
par Brian Major
Dernière mise à jour: 10:05 AM ET, Tue March 31, 2026
Dire que les Bahamas se portent bien sur le plan touristique serait un euphémisme. La destination enchaîne les records pour la troisième année consécutive : en 2025, elle a accueilli 12,5 millions de visiteurs par voie aérienne et maritime, soit une croissance de 11,4 % d'une année à l'autre et un achalandage supérieur de 72 % aux niveaux d'avant-pandémie.
Ces résultats s'inscrivent dans la foulée d'une stratégie mise en place après les ravages de la COVID-19 : s'associer aux acteurs du tourisme pour attirer des investissements, créer des expériences de calibre mondial et réinvestir les revenus touristiques dans les soins de santé, l'éducation et les infrastructures locales.
La tendance se poursuit en 2026. Disney Cruise Line a élargi son offre aux Bahamas avec de nouvelles croisières vers Nassau et sa destination privée, Lookout Cay. De son côté, Celebration Key de Carnival a créé 2 500 emplois permanents et généré des retombées économiques de 4,4 milliards de dollars. MSC Croisières, quant à elle, investit 620 millions de dollars dans les infrastructures portuaires de Grand Bahama — espaces commerciaux, restauration et divertissement — en plus de consacrer 69 millions de dollars supplémentaires à la construction d'un beach club et à la réfection de l'espace commercial existant.
À la tête de ces développements se trouve Chester Cooper, vice-premier ministre des Bahamas et ministre du Tourisme, des Investissements et de l'Aviation. TravelPulse s'est récemment entretenu avec lui du rôle du gouvernement dans le succès touristique du pays.
TravelPulse (TP) : Comment décririez-vous l'année 2025 et comment expliquez-vous ces chiffres de croissance remarquables ?
Chester Cooper (CC) : Nous avons connu une excellente année. Nous bâtissons sur les succès du passé, sur une marque très solide et une stratégie bien définie. Une grande partie de notre croissance est attribuable au tourisme de croisière. Nous avons considérablement développé nos infrastructures, notamment avec un investissement de 350 millions de dollars [482 millions de dollars CA] dans le port de croisière de Nassau il y a quelques années, suivi l'an dernier de l'ouverture de Celebration Cay de Carnival. Grand Bahama attirera un million d'escales de visiteurs. Quand on conjugue la force d'une marque, les investissements dans les infrastructures et une stratégie cohérente, voilà le résultat.
TP : Comment le gouvernement met-il sa stratégie en œuvre ?
CC : Nous maintenons des bureaux dans plusieurs régions du monde et nous visitons plus de 35 villes aux États-Unis, au Canada et ailleurs pour faire rayonner la marque Bahamas et tout ce que nous avons à offrir. Nous lançons une campagne pour faire valoir que nous sommes bien plus qu'une seule île — nous en sommes toute une vie. Nous élargissons notre offre à 16 destinations insulaires, car beaucoup de gens ne connaissaient que Nassau et Paradise Island.
TP : Que pouvez-vous nous dire sur Celebration Cay ?
CC : C'est un projet de 700 millions de dollars [964 millions de dollars CA], un investissement direct de Carnival Corp., qui leur permet de proposer des itinéraires à destinations multiples aux Bahamas. Le site peut accueillir deux méga-paquebots et ils prévoient d'en accueillir quatre d'ici 2028, avec une cible de quatre millions de passagers par année. C'est une composante de notre stratégie globale visant à développer le tourisme multi-destinations aux Bahamas. Notre proximité avec la Floride est un avantage indéniable, d'autant plus que le coût du carburant ne cesse d'augmenter. Grand Bahama elle-même a énormément à offrir : des expériences durables, les attraits de Freeport, les expériences insulaires de la West End sur et autour de la mer. C'était une occasion en or pour Carnival, et nous en tirons parti pour accroître significativement nos chiffres de croisière.
