Tourisme durable : à l’industrie de prendre le relais, soutient easyJet Holidays

Image: Le secteur touristique fait encore l’erreur de croire que les voyageurs souhaitent activement des options durables (Photo Credit: Flickr/Jason Puddephatt)
Image: Le secteur touristique fait encore l’erreur de croire que les voyageurs souhaitent activement des options durables (Photo Credit: Flickr/Jason Puddephatt)
Bert Archer
par Bert Archer
Dernière mise à jour: 10:10 AM ET, Thu March 27, 2025

L’industrie du voyage doit arrêter de compter sur les consommateurs pour porter le fardeau de la durabilité. C’est ce qu’a affirmé Matt Callaghan, chef de l’exploitation chez easyJet Holidays, lors de la conférence sur le tourisme durable organisée par l’ABTA, selon des propos rapportés par le Travel Trade Gazette (TTG) de Londres.

Callaghan a invité les entreprises touristiques à s’approprier l’enjeu, citant en exemple le virage éthique pris par les chaînes de cafés. « Est-ce qu’on vous a offert un café équitable comme extra ce matin? Pourquoi non? Parce qu’ils l’ont déjà intégré! » a-t-il lancé, selon le TTG.

Il a rappelé qu’en 2002, à peine 10 % des cafés servis dans les établissements étaient d’origine éthique, comparé à 80 % en 2012. « Ce changement n’a pas été imposé par les clients. L’industrie a pris l’initiative, parce que ça comptait pour elle », a-t-il souligné.

Selon lui, le secteur touristique fait encore l’erreur de croire que les voyageurs souhaitent activement des options durables. « Les clients ne devraient pas avoir à choisir entre ce qui est abordable, agréable et responsable », a-t-il plaidé. « La durabilité doit devenir la norme, quelque chose à laquelle on ne réfléchit même plus. »

Le TTG indique qu’easyJet Holidays vient de publier son premier rapport d’impact, un exercice que Callaghan reconnaît comme exigeant. « Il faut une certaine vulnérabilité pour faire ça, et les grandes marques ne sont pas toujours à l’aise avec cette idée. »

Plutôt que de viser la perfection, il recommande d’agir vite, en misant sur l’éducation, la collaboration et l’action concrète. « Il faut que la direction endosse la vision, pour que l’action devienne inévitable. »

Pour Callaghan, ce virage représente un changement de fond dans la manière de faire des affaires. Il a conclu avec un rappel percutant sur l’impact social du tourisme : « Les lieux qu’on appelle “destinations”, d’autres les appellent “chez eux”. Et quand on voit aux nouvelles des gens dénoncer le tourisme dans leur propre communauté, c’est que le moment d’agir est arrivé. »

 

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