
par Jen Mallia
Dernière mise à jour: 1:20 PM ET, Mon December 22, 2025
Ce sentiment est largement partagé — et les chiffres le confirment. Le comportement des passagers aériens se détériore bel et bien pendant la période très achalandée des déplacements des Fêtes.
Une analyse de données menée par CBC News à partir des statistiques de Transport Canada sur les 25 dernières années montre que les incidents impliquant des passagers turbulents ou perturbateurs culminent de façon disproportionnée en décembre. Cette hausse ne s’explique pas uniquement par le nombre accru de vols.
Selon les rapports déposés auprès de Transport Canada, depuis l’an 2000, le mois de décembre affiche en moyenne 9,65 signalements de passagers perturbateurs par tranche de 1 000 événements aéronautiques. Août présente le taux le plus bas, à 5,08 signalements, soit près de la moitié. La notion de « passager perturbateur » couvre un large éventail de comportements : refus de redresser son siège pour l’atterrissage, état d’ébriété et agitation, consommation de tabac dans les toilettes, voire agressions. Un rapport est exigé dès qu’un passager « perturbe ou menace le déroulement normal des opérations d’un aéronef ».
Des facteurs de stress saisonniers
Alia Hussain œuvre dans l’industrie aérienne depuis plus de 18 ans et préside le Syndicat canadien de la fonction publique, CUPE, qui représente le personnel de cabine de WestJet.
Elle explique à CBC News que les correspondances serrées, les perturbations liées aux conditions météo et les vols complets accroissent le stress autant chez les passagers que chez les équipages.
« Nous travaillons selon des horaires irréguliers, dans des conditions d’exploitation exigeantes, et enchaînons souvent des périodes de repos minimales », souligne-t-elle. « L’ensemble crée un environnement beaucoup plus intense qu’au cours d’un mois de déplacements ordinaire, pour les passagers comme pour les équipages. » Les données montrent que les signalements de mauvais comportements sont particulièrement fréquents le jour de Noël.
Un récent sondage de Flight Centre s’est penché sur les sources de stress liées aux déplacements. Réalisée par YouGov, l’enquête révèle que quatre Canadiens sur cinq ont déjà vécu une perturbation en voyage, le plus souvent un retard de vol (63 %), suivi de la perte de bagages (37 %) et des annulations (28 %).
Si les retards et les bagages égarés occupent les deux premières places des irritants, les passagers perturbateurs — incluant les bébés qui pleurent ou les voyageurs intoxiqués — arrivent au troisième rang, cités par 41 % des répondants. Environ un cas sur cinq analysé par CBC News fait référence à la consommation d’alcool.
Les déplacements en 2022, alors que les restrictions sanitaires liées à la COVID-19 demeuraient élevées, ont généré davantage de signalements, plusieurs étant associés aux exigences de port du masque. La situation s’est graduellement améliorée depuis, sans toutefois retrouver les niveaux d’avant la pandémie. « Nous observons encore des passagers affichant un niveau de stress plus élevé, une tolérance réduite aux retards ou aux limites de service, et une propension accrue à contester les consignes de sécurité », précise Alia Hussain.
Toronto et l’Ouest en tête des statistiques
Toujours selon l’analyse de CBC News, les liaisons ayant cumulé le plus grand nombre de cas distincts de passagers perturbateurs au cours des 24 dernières années sont Edmonton–Toronto (53), Toronto–Vancouver (49) et Toronto–Calgary (48). Du côté international, la route Toronto–Las Vegas arrive en tête avec 15 cas.
Air Canada, WestJet et Porter indiquent ne pas appliquer de protocoles particuliers durant les périodes de pointe ou sur des liaisons spécifiques. Flight Centre a pour sa part diffusé un « guide du voyageur courtois », invitant les passagers à faire preuve de patience et d’attention envers les autres voyageurs.
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