
par Bert Archer
Dernière mise à jour: 10:05 AM ET, Wed April 23, 2025
TravelPulse Québec a parlé avec Yves Marceau, VP aux opérations pour G Adventures et chef de leurs fonctions américaines, pour savoir si les événements de ces jours-ci allaient changer leur programme, leur façon de faire des affaires ou leur bottom line.
Pour ceux qui connaissent G, l’entrevue a soulevé une surprise — et une chose pas surprenante du tout.
Les enjeux américains
Ce qui ne surprend personne, c’est que les développements américains concernant le DEI, l’immigration, tout ça, ne les ébranlent pas.
« G ne changera aucune de ses politiques. On est ce qu’on est, pis on va rester comme ça comme entreprise. Voilà, c’est tout », lance-t-il.
Et quant à la situation avec la diminution des voyages vers les États-Unis par les Canadiens et les autres, c’est pas un enjeu non plus, mais pour une raison différente.
Le marché américain
« Tu sais, ça n’a jamais été une de nos destinations principales. Ça a diminué pendant le premier mandat de Trump, après ça y’a eu la COVID, pis ça s’est jamais vraiment replacé », conclut-il.
Ce qu’il voit actuellement, c’est une petite augmentation des voyages domestiques, les touristes américains voyageant à l’intérieur des frontières de leur propre pays.
« On continue de voir une forte demande du côté des Américains qui veulent voyager aux États-Unis. L’Alaska est en demande, puis les parcs nationaux restent populaires. Fait qu’on continue de développer un peu de produit pour le marché domestique américain », explique-t-il.
Chanceux les Américains, mais c’est une chance pour nous aussi, parce que ça a donné lieu à une idée un peu étonnante — dans le contexte de G, pour qui le marché canadien, en dépit du fait que c’est une entreprise aussi canadienne que le sirop d’érable et les matchs de hockey, n’a jamais représenté plus que 10 % de leurs affaires mondiales.
L’avenir canadien
Après plus de 35 ans, G lancera un programme concret de voyages au Canada — et ça commence avec le Québec.
« C’est sûr qu’on va les lancer d’ici juillet, avec probablement des dates de voyage dès le tout début de l’année prochaine. On prévoit en fait une version hivernale au Saguenay, et une version estivale du même voyage, dans le même segment.
On travaille avec une petite auberge qui surplombe le Saguenay. De là, t’es pas loin de Tadoussac — donc tu peux aller observer les baleines, faire de la raquette, de la pêche sur glace… toutes les activités le fun.
Et on regarde aussi du côté des Maritimes et de Terre-Neuve. »
Il n’y a rien du côté de la côte Ouest pour l’instant, à cause des prix élevés.
Le casse-tête francophone
Francophone de l’Ouest-de-l’Île, comme Legault, M. Marceau s’est aussi prononcé sur G Adventures et les voyageurs francophones avant de quitter notre appel Zoom.
« On les voit dans nos voyages organisés, mais proportionnellement, c’est probablement pas représentatif du poids du Québec dans la population canadienne, mettons. Puis je ne sais pas trop pourquoi, parce que je pense vraiment que nos voyages pourraient intéresser ce public-là — surtout des Québécois très scolarisés, qui ne cherchent pas nécessairement Cuba ou un tout-inclus sur une plage, mais quelque chose d’un peu plus aventureux.
Je vois encore ce public-là comme curieux, prêt à explorer, puis très à l’aise de tout organiser eux-mêmes. Je pense à ma tante et mon oncle : ils voyagent partout dans le monde, et ils planifient tout eux-mêmes. Ils ne passent même pas par un voyagiste. Ils ne me demandent même pas de contact, alors que j’en ai partout ! Ils préfèrent faire leurs affaires. Puis je vois plein d’amis à moi qui sont pareils. »
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