
par Mia Taylor
Dernière mise à jour: 11:05 AM ET, Thu May 8, 2025
Donald Trump vient de conclure ses 100 premiers jours à la présidence, et ses débuts à la Maison-Blanche ont ébranlé plusieurs sphères de la vie américaine – y compris l’industrie touristique.
Les visites aux États-Unis ont diminué, en partie à cause de certaines déclarations du président, notamment celle où il a suggéré de faire du Canada le « 51ᵉ État ».
Ce genre de propos, combiné à l’imposition de nouveaux tarifs douaniers envers le Canada – pourtant un allié de longue date –, a incité de plus en plus de voyageurs canadiens à dépenser leur argent ailleurs.
Selon Statistique Canada, les déplacements par la route vers les États-Unis ont chuté de 32 % en mars par rapport à l’an dernier. Le nombre de Canadiens ayant voyagé en avion a aussi diminué de 13,5 % durant le même mois.
Il s’agit d’un revirement notable par rapport à 2024, année où le Canada était le principal marché émetteur de visiteurs vers les États-Unis. Environ 20,4 millions de Canadiens ont alors dépensé quelque 28 milliards $ dans les hôtels, restaurants, magasins et autres secteurs touristiques américains.
Plusieurs destinations américaines ressentent déjà les effets de cette baisse. En Californie, par exemple, quelque 1,8 million de Canadiens ont été accueillis l’an dernier, y dépensant 5,08 milliards $, selon le bureau du gouverneur Gavin Newsom.
Cette année, toutefois, les chiffres montrent une baisse de 12 % des visiteurs canadiens en février par rapport à l’an passé – la première diminution depuis le redémarrage de l’économie touristique post-pandémie.
La Californie a réagi en lançant une nouvelle campagne visant à séduire de nouveau les voyageurs canadiens.
Hawaï subit elle aussi les contrecoups de ce que certains appellent le « Trump Slump ». En mars, Hawai’i News Now rapportait que plusieurs Canadiens annulaient leurs séjours à Hawaï en réaction aux politiques de la nouvelle administration américaine.
Samantha Carreira, responsable des relations médias pour Hawaï Tourisme Canada, a récemment commenté la situation à TravelPulse.
« Hawaï a connu un léger ralentissement des arrivées en provenance du Canada durant la première moitié de 2025 », a-t-elle expliqué.
Parmi les raisons évoquées : la faiblesse du dollar canadien, mais aussi des déclarations jugées inquiétantes du président Trump sur la souveraineté canadienne.
« Cela dit, le Canada demeure un marché international prioritaire pour Hawaï, avec un fort intérêt qui persiste », a-t-elle tenu à souligner.
L’organisme mise sur une stratégie axée sur les atouts culturels, naturels et expérientiels uniques de l’archipel – des éléments qui distinguent Hawaï des autres destinations américaines, selon Carreira.
« Nous mettons l’accent sur le tourisme régénératif et les expériences responsables qui s’arriment aux valeurs canadiennes en matière de durabilité, d’authenticité et de lien communautaire », a-t-elle poursuivi.
Le message de Hawaï Tourisme Canada repose aussi sur l’idée que Hawaï n’est pas seulement un endroit à visiter, mais un lieu auquel on peut réellement se connecter.
Cette approche tombe à point, alors que plusieurs transporteurs réduisent ou suspendent leurs liaisons entre le Canada et les États-Unis, les voyageurs canadiens préférant désormais des destinations comme le Mexique ou l’Europe. Selon l’analyste OAG, il s’agirait même d’un « effondrement » des vols vers les États-Unis.
Pour y remédier, Hawaï Tourisme Canada collabore étroitement avec ses partenaires aériens afin de suivre de près la desserte des îles à partir des principales villes canadiennes.
Qu’il s’agisse de vols ou de séjours, l’objectif de l’organisme est clair : rappeler aux Canadiens que Hawaï demeure une destination à part.
« De l’esprit d’aloha à la philosophie du mālama – qui consiste à prendre soin de la terre et des autres –, Hawaï permet aux voyageurs de vivre bien plus qu’un simple séjour touristique », conclut Samantha Carreira.
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