L’Association du transport aérien international a diffusé une déclaration commune à l’occasion de la COP30, aux côtés des gouvernements du Japon et de la Malaisie ainsi que d’un large éventail d’organisations du secteur. Ce texte, publié par l’IATA, presse les États et la communauté internationale de réaffirmer le rôle central de l’Organisation de l’aviation civile internationale dans la gestion des émissions du transport aérien et d’accélérer la mise en œuvre des outils climatiques déjà adoptés.
Le communiqué insiste sur la nécessité d’un cadre mondial unique pour la réduction des émissions, rappelant que l’OACI demeure la seule instance habilitée à réglementer l’aviation internationale en vertu de la CCNUCC et du Protocole de Kyoto. Les signataires préviennent que les initiatives unilatérales ou fragmentées risquent de nuire à l’efficacité des mesures climatiques.
Ils soulignent également l’importance de renforcer la mise en œuvre de Corsia, approuvé par les 193 États membres de l’OACI. Selon les chiffres cités par l’IATA, la première phase du mécanisme (2024-2026) pourrait mener à l’achat d’environ 200 millions de crédits, soit environ 280 millions de dollars. La valeur totale des crédits attendus pour cette période est estimée entre 7 et 9,8 milliards de dollars, et le volume grimperait ensuite rapidement, Corsia visant près de deux milliards de compensations d’ici 2035. Les fonds générés alimenteraient des projets de réduction d’émissions, surtout dans les pays en développement.
La déclaration invite par ailleurs les États hôtes à activer l’Article 6 de l’Accord de Paris en délivrant les lettres d’autorisation requises et en mettant en circulation les unités admissibles dans Corsia. Selon les signataires, ces mesures sont essentielles pour débloquer le financement climatique international.
Le texte rejette l’idée que des taxes ou des prélèvements sur les billets constitueraient une solution climatique crédible. Les organisations signataires estiment que ces mécanismes détourneraient des sommes qui pourraient autrement être investies dans des projets de réduction d’émissions, en plus d’affecter la connectivité et de frapper de manière disproportionnée les économies insulaires et les pays à faible revenu.
La déclaration est soutenue par un ensemble d’associations internationales, dont le
Conseil national des lignes aériennes du Canada et le World Travel & Tourism Council. Leur présence parmi les signataires illustre la volonté d’une partie importante de l’industrie d’insister sur un cadre multilatéral cohérent plutôt que sur une multiplication d’initiatives nationales.
Les gouvernements du Japon et de la Malaisie se joignent à ce front commun, tout comme plusieurs regroupements régionaux et sectoriels, du transporteur à l’aéroportuaire en passant par l’aviation d’affaires, qui réclament une position ferme en faveur d’une gouvernance climatique unifiée pour l’aviation internationale.
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