois ou quatre, ne s'éloigne pas tant des solutions apparemment plus économiques.

Castelgandolfo (Photo Credit: Bert Archer)
Et comme si cela ne suffisait pas, le lieu demeure le refuge estival du pape. Les visites ne cessent pas lorsqu'il y séjourne, et les employés racontent qu'il arrive qu'on l'aperçoive au détour d'une allée. En quittant les lieux, le cortège de Léon XIV m'a dépassé à toute vitesse : il était apparemment sur place tout ce temps. Amusant.
Ce genre d'apparition ne se produit pas à la fontaine de Trevi.
Ni aux Musées du Vatican, d'ailleurs.
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