
par Natasha Lair
Dernière mise à jour: 12:05 PM ET, Thu May 29, 2025
Le PDG du Groupe WestJet, Alexis von Hoensbroech, appelle le gouvernement fédéral à repenser sa façon de traiter l’industrie aérienne, soutenant qu’une réduction des frais et des taxes sur les vols profiterait non seulement aux Canadiens, mais contribuerait aussi à renforcer l’unité nationale.
S’adressant à un auditoire d’affaires à Calgary mardi, von Hoensbroech a remis en question le soutien fédéral à certaines infrastructures de transport comme les ponts, les chemins de fer et les traversiers, alors que l’aviation — souvent seul moyen d’accès pour plusieurs communautés isolées — doit composer avec un éventail de coûts imposés par l’État.
« Il faut construire le Canada — plus que jamais — et l’aviation joue un rôle clé », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il est « fondamentalement injuste » que le transport aérien ne soit pas considéré comme un service essentiel, selon les propos rapportés par CTV News.
Fin de l’intégration de Sunwing
Son intervention survient alors que WestJet vient d’annoncer la fin de l’intégration de Sunwing Airlines, concluant un processus de consolidation amorcé avec l’acquisition de 2023.
Cette opération vise à simplifier les opérations et à développer l’offre de vols vacances vers les destinations soleil, un segment qui continue de bien performer malgré l’évolution des habitudes de voyage.
Un billet bien plus cher qu’aux États-Unis
Dans son discours, von Hoensbroech a souligné l’écart de coût entre le Canada et les États-Unis. Un billet aller-retour au Canada comprend environ 133 $ de frais, soit plus du double des 49 $ imposés chez le voisin du sud.
Le PDG de WestJet, Alexis von Hoensbroech (Source: WestJet)« Des millions de Canadiens ne peuvent pas se permettre un billet d’avion », a-t-il affirmé. « Cela s’explique en grande partie par le coût des infrastructures, les frais et les surtaxes, qui sont beaucoup plus élevés que dans la majorité des autres pays. »
Il a également cité le discours du trône fédéral prononcé le jour même par le roi Charles, retenant cette phrase : « Le gouvernement est guidé par la conviction que l’économie est véritablement forte lorsqu’elle est au service de tous », avant d’ajouter : « Un très grand nombre de Canadiens ont de la difficulté à avancer. »
Réformes souhaitées
Cette prise de position s’inscrit dans un mouvement plus large du milieu des affaires canadien, qui réclame une réduction des barrières au commerce intérieur et un renforcement de la compétitivité internationale du pays, surtout alors que les relations avec les États-Unis deviennent plus incertaines.
Malgré tout, von Hoensbroech demeure optimiste : « Ce que nous avons constaté par le passé dans notre industrie, c’est que chaque fois qu’il y a un changement dans les comportements de voyage en raison de facteurs politiques, cela s’avère généralement temporaire. »
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