TP : Comment fonctionnera le nouveau port de Freeport Harbour ?
CC : Ce ne sera pas un port exclusif à MSC, mais un port ouvert. MSC y aménage un centre d'expériences balnéaires, de nouveaux commerces, des restaurants et de nouvelles occasions de développement pour Grand Bahama. Le port de Freeport donne directement sur le centre-ville, tandis que Celebration Cay se trouve à l'extrémité est de l'île. Avec ces deux développements, nous anticipons que Grand Bahama deviendra l'une des principales destinations de croisière dans les Caraïbes.
TP : Comment se porte la destination privée de Disney, Lookout Cay ?
CC : Lookout Cay a ouvert il y a deux ans et affiche d'excellents résultats. C'est une occasion unique de découvrir l'océan tout en faisant escale à Nassau et Grand Bahama.
TP : Quelle est la vision du gouvernement sur l'industrie de la croisière dans son ensemble ?
CC : L'industrie de la croisière connaît une croissance robuste à l'échelle du pays. Elle contribue de façon significative à notre croissance économique : revenus gouvernementaux en hausse, occasions d'affaires, valorisation de notre offre. Nous diversifions cette offre. Nous sommes bien plus que Nassau, Paradise Island et le port de croisière de Nassau, et nous voulons que le monde entier le sache.
TP : Comment les Bahamas ont-elles surmonté la crise de la COVID-19 ?
CC : Nous avons utilisé la COVID comme occasion de recalibrer notre offre. Nous avons d'abord géré la crise du mieux possible, puis rouvert notre économie en faisant savoir haut et fort que nous étions ouverts aux affaires. Ce message a été bien reçu : nous avons depuis attiré plus de 15 milliards de dollars [20,7 milliards de dollars CA] en nouveaux investissements, en grande partie dans le secteur touristique, mais aussi dans l'éducation, les soins de santé et les infrastructures, notamment la modernisation d'aéroports à travers les îles, ainsi que de nouvelles routes et de nouveaux ponts. Nous construisons pour l'avenir.
TP : Comment les Bahamas comptent-elles gérer la croissance du tourisme ?
CC : Nous voyons les chiffres continuer de croître de façon exponentielle et nous voulons nous assurer de maintenir les services de calibre mondial qui nous permettront de poursuivre notre expansion au-delà de la croisière. Notre tourisme d'agrément est dynamique et nous souhaitons le développer davantage, d'où notre effort pour accroître notre inventaire de chambres. Les plus grandes marques mondiales s'installent aux Bahamas : Rosewood, Bulgari, Six Senses, Park Hyatt — et ce n'est pas tout. C'est une injection massive dans notre secteur touristique dont nous savons qu'elle portera ses fruits. Le tourisme est le moteur de notre économie. Je l'appelle la marée montante de notre pays.
TP : Quel rôle joue la durabilité environnementale dans le développement touristique des Bahamas ?
CC : Nos visiteurs viennent aux Bahamas pour notre environnement et nos infrastructures. Ils comprennent que notre engagement à préserver le paradis fait partie de notre marque. Nous veillons notamment à éviter le surtourisme, c'est pourquoi nous développons des infrastructures dans l'ensemble de nos îles. Nous avons créé de nouvelles expériences comme Coral Leaders, un programme de culture du corail qui enrichit l'expérience de nos visiteurs tout en contribuant à la préservation de la vie marine. MSC, de son côté, aménage un centre de conservation à Ocean Cay dans le même esprit. En matière de tourisme durable, nous montrons la voie depuis des décennies. Nous appelions cela l'écotourisme. Maintenant que les autres nous rejoignent, on parle de tourisme durable. C'est tout simplement notre mode de vie. Nous devons préserver notre économie, notre environnement pour les générations futures et le protéger pour assurer la pérennité de notre pays. Tout ce que nous faisons vise à protéger ce que nous considérons comme un don du ciel.
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