Avec l’été qui bat son plein, les voyageurs qui réservent des logements de vacances à l’étranger sont invités à redoubler de prudence. Selon la plateforme de comparaison d’assurances voyage Squaremouth, une série de nouvelles lois encadrant les locations à court terme se propage en Europe et en Asie, touchant potentiellement des milliers d’annonces… et les voyageurs qui en dépendent.
En juin, les autorités espagnoles ont exigé qu’Airbnb retire plus de 65 000 logements ne respectant pas les lois locales. En Thaïlande, des avis ciblent les étrangers qui louent illégalement des condos pour de courts séjours. L’Italie et la Grèce emboîtent le pas avec des restrictions semblables, destinées à freiner le surtourisme et à répondre à la crise du logement.
Ces mesures peuvent entraîner des frais inattendus, notamment lorsque des réservations sont annulées ou déclarées invalides à la dernière minute. C’est ce qui est arrivé à une employée de Squaremouth : « Nous avions un Airbnb à Bangkok, mais la Thaïlande venait d’interdire les locations de courte durée dans les appartements et condos. La réservation a été annulée, et comme nos plans reposaient sur cet emplacement, on a dû réserver un hôtel à la dernière minute. Ça nous a coûté environ 680 $ de plus », explique Arielle Turriff, cheffe de produit.
Une industrie divisée
Les nouvelles restrictions suscitent des débats animés, autant parmi les élus que dans l’industrie et chez les voyageurs. Pour certains, une réglementation plus serrée est essentielle pour protéger les résidents… et les visiteurs. D’autres y voient une dérive, voire une réponse mal ciblée à des problèmes plus profonds.
« On assiste à un effet domino, de New York à Barcelone, où les villes tentent de réguler les locations à court terme sans comprendre à quel point le secteur s’est professionnalisé », affirme Alexander Lyakhotskiy, PDG de l’agence britannique Pass the Keys. « Les gestionnaires professionnels veulent suivre des règles claires pour contribuer à l’économie locale, assurer la sécurité des clients et maintenir des standards. Les interdictions totales ne font que pousser l’industrie dans l’ombre, au détriment de la sécurité et des revenus fiscaux. »
Paul Stewart, fondateur du service My Baggage USA, ajoute que les mesures « brutales » comme la radiation massive des logements en Espagne plongent les voyageurs dans l’incertitude, sans réelle coordination entre plateformes et autorités. « On crée un système à deux vitesses, où les clients d’hôtels haut de gamme continueront à revenir, mais les autres iront ailleurs ou voyageront moins. »
Pour Casey Halloran, fondateur de Costa Rican Vacations, ces mesures sont simplement « trop longtemps attendues ». Selon lui, les locations non encadrées déforment les marchés immobiliers et poussent les résidents, y compris infirmiers, enseignants et familles, à quitter leur ville. « Cela alimente des mouvements anti-gentrification qu’on n’avait jamais vus ici auparavant. »
« Un modèle durable du tourisme doit respecter les visiteurs, les communautés et l’environnement. Les gouvernements commencent enfin à réagir. À long terme, les voyageurs y gagnent aussi : un lieu vivant ne le reste pas sans une communauté qui y vit. »
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