
par Bert Archer
Dernière mise à jour: 8:05 AM ET, Fri July 11, 2025
Les passionnés d’ornithologie qui rêvent d’observer la mystérieuse pie-grièche migratrice au Canada n’ont que peu de fenêtres. Et celle-ci est grande ouverte : l’été sur les prairies, moment où les jeunes quittent le nid et s’exercent à voler — maladroitement — au-dessus des champs de la Saskatchewan.
Moins grosse qu’un merle, la pie-grièche migratrice est reconnaissable à sa silhouette compacte, son masque noir sur les yeux, son long bec crochu et sa manie inusitée d’empaler ses proies sur les branches ou les fils barbelés. C’est un oiseau carnivore, ce qui est rare pour une si petite espèce. Elle chasse les insectes, les petits rongeurs et même les lézards, mais elle doit apprendre à le faire en quelques semaines — tout en évitant tracteurs, routes et prédateurs.
Présente autrefois dans de nombreuses régions du pays, la pie-grièche a pratiquement disparu de l’Est. On en trouve encore dans certaines zones agricoles de l’Ontario, mais ce sont les plaines de la Saskatchewan et du sud de l’Alberta qui offrent aujourd’hui les meilleures chances d’en observer.
Pour les conseillers en voyages dont la clientèle s’intéresse à la faune, aux milieux menacés et aux observations rares, il s’agit d’un argument de poids. L’espèce est encore visible dans certaines parties du sud des États-Unis — notamment en Floride, au Texas et en Caroline du Sud — mais elle y demeure discrète. Ici, les programmes de suivi de la population sont actifs, les sentiers bien balisés, et l’expérience, profondément gratifiante.
C’est une occasion de plus pour valoriser un séjour prairie, en dehors des circuits classiques : un tourisme de niche, certes, mais bien réel — et de saison.
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