
par Laurie Baratti
Dernière mise à jour: 9:05 AM ET, Mon April 14, 2025
La décision soulève l’inquiétude chez les passagers canadiens et américains : l’administration Trump, par l’entremise de Robert F. Kennedy Jr., nouveau secrétaire à la Santé, vient de congédier tout le personnel civil du Vessel Sanitation Program (VSP), le programme fédéral chargé d’inspecter les navires de croisière et d’enquêter sur les éclosions de maladies à bord.
Selon ce que rapporte CBS News, une douzaine d’agents de la Santé publique américaine restent en poste, mais l’épidémiologiste responsable des enquêtes sur les éclosions en mer fait partie des personnes mises à pied. Fait étonnant : le programme ne dépend pas des fonds publics, mais est financé par les frais versés par l’industrie des croisières elle-même, ce qui laisse les experts perplexes quant à la logique de cette coupure.
En tout, près de 2400 postes ont été supprimés au sein des CDC, les Centres pour le contrôle et la prévention des maladies, dans une vague de compressions qui survient alors que les cas de norovirus atteignent un sommet inégalé aux États-Unis. Une douzaine d’éclosions ont été signalées sur des navires depuis le début de l’année, certaines touchant des dizaines, voire des centaines de passagers. À titre comparatif, seulement 18 incidents avaient été recensés en 2024.
Un porte-parole du Département de la Santé a tenté de rassurer en affirmant que les opérations se poursuivront grâce au personnel en uniforme du Service de santé publique. Mais plusieurs hauts fonctionnaires du CDC préviennent déjà que les inspections et les enquêtes risquent de diminuer. « Les inspecteurs doivent maintenant assumer des tâches administratives en plus du travail sur le terrain », a déclaré l’un d’eux. « Il ne reste pratiquement plus de personnel civil pour les appuyer. »
Erik Svendsen, qui dirigeait jusqu’à récemment la division environnementale des CDC, affirme que le programme est à bout de souffle. À son apogée, le VSP comptait une vingtaine d’employés ; ils étaient déjà en sous-effectif avant les mises à pied. L’an dernier, près de 200 inspections de navires ont été réalisées.
Aujourd’hui, il ne reste qu’un seul épidémiologiste en formation pour enquêter sur les éclosions. Les services touchés incluent les suivis avec les autorités locales, les enquêtes post-croisière, et même les mises à jour du site Web du CDC. La formation d’un nouvel inspecteur peut prendre jusqu’à six mois, et le recrutement s’annonce difficile, notamment en raison des déplacements fréquents exigés par le poste.
Traduit et rédigé par Bert Archer
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