Le FBI signale le taux de criminalité le plus élevé sur les navires de croisière en dix ans

Image: « Des crimes graves peuvent bel et bien survenir en mer » (Photo Credit: Eric Bowman)
Image: « Des crimes graves peuvent bel et bien survenir en mer » (Photo Credit: Eric Bowman)
Sarah Kuta
par Sarah Kuta
Dernière mise à jour: 7:05 AM ET, Tue May 27, 2025
Bert Archer
traduit par Bert Archer

Plusieurs incidents survenus récemment à bord de navires de croisière ont fait les manchettes, notamment une violente bagarre sur le Carnival Jubilee et la possible implication d’un meurtre sur le MSC Virtuosa.

Le secteur des croisières fait-il face à un problème de criminalité? « Loin de là », affirme Charles Sylvia, vice-président des relations industrielles et commerciales de la Cruise Lines International Association (CLIA).

« Les navires de croisière figurent parmi les options de vacances les plus sécuritaires au monde, avec des taux de crimes graves nettement inférieurs à ceux enregistrés à terre, grâce à des couches multiples de sécurité et aux particularités de ce mode de transport », a-t-il déclaré à TravelPulse. Il rappelle que les compagnies de croisières appliquent une politique de tolérance zéro en matière de criminalité, et que les allégations de crimes graves en mer sont extrêmement rares.

Il cite une étude commandée par la CLIA au criminologue James Alan Fox, de l’Université Northeastern, qui a comparé les taux d’homicides, d’agressions sexuelles et d’agressions graves ayant entraîné des blessures survenues entre janvier 2016 et décembre 2019, tant sur les navires que sur le territoire états-unien.

Résultat : le taux d’agressions sexuelles à terre était de 63,8 pour 100 000 habitants, contre 19,2 en mer. Pour les agressions graves, le taux était de 432,2 à terre, contre 2,6 sur les navires. Quant aux homicides, le taux était de 11,9 à terre, contre 0,1 sur les croisières.

« Il est évident que les taux dans l’industrie des croisières sont largement inférieurs pour les trois catégories de crimes », a résumé Fox. « Le risque de victimisation à bord demeure une fraction de celui enregistré à terre. »

Il ajoute que les croisières demeurent l’une des options les plus sécuritaires en matière de criminalité violente. « Aucun lieu de vacances n’est complètement exempt de risques, mais les croisières représentent clairement un choix relativement sûr. »

Sylvia rappelle également que le secteur est soumis à une réglementation rigoureuse, tant à l’échelle nationale qu’internationale, en matière de sécurité. Il souligne que la transparence de l’industrie en matière de statistiques criminelles est « sans précédent » comparativement aux autres branches du tourisme.

Par exemple, la loi états-unienne Cruise Vessel Security and Safety Act, adoptée en 2010 avec l’appui de l’industrie, impose aux croisiéristes des exigences strictes en matière de sécurité. Elle oblige notamment les compagnies à signaler au FBI plusieurs types de crimes, comme les homicides, décès suspects, disparitions de citoyens états-uniens, enlèvements, agressions graves, vols de plus de 10 000 $ et agressions sexuelles. Ces données sont ensuite compilées et publiées chaque trimestre.

« Des crimes graves peuvent bel et bien survenir en mer », reconnaissait le FBI dans une déclaration d’août 2024, en précisant que l’alcool est souvent en cause.

Les navires doivent également tenir un registre des plaintes criminelles et vols de plus de 1 000 $, accessible aux autorités.

Le plus récent rapport, portant sur la période du 1er janvier au 31 mars 2025, fait état de 48 incidents présumés à bord de navires de croisière, un de plus qu’à la même période en 2024.

Voici la comparaison complète selon les données du FBI :

2025 : 48 incidents
2024 : 47 incidents
2023 : 32 incidents
2022 : 17 incidents
2021 : 1 incident
2020 : 18 incidents
2019 : 25 incidents
2018 : 26 incidents
2017 : 27 incidents
2016 : 26 incidents
2015 : 6 incidents

Outre le respect des lois fédérales, les membres de la CLIA se sont engagés à signaler les crimes graves aux autorités locales, quel que soit l’endroit du globe. Ils doivent également les déclarer à l’État pavillonnaire du navire et permettre aux passagers et membres d’équipage de communiquer facilement avec les services policiers.

Les compagnies mettent également en œuvre des mesures pour protéger les enfants dans les clubs jeunesse, soutenir les victimes, renforcer la sécurité à bord, et former le personnel à réagir aux incidents.

« Ces politiques renforcent la sécurité, la transparence et la responsabilisation à l’échelle de toute l’industrie », conclut la CLIA.



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