
par Mia Taylor
Dernière mise à jour: 8:05 AM ET, Wed March 19, 2025
La guerre commerciale mondiale de plus en plus intense menée par l’administration Trump présente des « conséquences à haut risque » pour l’industrie du voyage aux États-Unis, notamment en raison d’une possible chute marquée de la demande touristique, selon un nouveau rapport.
Publié par Tourism Economics, une filiale d’Oxford Economics, le rapport souligne un « risque pour le secteur du voyage aux États-Unis si les différends commerciaux et autres changements de politique s’intensifient ». L’analyse ajoute qu’un élargissement du conflit commercial sous la nouvelle administration présidentielle pourrait « entraîner des baisses plus marquées de la demande touristique et de la production économique que ce qui avait été anticipé ».
« Nos conclusions mettent en garde contre des conséquences à haut risque pour le secteur du voyage aux États-Unis, avec des répercussions économiques plus larges allant au-delà du tourisme », indique le rapport. « La collaboration au sein de l’industrie sera essentielle pour atténuer les effets négatifs. »
Le rapport met en lumière trois façons principales dont l’intensification de la guerre commerciale de Trump pourrait nuire au secteur du voyage aux États-Unis :
• Perception du voyage : Selon le rapport, des relations diplomatiques tendues et une incertitude économique pourraient affaiblir l’intérêt des principaux marchés émetteurs vers les États-Unis, notamment le Canada, le Mexique et l’Union européenne.
• Pressions économiques : Un ralentissement de la croissance économique américaine, combiné à des récessions au Canada et au Mexique si des tarifs douaniers de 25 % entraient en vigueur, freinerait la demande touristique.
• Fluctuations des taux de change : Un dollar américain plus fort, conséquence des ajustements économiques induits par les tarifs, rendrait les voyages aux États-Unis plus coûteux pour les visiteurs étrangers, réduisant ainsi davantage la demande.
Le rapport inclut des prévisions actualisées pour 2025 sur l’économie et l’industrie du voyage à la lumière de l’intensification du conflit commercial du président. La croissance du PIB américain cette année devrait ralentir à 1,5 %, contre une prévision de 2,4 % dans un scénario de référence.
En ce qui concerne plus précisément l’industrie du voyage, les impacts de la guerre commerciale risquent d’être « significatifs » et pourraient inclure :
• Une diminution des arrivées internationales aux États-Unis : Le tourisme international entrant aux États-Unis devrait baisser de 15,2 % par rapport aux projections de référence.
• Une réduction des dépenses des visiteurs étrangers : Les dépenses touristiques des visiteurs internationaux pourraient chuter de 12,3 % en 2025, soit une perte annuelle de 30 milliards de dollars canadiens (22 milliards de dollars américains).
• Une baisse des dépenses totales en voyage : L’ensemble des dépenses touristiques aux États-Unis, incluant les voyages intérieurs et internationaux, pourrait être inférieur de 4,1 % aux attentes de référence, représentant une diminution de 98 milliards de dollars canadiens (72 milliards de dollars américains).
Comment l’industrie peut-elle réagir?
L’analyse souligne que l’histoire démontre l’influence des tensions commerciales et géopolitiques sur la demande touristique.
Par exemple, lors du précédent différend commercial entre les États-Unis et la Chine, la part des États-Unis sur le marché des voyages long-courriers chinois s’est considérablement réduite. De la même manière, lors de périodes passées de tensions entre les États-Unis et le Mexique, le nombre de visiteurs mexicains aux États-Unis a diminué de 3 %, selon le rapport.
« L’analyse actuelle met en évidence les vulnérabilités auxquelles sont confrontés les partenaires commerciaux des États-Unis », indique le rapport.
Ces vulnérabilités incluent notamment le fait que le PIB du Canada devrait reculer de 2,1 %, avec un taux de chômage qui pourrait dépasser 8,5 % en 2025. De telles pressions économiques affaibliraient inévitablement les voyages à l’étranger des Canadiens et, par conséquent, l’économie touristique des États-Unis, explique le rapport.
« Alors que les politiques commerciales mondiales restent en évolution, les acteurs de l’industrie doivent reconnaître le lien fondamental entre la politique économique et la demande touristique », ajoute-t-il.
Cette nouvelle analyse sectorielle survient alors qu’un dirigeant de WestJet déclarait la semaine dernière que la compagnie aérienne observe déjà une baisse du nombre de Canadiens voyageant aux États-Unis. En raison de la guerre commerciale de l’administration et du climat politique, les Canadiens sont de plus en plus nombreux à délaisser des destinations comme Phoenix au profit des Caraïbes.
Alex Cruz, vice-président de WestJet et ancien PDG de British Airways, a déclaré lors d’une entrevue avec CNBC que les Canadiens évitent de plus en plus les États-Unis en guise de réponse aux tarifs douaniers élevés imposés par Trump sur les produits canadiens.
« Il y a clairement eu une réaction », a affirmé Cruz. « Les statistiques sur les passages à la frontière entre le Canada et les États-Unis montrent un déclin au cours des dernières semaines. »
« Et nous, chez WestJet, avons également remarqué une baisse du trafic », a-t-il poursuivi. Plutôt que de se rendre en « Arizona ou en Floride, les Canadiens privilégient la République dominicaine, la Jamaïque et le Mexique », a ajouté Cruz. « Les Canadiens continuent de voyager, mais leurs destinations de loisirs changent. »
Traduit par Bert Archer
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